robe

nature
nom féminin
diction
[ʁɔb] · 1 syllabe
usage
185 par million de mots

Sens et définitions

Nom 9

  1. Vêtement long, en forme de fourreau plus ou moins ample, qui enveloppe le corps, tient aux épaules et a des manches ou des ouvertures pour les bras.
    • Elle a remis une robe ; elle me cache tous les beaux secrets qu’elle cache à tous ; elle est rentrée dans le deuil de sa pudeur. Henri Barbusse, L’Enfer, Éditions Albin Michel, Paris, 1908
  2. Profession de magistrat, d’avocat.
    • Les seules charges de robe qui ne s’achetassent point étaient celle de premier président du Parlement et celle du chancelier. Alfred Franklin, La vie privée d’autrefois - La vie de Paris sous Louis XV devant les tribunaux, Paris, Plon, 1899, page 11-12
  3. Profession des ecclésiastiques, des religieux ; il est toujours précédé du possessif.
    • Il parlait d’une voix douce et ferme et me demanda tout ce qu’un homme de sa robe a coutume de demander. Julien Green, Le voyageur sur la terre, 1927, réédition Le Livre de Poche, page 67
  4. Pelage ou apparence de quelques animaux, considéré sous le rapport de la couleur.
    • Les taureaux s’avancent dans le soir, conduits par leurs gardiens sur des chevaux à robe blanche. Marguerite Burnat-Provins, Le Livre pour toi dans la bibliothèque Wikisource , LXXXVIII. « Les taureaux s’avancent dans le soir », E. Sansot et Cie, 1907, page 181
  5. Feuille de tabac enveloppant un cigare.
    • Cette invention a pour objet une nouvelle machine servant à enrouler automatiquement les noyaux de cigares dans les feuilles de la robe. Description des machines et procédés pour lesquels des brevets d’invention ont été pris sous le régime de la loi du 5 juillet 1844, 1876
4 emplois spécialisés
  1. Histoire La noblesse de robe.
    • — Monsieur le bailli, vous ne me citez, comme importans, que des noms qui appartiennent à la robe ; et la noblesse d’épée, qu’en pensez-vous ? Julie de Quérangal, Philippe de Morvelle, Revue des Deux Mondes, t. 2, 4, 1833
  2. Œnologie Couleur du vin, allant du violet à l’ocre.
    • Je transvase dans une carafe pour la décanter. Je verse délicatement dans un verre très fin, en cristal, et je lève mon verre, je fais tourner le vin dans la lumière, la robe est belle, je dis : « La robe est belle. » Je veux savoir ce qu’il y a sous la robe, je goûte. Jean-Louis Fournier, Mon dernier cheveu noir, 2006, page 126
  3. Métallurgie Partie centrale d’une cloche, la plus grande, qui transmet les vibrations.
  4. Élevage des chevaux Ensemble des poils et des crins du cheval, etc.

Formes fléchies 5

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif de rober.
  2. Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de rober.
  3. Première personne du singulier du présent du subjonctif de rober.
  4. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de rober.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de rober.

Citation

Aussitôt que Joseph fut arrivé près de ses frères, ils lui ôtèrent sa robe de plusieurs couleurs, qui le couvrait jusqu'en bas
Lemaistre de Sacy, Bible, Genèse, XXXVII, 23

Origine du mot

Déverbal de l’ancien français rober (« voler ») dont est issu l’anglais rob et qui ne subsiste plus que sous forme préfixée dérober. Ce mot a eu pour sens « butin de guerre », « dépouille » puis, par spécialisation, « tunique » et enfin, par hyperspécialisation, « vêtement féminin ».

latin — abdo « Cacher une épée sous sa robe »

1873 — le Littré

ROBE s. f. (ro-b')

1 Sorte de vêtement long, non fendu, qui était propre aux peuples de l'antiquité, aux Occidentaux dans le moyen âge, et qui l'est encore à beaucoup d'Asiatiques.

