étreinte

nature
nom féminin
diction
[etʁɛ̃t] · 2 syllabes
usage
14 par million de mots

Sens et définitions

Nom 2

  1. Action ou manière de presser entre ses bras et/ou ses mains.
    • Ils n’échangèrent pas de baisers, rien qu’une étreinte où l’amour avait l’innocence attendrie d’une tendresse fraternelle. Émile Zola, La Fortune des Rougon, 1871
  2. soutenu Coït.
    • Sais-tu ce que je vois dans les nuits ? Ton étreinte au fond d’un autre corps. Marguerite Burnat-Provins, Le Livre pour toi dans la bibliothèque Wikisource , LXXXIX. « L’automne s’éloigne comme une femme douloureuse », E. Sansot et Cie, 1907, page 184

Formes fléchies 1

  1. Participe passé féminin singulier de étreindre.

Citation

Enfin, lasse du jour, dans un transport fatal, Change en lien mortel son vêtement royal, S'y suspend et finit dans cette étreinte affreuse Par un trépas cruel une vie odieuse
Jacques Delille, Én. XI

Origine du mot

Étreint. — Littré, 1873

1873 — le Littré

ÉTREINTE s. f. (é-trin-t')

1 Action par laquelle on étreint. L'étreinte d'un nœud. encore relevé aujourd’hui

  • Enfin, lasse du jour, dans un transport fatal, Change en lien mortel son vêtement royal, S'y suspend et finit dans cette étreinte affreuse Par un trépas cruel une vie odieuse — DELILLE, Én. XI

2Par extension, action de presser quelqu'un dans ses bras. Les étreintes de l'amitié. encore relevé aujourd’hui

  • Ses bras savent trouver des étreintes caressantes — J. J. ROUSS., Émile, IV
  • Je l'embrassai pourtant avec un serrement de cœur qu'il partageait et qui se fit sentir réciproquement par de muettes étreintes, plus éloquentes que les cris et les pleurs — ID., Hél. III, 14

3 Lien qui unit avec une grande force morale.

  • Serre d'une étreinte si ferme Le nœud de leurs chastes amours Que.... — MALH., II, 3
  • Serre encore ces nœuds d'une étreinte plus forte — TRISTAN, M. de Chrispe, v, 10
4 autres citations
  • Et nous sommes liés d'une chaîne si sainte Qu'on ne saurait sans crime en défaire l'étreinte — MAIRET, Sophon. IV, 5
  • Et lors d'un nœud sacré l'inviolable étreinte — CORN., Tois. d'or, I, 2
  • Ô doux liens, ô douce étreinte ! ô favorable poids du joug religieux ! Sainte captivité, qu'on te doit de louanges ! — ID., Imit. III, 10
  • D'une étreinte invincible il [l'homme] embrasse la vie — A. CHÉN., 157

4 Sac de crin dans lequel on renferme les graines oléagineuses avant de les soumettre à la presse.

5 Nom, au XVIIe siècle, d'une sorte de lien ou ruban.

  • Les étreintes des demi-ceints et branches d'éperons seront marquées et contre-marquées, — Règl. 30 déc. 1679
Remarque

Au commencement de ce siècle, Mercier, dans sa Néologie, se plaint qu'étreinte tombe en désuétude ; aujourd'hui ce mot est redevenu d'un usage très fréquent : Les étreintes de la nature ; Une douce étreinte entre deux âmes ; L'étreinte de la reconnaissance, etc.

Historique

XIIIe s.

  • Sire, pour Dieu mercis ; ci n'a mestier d'estrainte [de contrainte] — AUDEFR. LE BAST., Romancero, p. 17

XVIe s.

  • Leur ame [des femmes] ne semble assez ferme pour soustenir l'estreinte d'un nœud si pressé et si durable [celui de l'amitié] — MONT., I, 210
Étymologie

Étreint.

Supplément au dictionnaire

ÉTREINTE. Ajoutez :

6Terme d'exploitation houillère. Amincissement plus ou moins considérable du gîte de charbon.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « étreinte » du Wiktionnaire.

Retour au dictionnaire