mièvre

nature
adj
diction
[mjɛvʁ] · 1 syllabe
usage
1 par million de mots

Sens et définitions

Adjectif 2

  1. vieilli Vif, éveillé, espiègle.
    • Lorsqu’il était petit, il n’a jamais été ce qu’on appelle mièvre et éveillé. Molière, Le Malade Imaginaire, Acte II, scène VI, 1673.
  2. De style exagéré et sans caractère, au point d’en paraître puéril.
    • Ça nous distrait des réalités mièvres et routinières de la Syrie, de la Libye ou de la Corée du Nord ? Les psychopathes de « Game of Thrones » rendent fous les médias, Le Canard Enchaîné, 19 juillet 2017, page 5

Citation

Toi qui es la fille du pays la plus enjouée, la plus gaillarde, la plus mièvre
Florent Dancourt, Prix de l'arquebuse, sc. 1

Origine du mot

De l’ancien français mievre (« léger », « volage »).

1873 — le Littré

MIÈVRE adj. (miè-vr')

1 Qui a de la vivacité mêlée de quelque malice, surtout en parlant des enfants. encore relevé aujourd’hui

  • Il n'a jamais été ce qu'on appelle mièvre et éveillé — MOL., Mal. im. II, 6
  • Elle est un peu mièvre parce qu'elle est jeune — DANCOURT, Vendanges de Sur. sc. 11
1 autre citation
  • Toi qui es la fille du pays la plus enjouée, la plus gaillarde, la plus mièvre — ID., Prix de l'arquebuse, sc. 1

Substantivement.

  • Elle veut demander Marianne à son père pour le petit mièvre de Jeannot — DANCOURT, Bourg. à la mode, III, 4

2 On le dit aujourd'hui quelquefois en parlant du style, avec le sens de maniéré, prétentieux, efféminé.

Remarque

D'après Caillières, 1690, mièvre était un mot bourgeois.

Historique

XIIIe s.

  • ....Trop me grieve Que ma mescine [jeune femme] est si esmievre De mon argent issi [ainsi] gaster — MÉON, Fabliaux, t. IV, p. 100

XVIe s.

  • Mieuresse — COTGRAVE
  • Mievresse — Épithètes de M. de la Porte
Étymologie

Origine inconnue. Furetière fait remarquer qu'en Normandie on dit nièvre. Ménage le tirait de nebulo, polisson. Diez se contente de rappeler maffion qui se dit en Berry pour un enfant vif.

Supplément au dictionnaire

MIÈVRE. - HIST. XIIIe s. Ajoutez :

  • Et li bous [le bouc] y mena se [sa] kievre [chèvre], Ki par jouenece estoit si mievre, C'en [qu'on] en tenoit partout ses gas — Renart le nouvel, p. 90, Paris, 1874, éd. Jules Houdoy

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 3 de l’édition papier

Liens de sens

Dérivés

mièvrement

Associés

mièvrerie

Prononciation

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « mièvre » du Wiktionnaire.

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