  • D'un des pans de sa robe il [Pompée] couvre son visage — CORN., Pomp. II, 2
  • Aussitôt que Joseph fut arrivé près de ses frères, ils lui ôtèrent sa robe de plusieurs couleurs, qui le couvrait jusqu'en bas — SACI, Bible, Genèse, XXXVII, 23
6 autres citations
  • Portant une robe royale de couleur d'hyacinthe et de bleu céleste — ID., ib. Esther, VIII, 15
  • Ceux que vous voyez revêtus d'une robe blanche, dit saint Jean, viennent d'une grande affliction, afin que nous entendions que cette divine blancheur se forme ordinairement sous la croix, et rarement dans l'éclat des grandeurs humaines — BOSSUET, Marie-Thérèse.
  • Revenez à la maison paternelle, enfants prodigues, on vous rendra votre première robe, on célébrera un festin pour votre retour — ID., Élévat. sur myst. I, 8
  • Un jeune enfant couvert d'une robe éclatante — RAC., Ath. II, 5
  • Oh ! tu n'es plus au temps de cette belle robe traînante de pourpre, avec laquelle tu charmais toutes les femmes d'Athènes et de Sparte — FÉN., Dial. des morts anc. Alcibiade, Périclès.
  • En général, la robe fut autrefois le vêtement de toutes les nations — VOLT., Russie, I, 10

Par extension.

  • Notre défunt était en carrosse porté, Bien et dûment empaqueté, Et vêtu d'une robe, hélas ! qu'on nomme bière, Robe d'hiver, robe d'été, Que les morts ne dépouillent guère — LA FONT., Fabl. VII, 11

Fig. Tourner sa robe, changer de parti.

Robe virile, robe que les jeunes gens prenaient à Rome quand ils devenaient hommes.

  • Néron plaide pour les habitants d'Ilion ; il prend la robe virile avant l'âge — DIDER., Claude et Néron, I, 32

Fig. Dieu donne la robe selon le froid.

  • Vous avez du courage au-dessus des autres, et, comme dit le proverbe, Dieu donne la robe selon le froid — SÉV., à Bussy, 23 octobre 1683

Selon le corps on doit tailler la robe, il faut régler ses dépenses sur ses besoins.

Selon le drap la robe, se dit des choses qui ont rapport, proportion entre elles.

  • Mais chaque âge a son temps ; selon le drap la robe — RÉGNIER, Sat. XII

Il s'en pare comme de sa belle robe, se dit quand quelqu'un fait vanité d'une chose.

Cela ne vous déchire pas la robe, vous n'avez pas lieu de vous en offenser.

2 Long vêtement à manches, que portent particulièrement les femmes et les enfants. Robe d'enfant. Robe de femme. Robe d'été, robe d'hiver. encore relevé aujourd’hui

  • Elle avait une robe d'une légère étoffe d'argent, semée de guirlandes de fleurs, qui laissait briller la beauté de sa taille — VOLT., Crocheteur borgne.
  • Le petit uniforme de capitaine de gendarmerie se trouva fait à point nommé pour l'enfant [Louis XV], qui, depuis quelques jours, venait de quitter la robe — DUCLOS, Œuv. t. V, p. 143

En robe détroussée, se disait autrefois pour en cérémonie. Rendre une visite en robe détroussée.

Fig.

  • Il commande, et soudain La terre, qui d'abord sombre, informe et hideuse, Découvrait tristement sa nudité honteuse, Prend sa robe de fête, et de riants gazons Ont tapissé la plaine, ont habillé les monts — DELILLE, Paradis perdu, VII

Terme bas et populaire. Couper la robe au cul, faire insulte à une femme.

  • Lorsque ce guerrier invaincu Chut dans les ombres éternelles, La robe fut coupée au cu Des neuf savantes demoiselles — MAINARD, dans le Dict. de RICHELET.

3 Il se dit, en quelques phrases, de la queue d'une robe. Cette princesse dit à son page : Prenez ma robe, portez ma robe.

4 Robe de chambre, espèce de robe ou de longue redingote que les hommes mettent dans l'appartement.

  • Il se rencontre beaucoup d'autres choses desquelles on ne peut raisonnablement douter, quoique nous ne les connaissions que par le moyen des sens ; par exemple que je suis ici, assis auprès du feu, vêtu d'une robe de chambre, ayant ce papier entre les mains — DESC., Médit. I, 3
  • Messire loup vous servira, S'il vous plaît, de robe de chambre — LA FONT., Fabl. VIII, 3
2 autres citations
  • Il se mit en robe de chambre — HAMILT., Gramm. 4
  • Il est vrai que la vie de Paris me tuerait en huit jours ; il y a plus d'un an que je suis en robe de chambre — VOLT., Lett. Richelieu, 11 juillet 1770

Les femmes ont aussi des robes de chambre pour le matin ou pour l'appartement.

