sophiste

nature
nom
diction
[sofist] · 2 syllabes
usage
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Sens et définitions

Nom 3

  1. Philosophe, rhéteur professionnel. Depuis Platon, nom donné aux professeurs et rhéteurs rémunérés, par opposition aux philosophes.
    • Si, pour le sophiste, « l’homme est la mesure de toute chose », c’est qu’il dispose d’un art, la rhétorique. Jean Morel, Kierkegaard et Heidegger: Essai sur la décision, 2010
  2. Celui qui use d’arguments captieux.
    • Des sophistes défendront cette thèse, mais elle est fausse. Michel Onfray, La vengeance du Pangolin, Robert Laffont, 2020, page 180
1 emploi spécialisé
  1. Antiquité Philosophe, rhéteur professionnel. (Spécialement) Depuis Platon, nom donné aux professeurs et rhéteurs rémunérés, par opposition aux philosophes.

Citation

Solon, qui le premier des Athéniens a eu le titre de sophiste
Charles Rollin, Hist. anc. Œuv. t. XI, 2e part. p. 756, dans POUGENS.

Origine du mot

Via le latin sophista, du grec ancien.

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1873 — le Littré

SOPHISTE s. m. (so-fi-st')

1 Primitivement, chez les Grecs, une personne habile, expérimentée dans les affaires de la vie privée ou publique. Les sept sages portèrent aussi le nom de sophistes.

  • Solon, qui le premier des Athéniens a eu le titre de sophiste — ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. XI, 2e part. p. 756, dans POUGENS.
  • Une courtisane de Milet, nommée Thargélie, qui par ses talents avait mérité le titre de sophiste, et que son extrême beauté avait élevée au faîte des honneurs — ID., ib. p. 759

2 Plus tard, et chez les Grecs aussi, nom donné à des hommes moitié rhéteurs, moitié philosophes, qui cherchaient plus à faire parade de leur esprit qu'à reconnaître la vérité des choses. encore relevé aujourd’hui

  • Les Nuées eussent été bonnes contre un sophiste, mais non pas contre Socrate, qui n'était rien moins que sophiste — FONTEN., Remarq. sur Aristoph. Œuv. t. IX, p. 417
  • Aucun sophiste ne parut avec plus d'éclat que Gorgias, envoyé par les Léontins, ses compatriotes, pour obtenir des secours contre les Syracusains — CONDIL., Hist. anc. III, 17
2 autres citations
  • Il nous reste de lui [Eunape] un commentaire sur les vies des sophistes qu'il faut lire avec précaution — DIDER., Opin. des anc. philos. Éclectisme.
  • S'il [Socrate] regarda comme inutiles les méditations des philosophes, les sophistes lui parurent d'autant plus dangereux, que, soutenant toutes les doctrines sans en adopter aucune, ils introduisaient la licence du doute dans les vérités les plus essentielles au repos des sociétés — BARTHÉL., Anach. ch. 67

3 Aujourd'hui, celui qui fait des arguments captieux. encore relevé aujourd’hui

  • Les Grecs, grands parleurs, grands disputeurs, naturellement sophistes, ne cessèrent d'embrouiller la religion par des controverses — MONTESQ., Rom. 22
  • Le sophiste géométrique Spinosa, dont la modération, le désintéressement et la générosité ont été dignes d'Épictète — VOLT., Philos. 1re homélie
3 autres citations
  • Voilà. ma tendre et solide amie, l'ouvrage [Lettre à d'Alembert] du grand sophiste [J. J. Rousseau] — DIDER., Lett. à Mlle Voland, 1er juin 1759
  • Mais qu'on m'ose prôner des sophistes pesants, Apostats effrontés du goût et du bon sens, Alors certes, alors ma colère s'allume — GILBERT, Le XVIIIe siècle
  • C'est surtout à réparer le mal fait par les sophistes que doit s'attacher aujourd'hui le poëte — V. HUGO, Odes et ballades, Préface de 1824

Fig.

  • Caligula était un vrai sophiste dans sa cruauté — MONTESQ., Rom. 15
  • Les passions, qui sont de tous les sophistes les plus adroits et les plus dangereux — MARMONTEL, Œuv. t. IX, p. 510

Au fém.

  • D'autres fois c'est [la tragédie] une ennuyeuse sophiste, une pointilleuse ridicule, une subtile raisonneuse — FRÉRON, Observ. sur les écrits mod. t. I, p. 28

Adj.

  • Un géomètre un peu dur nous parlait ainsi : y a-t-il rien dans la littérature de plus dangereux que les rhéteurs sophistes ? — VOLT., Dict. phil. Sophiste
  • Tout un monde sophiste, en style de sermon, De longs écrits moraux nous ennuie avec zèle — GILBERT, Le XVIIIe siècle
Historique

XIVe s.

  • Et teles raisons font les sophistes pour conclure choses.... — ORESME, Éth. 194

XVe s.

  • Item, dit ladite chronique, que l'un des conseillers et sophistes d'icelui Julien eut semblable vision dudit miracle de ladite mort — MONSTRELET, I, 39

XVIe s.

  • Amour, roy des sanglots, prison cruelle et dure.... Sophiste injurieux, artisan de malice — DESPORTES, Diane, I, 69
  • Comment Gargantua feut institué par un sophiste en lettres latines — RAB., I, 14
Étymologie

Provenç. sophista ; espagn. et ital. sofista ; du lat. sophista, en grec σοφιστὴς (voy. SOPHISME).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « sophiste » du Wiktionnaire.

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