bercer
- nature
- ver
- diction
- [bɛʁse] · 2 syllabes
- attesté
- 1220
- usage
- 5 par million de mots
Sens et définitions
Verbe 7
-
Balancer avec douceur, afin d'apaiser ou d'endormir.
- Il y avait, sur une étoile, une planète, la mienne, la Terre, un petit prince à consoler! Je le pris dans les bras. Je le berçai. Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince, Éditions Gallimard, France, 2013, p. 34.
-
figuré Par analogie, imprégner de manière répétée et agréable, en général dès l’enfance.
- Chaque fois que ma pensée se reporte aux souvenirs de cette province du Valois, je me rappelle avec ravissement les chants et les récits qui ont bercé mon enfance. Gérard de Nerval, Les Filles du feu, Chansons et légendes du Valois, 1854
-
figuré Amuser d’espérances fausses ou éloignées.
- Bercer quelqu’un de vaines promesses.
-
Entretenir des espérances frivoles, des idées chimériques.
- Je me berce de l'idée que je mourrai réconcilié du moins avec le passé. — (George Sand, Lettres d'un voyageur (1837).)
3 emplois spécialisés
-
Puériculture
Balancer dans un berceau.
- Le lendemain matin, elle berçait son bébé dans la cour lorsqu’un ancien domestique de son grand-père vint la chercher. Out-el-Kouloub, Zaheira, dans Trois contes de l’Amour et de la Mort, 1940
- Gravure Utiliser l'outil appelé berceau pour préparer la plaque de métal à graver.
- Crosse Transporter la balle dans son panier en y imprimant un mouvement de demi-rotation continu.
Conjugaison
Indicatif
Présent
- je berce
- tu berces
- il berce
- nous berçons
- vous bercez
- ils bercent
Imparfait
- je berçais
- tu berçais
- il berçait
- nous bercions
- vous berciez
- ils berçaient
Passé simple
- je berçai
- tu berças
- il berça
- nous berçâmes
- vous berçâtes
- ils bercèrent
Futur simple
- je bercerai
- tu berceras
- il bercera
- nous bercerons
- vous bercerez
- ils berceront
Passé composé
- j'ai bercé
- tu as bercé
- il a bercé
- nous avons bercé
- vous avez bercé
- ils ont bercé
Plus-que-parfait
- j'avais bercé
- tu avais bercé
- il avait bercé
- nous avions bercé
- vous aviez bercé
- ils avaient bercé
Passé antérieur
- j'eus bercé
- tu eus bercé
- il eut bercé
- nous eûmes bercé
- vous eûtes bercé
- ils eurent bercé
Futur antérieur
- j'aurai bercé
- tu auras bercé
- il aura bercé
- nous aurons bercé
- vous aurez bercé
- ils auront bercé
Subjonctif
Présent
- je berce
- tu berces
- il berce
- nous bercions
- vous berciez
- ils bercent
Imparfait
- je berçasse
- tu berçasses
- il berçât
- nous berçassions
- vous berçassiez
- ils berçassent
Passé
- j'aie bercé
- tu aies bercé
- il ait bercé
- nous ayons bercé
- vous ayez bercé
- ils aient bercé
Plus-que-parfait
- j'eusse bercé
- tu eusses bercé
- il eût bercé
- nous eussions bercé
- vous eussiez bercé
- ils eussent bercé
Conditionnel
Présent
- je bercerais
- tu bercerais
- il bercerait
- nous bercerions
- vous berceriez
- ils berceraient
Passé
- j'aurais bercé
- tu aurais bercé
- il aurait bercé
- nous aurions bercé
- vous auriez bercé
- ils auraient bercé
Impératif
Présent
- berce
- berçons
- bercez
Passé
- aie bercé
- ayons bercé
- ayez bercé
Formes impersonnelles
- Infinitif présent
- bercer
- Participe présent
- berçant
- Participe passé
- bercé
Citation
Comme nos citoyens, de race désireux, Qui bercent les enfants qui ne sont pas à eux
Origine du mot
Dénominal de l’ancien français bers (« berceau »).