  • Vous devez l'aimer [la religion des Juifs] encore plus par cette année de repos et de robe de chambre [l'année du sabbat], où vous seriez un exemple de piété [allusion à la paresse de Mme de Grignan] — SÉV., 236

Des pommes de terre en robe de chambre, des pommes de terre cuites dans leur peau.

5 Ample vêtement que portent les juges, les avocats, les professeurs, dans l'exercice de leurs fonctions.

  • D'un magistrat ignorant, c'est la robe qu'on salue — LA FONT., Fabl. V, 14
  • Et, feuilletant Louet allongé par Brodeau, D'une robe à longs plis balayer le barreau — BOILEAU, Sat. I
3 autres citations
  • Regarde dans ma chambre et dans ma garde-robe Les portraits des Dandins : tous ont porté la robe — RAC., Plaid. I, 4
  • Non loin de là Rollin dictait Quelques leçons à la jeunesse ; Et, quoiqu'en robe, on l'écoutait — VOLT., Temple du Goût.
  • Quoi ! dans Abbeville, des Busiris en robe font périr dans les plus horribles supplices des enfants de seize ans ! — ID., Lett. d'Alembert, 18 juillet 1766

Arrêts rendus en robes rouges, les arrêts solennels que rendent les conseillers en robes rouges.

  • Les magistrats sortirent pour prendre la robe rouge, revinrent se placer aux hauts siéges, et l'arrêt fut prononcé en pleine audience et à portes ouvertes — DUCLOS, Œuv. t. V, p. 68

6 Les gens de robe, se disait de tous ceux qui portaient la robe.

  • Les gens de robe sont ou ecclésiastiques ou officiers de justice, de finances et de police — VAUBAN, Dîme, p. 67

Robe courte, s'est dit jusqu'au XVIe siècle, de la profession militaire.

Juges de robe courte, s'est dit des prévôts, des maréchaux, de leurs lieutenants, et de quelques autres officiers non gradués, qui jugeaient l'épée au côté.

Robe longue, s'est dit, à la même époque, de la noblesse et du clergé.

Les gens en robes longues, les gens du parlement.

  • On a des soldats de robe longue payés uniquement pour servir contre elle [la raison] — VOLT., Lett. en vers et en prose, 170

Chirurgiens de robe longue, se disait de ceux qui avaient suivi les cours des écoles ; chirurgiens de robe courte, ceux qui ne les avaient pas suivis.

  • Les chirurgiens de Saint-Côme, autrement dits de longue robe — GUI PATIN, Lett. t. II, p. 196

7 La profession des gens de judicature. La noblesse de robe.

  • À la fin j'ai quitté la robe pour l'épée — CORN., le Ment. I, 1
  • Je connais le nom de notre amant, il est des premiers de la robe — SÉV., 25 nov. 1685
6 autres citations
  • Renfermé à l'exemple de ses pères dans les modestes emplois de la robe — BOSSUET, le Tellier.
  • Une téméraire jeunesse se jetait sans étude et sans connaissance dans les charges de la robe — FLÉCH., le Tellier.
  • Il naquit d'une des plus nobles et plus anciennes maisons du Nivernais, qui, après s'être distinguée dans les emplois militaires avant le règne même de saint Louis, entrant depuis sous Henri II dans les premières dignités de la robe.... — ID., Lamoignon.
  • Chez nous le soldat est brave et l'homme de robe est savant ; nous n'allons pas plus loin ; chez les Romains l'homme de robe était brave et le soldat était savant : un Romain était tout ensemble et le soldat et l'homme de robe — LA BRUY., II
  • D'où vient que cet homme est entré dans la robe ? — MASS., Carême, Vocat.
  • Une femme de qualité, en passant à Bordeaux, y trouva les femmes de robe un peu trop fières : " Monsieur, dit-elle, au président de G., vos femmes font les duchesses. - Madame, lui répondit le président, elles ne sont pas assez impertinentes pour cela, " — MARMONTEL, Œuv. t. VII, p. 467

L'année de robe, s'est dit pour année judiciaire.

  • Il se peut que la multiplicité prodigieuse les affaires, sur la fin de l'année de robe, lui ait fait oublier [à un magistrat] mon paquet cette fois-ci — VOLT., Lett. d'Argental, 5 sept. 1772

Les gens de judicature. L'esprit de la robe. Les prétentions de la robe.

