préoccupation

nature
nom féminin
diction
[pʁeokypasjɔ̃] · 5 syllabes
usage
6 par million de mots
parenté
pré

Sens et définitions

Nom 2

  1. Disposition d’un esprit tellement occupé d’un objet qu’il ne peut prêter à un autre qu’une moindre attention.
    • Sa première préoccupation ce fut de collationner tous les manuscrits du Talmud qu'il put se procurer, afin de s'assurer d'un texte correct. Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937
  2. Souci.
    • Il rejetait délibérément toutes préoccupations étrangères à sa neuve situation. Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 116

Citation

La préoccupation, dont le propre est de s'armer particulièrement contre les faits
Cardinal de Retz, Mém. t. II, liv. III, p. 473, dans POUGENS

Origine du mot

du latin praeoccupatio «occupation antérieure d’un endroit», composé de prae- « pré- » et de occupatio.

Dans le dictionnaire latin : praeoccupatio

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

PRÉOCCUPATION s. f. (pré-o-ku-pa-sion ; en vers, de six syllabes)

1Terme de droit. Action d'occuper antérieurement à un autre.

  • La préoccupation engendre la propriété — CAPPEAU, Comp. des Alpines, p. 140

2 État d'une personne dont l'esprit est tout entier occupé d'une opinion préconçue, favorable ou défavorable. encore relevé aujourd’hui

  • Je sais en quelle estime vous êtes dans son esprit, et combien je devrais craindre la préoccupation en votre faveur — BALZ., Liv. VI, lett. 5
  • La préoccupation, dont le propre est de s'armer particulièrement contre les faits — RETZ, Mém. t. II, liv. III, p. 473, dans POUGENS
5 autres citations
  • Cette injuste préoccupation qui nous empêche de goûter ce qui s'éloigne tant soit peu de nos mœurs — HUET, De l'orig. des romans, p. 37, dans POUGENS
  • Notre aveuglement sera sans remède, si nous ne déracinons ces deux maux extrêmes qui nous empêchent de voir : la préoccupation dans l'esprit, et une crainte secrète dans la volonté qui nous fait appréhender la lumière — BOSSUET, 1er sermon, Quinquagés. Préambule.
  • Un païen même et un infidèle, examinant sans préoccupation toutes les circonstances de ce miracle, est forcé d'en reconnaître la vérité — BOURDAL., Myst. résurr. de J. C. t. I, p. 328
  • Cette doctrine nouvelle [de Malebranche] a soulevé tous les gens de bien, et ceux mêmes qui sont les plus exempts de préoccupation contre lui — FÉN., t. III, p. 275
  • Sans doute, dans le XVIIe siècle, cet éclat même de la civilisation, cette vive et orgueilleuse préoccupation que la France avait d'elle-même.... — VILLEMAIN, Littér. franç. XVIIIe siècle, 2e partie, 4e leçon.

3 État d'un esprit trop occupé d'un objet pour faire attention à un autre. encore relevé aujourd’hui

  • J'ai cru de loin voir tout à l'heure la marquise ici, et, dans ma préoccupation, je vous ai prise pour elle — MARIV., l'Heur. stratag. II, 5
  • Ils ne remarquèrent ni la préoccupation ni la sombre mélancolie de leur malheureuse amie — GENLIS, Mlle de la Fayette, p. 326, dans POUGENS

4 Nom que quelques rhéteurs donnent à la figure plus généralement nommée prolepse.

Historique

XVIe s.

  • Nous nous portons par preoccupation où il nous plaist — MONT., I, 14
  • Toute passion et preoccupation ostée — CHARRON, Sagesse, préf. de la 2e édit.
Étymologie

Lat. præoccupationem, de præoccupare, préoccuper.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « préoccupation » du Wiktionnaire.

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