1873 — le Littré
BERCER v. a. (bèr-sé ; le c prend une cédille devant un a ou un o : je berçai, nous berçons)
1 Balancer dans un berceau. On berce les enfants pour les apaiser et les endormir. repris par le Wiktionnaire
- Comme nos citoyens, de race désireux, Qui bercent les enfants qui ne sont pas à eux — RÉGNIER, Sat. II
2Par extension. non relevé aujourd’hui
- Comme de vieux nochers dont la couche mobile est suspendue aux mâts, plus ils [les corbeaux] sont bercés par les orages, plus ils dorment profondément — CHATEAUB., Génie, I, V, 3
- L'eau berce.... La tente des matelots — LAMART., Harm. I, 3
3Fig. Endormir, adoucir.
- On m'a conté qu'au bord du Gange assis, Des exilés, gais enfants de la Seine, à mes chansons, là, berçaient leurs soucis, — BÉRANG., Couplets à des habit. de Maurice
- Le songe d'un enfant que berce un vague amour — V. HUGO, Odes, V, 4
4 Amuser d'espérances. On le berçait de vaines promesses. Un espoir frivole le berça longtemps. encore relevé aujourd’hui
- Je ne regarde la vie que comme un songe ; mais, de toutes les idées flatteuses qui peuvent nous bercer dans ce rêve d'un moment.... — VOLT., Lett. Mme du Deffant, mars 1765
Fig. et familièrement. J'ai été bercé de cela, de ces contes-là, j'en ai ouï parler mille fois dès mon bas âge.
Le diable le berce, se dit d'un homme inquiet et agité, et aussi d'un homme qu'une passion captive en une sorte d'extase. , replacée par SCRIBE dans l'opéra de ce nom, II, 10, sous cette forme : Amour me berce, et ne puis sommeiller.
- Les vers sont donc durs, raboteux ? non, rapportez-vous-en à ce diable qui m'a bercé — VOLT., Lett. D'Argental, 19 nov. 1766
- Amour me berce, je ne puis plus sommeiller — Ancienne chanson du Comte Ory
5Terme de gravure. Bercer une planche, la préparer avec le berceau. encore relevé aujourd’hui
6 Se bercer, v. réfl. Il se berçait dans son hamac.
Fig. Se repaître vainement de. Dès lors il se berça d'un vain espoir.
- Cependant, à le voir, plein de vapeurs légères, Soi-même se bercer de ses propres chimères — BOILEAU, Sat. VIII
7En termes de manége, on dit qu'un cheval se berce lorsque, pendant ses allures, son corps éprouve un balancement latéral très prononcé.
Historique
XIVe s.
- À Jehan Parchet, peintre, pour deux biers à berser, l'un grant et l'autre petit, par lui peins — DE LA BORDE, Émaux, p. 164
- À Jehan le huchier, pour un berseil de bois d'Illande avec la bersouere faits par lui et livré, pour bersier Madame Jehanne de France, fille de Madame la Royne — ID., ib.
XVe s.
- Une petite fille qui berçoit ung petit enfant aagé d'un an ou environ — DU CANGE, berciolum.
XVIe s.
- Et quoique la douleur lui aidast à crier, mardi gras avoit si bien bersé les habitans que le corps de garde fut deffait sans secours — D'AUB., Hist. II, 117
- Tu m'en bailles bien ; je suis tout bersé [rebattu] de telles matieres — DES PÉRIERS, Cymbal. 169
1 autre citation
- Dequoy les Flamands ont fait un proverbe, qui dit que, quand le François dort, le diable le berce — Sat. Mén. p. 171
Étymologie
Bourguig. breussé ; wall. bilsi, bilzî ; provenç. bursar, bressar (voy. BERCEAU).
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (cibles)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
- Morphalou 3.1 — ATILF (CNRS / Université de Lorraine) LGPL-LR
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