  • La robe ne fournit-elle pas d'aussi jolis hommes que l'épée ? — DANCOURT, la Folle enchère, sc. 10

Par une ellipse extrêmement forte. ; c'est-à-dire : est-ce que vous prenez vos amants dans le militaire ? je vous ai vue les prendre parmi les gens de justice.

  • Est-ce que vous vous êtes mise dans l'épée ? je vous ai vue si fort dans la robe, — ID., Moulin de Jav. sc. 4

La haute robe, se disait autrefois des premiers magistrats.

L'ancienne robe, se disait des familles anciennes de la robe.

8 Dans la langue familière, il se dit de l'état des ecclésiastiques, des religieux, mais alors il est toujours précédé d'un adjectif possessif. C'est un prêtre ; qui aurait cru qu'un homme de sa robe... ? Je porte respect à sa robe. encore relevé aujourd’hui

Par dénigrement. Les robes noires, les prêtres.

Jésuite de robe courte, séculier qui est affilié à la société de Jésus ; et, par dénigrement, celui qui, sans être affilié à cet ordre, en adopte, en défend les doctrines.

9Par extension, il se dit de ce qui revêt quelques animaux. Deux chevaux de même robe.

  • Tertullin.... après avoir dit beaucoup de choses de la robe du paon — VOIT., Lett. 91
  • Une autre influence du climat et de la nourriture est la variété des couleurs dans la robe des animaux — BUFF., Quadrup. t. I, p. 80
2 autres citations
  • Leur robe [des panthères] est variée partout de taches noires, semblables à des yeux — ID., ib. t. III, p. 169
  • La robe des fauvettes est généralement terne et obscure — ID., Ois. t. IX, p. 204

10 Enveloppe de certains légumes ou de certains fruits. La robe d'une fève, d'un oignon.

11 Se dit quelquefois de la couleur des vins. Les vignerons du midi plâtrent leurs vins pour leur donner une couleur riche, une robe éclatante et plus pure.

12 Boyau qui recouvre une andouille.

Feuille de papier qui recouvre le carton.

13 Nom donné, dans la manufacture des tabacs, aux feuilles qui forment l'extérieur du cigare.

14 En sucrerie, la robe du pain, la partie superficielle du contour du pain. Le sucre est plus pur dans la robe du pain que dans le centre. non relevé aujourd’hui

15 Quantité de laine qu'on lève en tondant un mouton.

16 Robe de sergent, variété de prune. non relevé aujourd’hui

17 Bonne robe, italianisme (buona roba) qui signifie bonne marchandise, bonne épée, et fig. femme assez belle, mais de conduite peu régulière ; il est tout à fait inusité.

  • Elle était fille à bien armer un lit.... Ce qu'on appelle en français bonne robe — LA FONT., Servante.
Proverbes

Belle fille et vieille robe trouvent souvent qui les accroche.

Ventre de son et robe de velours, se dit d'une femme qui se prive du nécessaire pour être bien parée.

Robe de Nessus ou de Déjanire, présent funeste à celui qui le reçoit, par allusion à la robe du centaure Nessus qui causa la mort d'Hercule.

Historique

XIIIe s.

  • Moult est riche la robe qui d'honor est venue, Mais cele est povre et vil qui de honte est creüe — La folle et la sage
  • Bele Yolans en ses chambres seoit, D'un bon samit une robe cousoit — Romancero, p. 39
6 autres citations
  • Or poés savoir que mainte riche robe i ot faite pour le couronement — VILLEH., CXI
  • Li tailleeurs de robes langes à Paris puent avoir et tenir tant de valez et tant d'aprentiz comme il voelent — Liv. des mét. 142
  • Il prist la reube à un garchon, et se mist en la quisine à tourner les capons — Chr. de Rains, p. 46
  • Ce n'est mie cil qui vestoit Sa robe d'esté à yver : Plus donoit-il et gris et ver C'uns autres de dix tans [dix fois autant] d'avoir — Lai de l'ombre
  • Quant le [la] dame renonchoit as muebles et as detes, si en voloit ele porter se [sa] plus bele robe à parer et son plus bel lit furni — BEAUMANOIR, XIII, 21
  • Ele emporte tant solement se [sa] robe de cascun jor — ID., XIII, 21

XIVe s.

