paillard

nature
adj masculin
diction
[pajaʁ] · 2 syllabes
usage
moins de 1 par million de mots

Sens et définitions

Adjectif 3

  1. Grivois, polisson (au sens de « qui contient des allusions sexuelles »), plein de paillardise.
    • Broudier eut un rire gras comme s’il découvrait aux paroles de Bénin quelque sens paillard. Jules Romains, Les Copains, 1922, réédition Le Livre de Poche, page 91
  2. Qui mène une vie dissolue, qui s’adonne à la luxure.
    • « Tu peux être sûr qu’avant la fin de l’année, tous les hommes de l’Université seront allés là-bas, fit une voix épaissie par l’alcool. – Je parie que non ! s’écria Mac Allister. – Exception faite pour quelques futurs pasteurs, dit une autre voix. – Imbécile ! Ceux-là sont les plus paillards ! Julien Green, Moïra, 1950, réédition Le Livre de Poche, page 116
  3. vieilli Qui couche sur la paille, personne misérable.

Nom 1

  1. Personne qui mène une vie dissolue ; débauché.
    • Un paillard sans bouteille, un ivrogne sans garce. Robert Sabatier, Histoire de la poésie française - La poésie du XVIIᵉ siècle, 1975

Citation

Deux forts paillards ont chacun un bâton Qu'ils font tomber par poids et par mesure, En observant la cadence et le ton
Jean de La Fontaine, Paysan.

Origine du mot

Paille. Le sens propre est : qui couche sur la paille, qui n'a que de la paille ; d'où le sens donné par du Cange : palhardus, homo nihili et infimæ conditionis. De là aussi, le sens particulier que ce mot a aujourd'hui. — Littré, 1873

1873 — le Littré

PAILLARD, ARDE s. m. et f. (pa-llar, llar-d', ll mouillées, et non pa-yar)

1 Proprement, celui, celle qui couche sur la paille, homme, femme misérable. encore relevé aujourd’hui

  • Deux forts paillards ont chacun un bâton Qu'ils font tomber par poids et par mesure, En observant la cadence et le ton — LA FONT., Paysan.
  • Remarquez, s'il vous plaît, mon cher lecteur, la malice du paillard qui outrage si clandestinement la mémoire de mon oncle — VOLT., Déf. de mon oncle, X

2 Personne de vie dissolue (en ce sens, c'est un terme libre).

  • En la loi il ne recevait point pour offrande ni le prix du chien, ni le salaire de la paillarde — BALZ., le Prince, ch. x.
  • Sous sa houpelande Logeait le cœur d'un dangereux paillard — LA FONT., Herm.
1 autre citation
  • Notre ami Guignard, Fesse-Mathieu, dévot et grand paillard — VOLT., Hypocr.

Adj. Adonné à la luxure.

  • Il [Énée, demandant à passer le Styx] n'est ivrogne, ni paillard, Et Pluton n'est point au hasard De voir par lui faire insolence — SCARR., Virg. VI
Historique

XIVe s.

  • Houlier et ribaut et paillart, Qui touz jours la guerre commencent, En Normandie se relancent — GUIART, Branche des royaux lignages, ann. 1204
  • Et cilz, qui avoit son atour En habit de paillart changié, A devant la porte gaitié — le Roman du Chastelain de Couci, v. 3978

XVe s.

  • Tuez, tuez tous ces paillars machefains, ces larrons desroubeurs de Dieu et du monde — G. CHAST., Chr. des ducs de Bourg. III, 10
  • L'an mil trois cens un avec quatre vins, Le premier jour du douteus mois de mars, Leva grant vant de paillars et coquins, Qui à Paris couru de toutes pars.... Fuyez, fuyez pour les maillez de plomb — E. DESCH., Poésies mss. f° 128
2 autres citations
  • En nostre ost y eust grande sequelle de paillards et paillardes à pié, qui faisoient le dommage des morts — COMM., VIII, 6
  • Et que ledit frere Hieronime [Savonarole] n'estoit qu'un heretique et un paillard [mauvais homme] — ID., VIII, 19

XVIe s.

  • Tout ainsi que, si une femme impudique, pour navrer davantage le cœur de son mari, devant ses yeux faisoit chere à son paillard — CALV., Instit. 284
  • Ils ne se meslent point avec les paillardes — ID., ib. 275
3 autres citations
  • Galsonde, sœur aisnée de Brunehaud, deuxième femme de Chilperic, est estranglée dans son lit à l'instigation de Fredegonde, lors sa paillarde et depuis sa femme et espouse — PASQUIER, Recherches, v, p. 410, dans LACURNE
  • Le regime qui arreste le beuveur avant l'yvresse.... le paillard avant la pelade.... — MONT., I, 177
  • Les paillards Turcs m'avoient mis en broche tout lardé — RAB., II, 14
Étymologie

Paille. Le sens propre est : qui couche sur la paille, qui n'a que de la paille ; d'où le sens donné par du Cange : palhardus, homo nihili et infimæ conditionis. De là aussi, le sens particulier que ce mot a aujourd'hui.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « paillard » du Wiktionnaire.

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