superflu
- nature
- adj masculin
- diction
- [sypɛʁfly] · 3 syllabes
- usage
- 4 par million de mots
Sens et définitions
Nom 2
-
Ce qui n’est pas essentiel, ce qui est de trop.
- J’aurais trouvé indécent de pénétrer dans cette caverne où des hommes blêmes et des femmes fardées risquaient leur superflu, et souvent leur nécessaire, sur des jetons de celluloïd qui avaient remplacé les pièces d’or d’autrefois. Marguerite Yourcenar, Archives du Nord, Gallimard, 1977, page 362
-
(Sens concret) Chose superflue.
- C'était une chambre étroite et longue avec une commode, un lit, une chaise de bois peint ; un napperon en crochet sur la table, du même point que le couvre-lit, et une statuette de la Vierge sous verre sur la cheminée en étaient les seuls superflus. Françoise Sagan, Le chien couchant ; Éditions J'ai Lu, Paris, 1983, p. 13
Adjectif 1
-
Qui n’est pas essentiel, qui est de trop.
- Une amitié se mesure surtout à celles qu’elle rend superflues. Maurice G. Dantec, Le théâtre des opérations : Journal métaphysique et polémique 1999, Paris, Éditions Gallimard, 2000
Citation
Un rude hiver achève de dépouiller la princesse Anne de ce qui lui restait de superflu
Origine du mot
Du latin superfluus, de même sens.
Dans le dictionnaire latin : superfluus
1873 — le Littré
SUPERFLU, UE adj. (su-pèr-flu, flue)
1 Qui est de trop. Des ornements superflus. encore relevé aujourd’hui
- Un rude hiver achève de dépouiller la princesse Anne de ce qui lui restait de superflu — BOSSUET, Anne de Gonz.
- Elle [Mme d'Aiguillon] donna ce qu'elle avait de superflu..., elle se retrancha de ce que d'autres auraient pris pour nécessaire — FLÉCH., Mme d'Aiguillon.
2 autres citations
- L'abondance des choses nécessaires, le mépris des superflues — FÉN., Tél. v.
- Ce qui est superflu [dans une pièce de théâtre] est toujours mauvais — VOLT., Comm. Corn. Rem. Poly. v, 2
Terme de botanique (système de Linné). Polygamie superflue, ordre qui comprend des fleurs hermaphrodites au disque et femelles à la circonférence.
Rimes superflues, celles qui embrassent non-seulement la syllabe consonante tout entière, mais tout ou partie de la syllabe précédente, comme jalousie et Andalousie.
2 Inutile. encore relevé aujourd’hui
- Vous ne vouliez pas me rendre un office superflu — BALZ., liv. VI, lett. 3
- Refusa-t-il à quelqu'un la liberté de lui dire des choses nécessaires ? n'accorda-t-il pas à plusieurs la consolation de lui en dire de superflues ? — FLÉCH., Lamoignon.
5 autres citations
- N'attirez point sur vous des périls superflus — RAC., Mithr. IV, 4
- Que nous servent, hélas ! ces regrets superflus ? — ID., Esth. I, 5
- Vous connaissez vos crimes ; Il serait superflu de vous les reprocher — VOLT., Olymp. v, 6
- En toute chose, rien de superflu — J. J. ROUSS., Ém. II
- Nos longs et lourds convois auraient appesanti notre marche ; il était plus à propos de vivre du pays ; on eût pu l'en dédommager ensuite, mais on fit le mal nécessaire et le mal superflu — SÉGUR, Hist. de Nap. III, 2
3 S. m. Ce qui est de trop. encore relevé aujourd’hui
- C'est [la purgation des capucins] un remède pour ôter le superflu bien superflu — SÉV., 29 juin 1689
- Le point principal n'est pas d'avoir du superflu en hommes, mais de rendre ce que nous en avons le moins malheureux qu'il est possible — VOLT., Dict. phil. Population.
1 autre citation
- Ces hommes sont quelquefois agités par un superflu de vie dont ils ne savent que faire — STAËL, Corinne, XIII, 1
Par plaisanterie.
- Je m'étais amusé dans votre cour à expulser le superflu de la boisson — MOL., Méd. malg. lui, III, 5
4 Ce qui est, pour la vie, au delà du nécessaire. encore relevé aujourd’hui
- Pour le pourvoir de ce nécessaire qu'il [le pauvre] n'a pas, vous emploierez ce superflu que vous avez — BOURDAL., 8e dim. après la Pentecôte, Dominic. t. III, p. 103
- Les hommes veulent tout avoir, et ils se rendent malheureux par le désir du superflu — FÉN., Tél. v.
5 autres citations
- Troïle est utile à ceux qui ont trop de bien ; il leur ôte l'embarras du superflu, il leur sauve la peine d'amasser de l'argent — LA BRUY., V
- Ô le bon temps que ce siècle de fer ! Le superflu, chose très nécessaire, A réuni l'un et l'autre hémisphère — VOLT., Mondain.
- Le superflu devient avec le temps chose très nécessaire — BUFF., Ess. arithm. mor. Œuvr. t. x, p. 135
- M. d'Alembert établit pour principe de morale l'obligation de ne pas regarder comme légitime l'usage de son superflu, lorsque d'autres hommes sont privés du nécessaire — CONDORCET, d'Alembert.
- Pendant la paix, il cultive un petit champ qui suffirait à peine aux besoins de l'homme le plus modéré dans ses désirs, et qui procure à Phocion un superflu dont il soulage les besoins des autres — BARTHÉL., Anach. ch. 7
Historique
XIVe s.
- Et dient en tel cas lez expositeurs, que une negacion est superflue — ORESME, Éth. 334
- J'entens art humain par science De philosophie et prudence, Qui vienne des mains preparer La matiere, puis separer Le superflu — l'Alch. à nat. 351
XVe s.
- Le vray deduit estoit de regarder la belle pucelle qui ordonnée estoit pour le pris ; car tant estoit superflue en toutes exquises beaultez, qu'elle rassasioit tous ceulx qui la regardoient — Perceforest, t. v, f° 88
XVIe s.
- Je ne seray point superflu [prolixe] en ramassant ici ce qu'on peut trouver en leurs livres — CALV., Inst. 1120
- L'homme superflu et excessif en s'aimant trop, se va apauvrissant — LANOUE, 172
8 autres citations
- Quand le peu suffit, le beaucoup devient superflu — ID., 263
- Il bannit aussi tous mestiers superflus et inutiles — AMYOT, Lyc. 14
- Le commun populaire, qui paravant se passoit à peu, en devint superflu, sumptueux et dissolu — ID., Péric. 16
- Mettre son argent en choses curieuses et superflues — ID., Caton, 36
- Couper un sixiesme doigt en nombre superflu — PARÉ, Introd. 2
- Polypes, chancres et autres chairs superflues — ID., ib.
- Nous avons assez de travail du mal, sans nous travailler à ces regles superflues [touchant la manière de se comporter dans la douleur] — MONT., III, 201
- Tout ce qui est au-delà [des nécessités naturelles] est superflu pour eulx [des peuples sauvages] — ID., I, 241
Étymologie
Provenç. superflu ; espagn. et ital. superfluo ; du lat. superfluus, de super, au-dessus, et fluere, couler (voy. FLUER).
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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