  • Celles à qui ladite dame donne robes de compaignie, c'est assavoir ses deux filles.... — DU CANGE, roba.
  • Jehan de Bas fut condempnez d'aller des prisons tout nu en robe linge [chemise].... — ID., ib.
1 autre citation
  • Robes de corps et de nopces [robes de deuil et de noces] — ID., ib.

XVe s.

  • Nonobstant qu'il eust laissé toute sa robe [effets, garde-robe] en une nave — Bouciq. I, 15
  • Icelui Polin par maniere de desrision ou moquerie dist au suppliant, qu'il alast à Paris vestir les robes de soie, aussi comme s'il voulsist dire que ledit suppliant estoit fils de prestre — DU CANGE, roba.
3 autres citations
  • [Quand on couche deux] L'un veult dormir, l'autre veillier ; L'un veut sa robe [couverture] entourtiller Pour le froit ; l'autre contregaige Et tire à soy.... — E. DESCH., Poésies mss. f° 448
  • Icellui Breton avoit menacé la chambriere de lui coupper la robe par dessus le cul — DU CANGE, roba.
  • Madame tout à coup se leve et prend sa robe de nuit — LOUIS XI, Nouv. XVII

XVIe s.

  • La semence [du pantagruelion].... est sphericque, oblongue, noire, couverte de robbe fragille — RAB., Pant. III, 47
  • ... et lui fit feste d'avoir trouvé la meilleure robe [amoureuse, fille de plaisir] qu'il avoit point vue — MARG., Nouv. VIII
15 autres citations
  • Les François, qui aux adversitez sont assez promps de retourner leur robbe — LANOUE, 599
  • Et ne faut point douter que ce grand animal devoratif [une armée], passant parmi tant de provinces, n'y trouvast tousjours de la pasture, et souvent la robbe du pauvre peuple qui y estoit meslée, et quelquesfois des amis — ID., 628
  • Quant aux autres qui estoyent d'Eglise, ou de robbe longue — ID., 708
  • Et pour chose nouvelle leur grands navires avoient une robe de plomb, contre le mal que les vers font aux longs voiages — D'AUB., Hist. III, 446
  • Et parce que l'abbé, dernier possesseur, estoit religieux, et tenoit l'abbaye en titre, tout son bien estoit acquis au roy que l'on appelle robbe-morte — CARLOIX, II, 10
  • Durant la saison belle Que les prez et les bois prennent robe nouvelle — DESPORTES, Roland furieux.
  • Je pris un porreau : luy ayant coupé la teste et despouillé de deux robbes.... — PARÉ, Introd. II
  • Quel est l'homme, telle doibt estre sa robe — GÉNIN, Récréat. t. II, p. 248
  • Autres qui s'estiment plus sages en robe qu'en pourpoint — Dial. de Tahureau, p. 83, dans LACURNE
  • M. le mareschal Strozzi estoit voué à l'eglise, et, pour un chapeau rouge qui luy fut desnié, quitta la robe et se mit aux armes — BRANT., Dames gal. t. II, p. 185
  • Ceux qui se sont meslez de cet estat d'amour, ils ont toujours tenu cette maxime, qu'il n'y a que le coup en robe [à la dérobée] — ID., ib. t. I, p. 327
  • Robbe d'autruy ne fait honneur à nully — COTGRAVE
  • Robbe refait moult l'homme — ID.
  • Fille trop veue, robe trop vestue, n'est pas chere tenue — ID.
  • Quant le duc de Savoie se fut assez cholerisé contre les Ligues, yl s'apaisa à la fin, mesmement voiant qu'il pouvoit torcher ceste ordure à aultre robe que la sienne — BONIVARD, Chr. de Genève, II, 31
Étymologie

Provenç. rauba, dépouille et robe ; catal. roba ; espagn. ropa ; portug. roupa ; ital. roba, effets, marchandises. Le sens propre est dépouille, particularisé dans l'italien au sens d'objets de valeur, et particularisé encore davantage dans les autres langues au sens de vêtement ; l'étymologie est l'anc. haut-all. roubôn, all. mod. rauben, angl. to rob, dépouiller, dérober.

Supplément au dictionnaire

ROBE. - ÉTYM. Ajoutez : XIVe s. On remarquera dans ce texte l'orthographe raube, qui coïncide avec le provenç. rauba, et avec l'étymologie rauben.

  • La mort Anselet le tailleur de raubes — VARIN, Archives administr. de la ville de Reims, t. II, 1re part. p. 43

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « robe » du Wiktionnaire.

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