vassal

nature
nom masculin
diction
[vasal] · 2 syllabes
usage
3 par million de mots

Sens et définitions

Nom 4

4 emplois spécialisés
  1. Féodalité Personne liée par serment d’allégeance et d’hommage à un suzerain qui en retour lui reconnaît la propriété d’un fief.
    • Les guerriers du guîch ne sont peut-être pas beaucoup plus disciplinés que ceux de l’âsker ; mais au moins, chez eux, la discipline est remplacée par le sentiment du devoir du vassal envers son seigneur. Frédéric Weisgerber, Trois Mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Ernest Leroux, Paris, 1904, page 85
  2. Histoire Personne en soumission juridique et civile d’une autre.
    • Interrogez ce gentilhomme, qui a des terres et des vassaux, ou qui croit l’univers bouleversé depuis qu’il n’en a plus; il vous donnera de la propriété des idées à peu près semblables. Maximilien Robespierre, Propositions d’articles additionnels à la déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen, le 24 avril 1793 à la Convention
  3. Diplomatie Pays dominé par un autre pays puissant, mais ayant certaines autonomies domestiques.
  4. Anthropologie Personne liée à un seigneur par l'obligation de foi et hommage.

Adjectif 2

  1. Qui est soumis à une puissance, subordonné, tributaire, ancillaire.
    • À l’égard des deux autres sources de divergence, nous dirons que nous avons compris, dans l’Asie russe, tous les peuples vassaux, tributaires. Adriano Balbi, La Population des deux mondes, Revue des Deux Mondes, tome 1, 1829
1 emploi spécialisé
  1. Féodalité Qui est dépendant d’un seigneur, d'un suzerain, d’un souverain.
    • Selon lui, la principauté de Cochin était tributaire, vassale du royaume de Mysore ; en conséquence aucune portion du territoire n'en pouvait être légalement aliénée, sans le consentement du souverain de ce dernier pays. Auguste Barchou de Penhoën, Histoire de l'Inde anglaise : Conquête de l'Inde par l'Angleterre, Paris : Au Comptoir des Imprimeurs-Unis, 1850, p. 49

Citation

L'obligation de tout vassal envers son seigneur fut de porter les armes et de juger ses pairs dans sa cour
Montesquieu, Esp. XXX, 17

Origine du mot

Adjectif dérivé ^([1]) du gaulois uassos, attesté en latin médiéval sous la forme vassus (« serviteur ») (→ voir gwas (« page, servant ») en gallois, fos (« serviteur ») en irlandais) et qui, comme son synonyme latin minister, a évolué vers un sens neutre, voire positif de « homme en arme » (→ voir baron d’origine germanique qui évolue également en ce sens). Sur vassus le latin médiéval a fait vassalus (« d’homme d’arme, d’homme »). De là, le sens pris par l’ancien français vassal (« vaillant, courageux ») et la création du substantif sur l’adjectif, vassal (« homme noble qui suit un seigneur à la guerre »). Au treizième siècle, il prend le sens de « noble dépendant d’un seigneur dont il tient un fief ».

Les mots français venus du gaulois

1873 — le Littré

VASSAL, ALE s. m. et f. (va-sal, sa-l')

1 Celui, celle qui relève d'un seigneur à cause d'un fief. encore relevé aujourd’hui

  • L'obligation de tout vassal envers son seigneur fut de porter les armes et de juger ses pairs dans sa cour — MONTESQ., Esp. XXX, 17
  • Dans un capitulaire de Louis le Débonnaire, le roi distingue trois sortes de vassaux, ceux du roi, ceux des évêques, ceux du comte — ID., ib.
4 autres citations
  • Les coutumes féodales de France, par lesquelles un vassal était obligé de servir son seigneur en guerre contre le roi — VOLT., Ann. Emp. Frédéric I, 1158
  • Les vassaux trop puissants ont toujours été les plus dangereux ennemis de la monarchie — DUCLOS, Œuv. t. v, p. 55
  • Le roi d'Angleterre, qui, quoique vassal, fut toujours en guerre avec son suzerain — BRIAL, Instit. Mém. hist. et litt. anc. t. IV, p. 406
  • Parmi ces vassaux ou leudes, les plus dévoués, les plus utiles, comme on s'exprimait alors, étaient ceux qui habitaient près du roi — AUG. THIERRY, Récits des temps mérov. II

Vassal direct, celui qui tenait immédiatement son fief du seigneur de la terre. II était opposé à arrière-vassal ou vavasseur.

Grands vassaux, ceux qui relevaient du roi.

  • Les grands vassaux, de concert avec les seigneurs qui tenaient d'eux, donnèrent, dans les assises de leurs duchés ou comtés, de certaines chartes ou établissements, selon les circonstances — MONTESQ., Esp. XXVIII, 45

Fig.

  • L'abbaye gothique où se rassemblaient ces grands vassaux de la mort [les rois], ne manquait pas de gloire — CHATEAUBR., Génie, IV, II, 9

2 On étend quelquefois, mais par abus, le nom de vassaux à tous ceux qui tenaient les terres de quelques seigneurs ou qui habitaient sur leurs domaines.

  • Des vassaux tremblants qui n'osent délivrer leurs moissons du sanglier qui les dévore — VOLT., Lett. de Bastide, 1758 (sans autre date).
  • Tes vassaux languissants qui pleuraient d'être nés — ID., Épît. 83

3Fig. Il se dit pour sujet, subordonné.

  • .... Sur tant de vassaux je n'ai d'autorité Qu'autant que votre zèle a de fidélité — CORN., Suréna, III, 2
  • [Il] ne les associe à des emplois si hauts Que pour voir des Césars au rang de ses vassaux — ROTROU, St. Gen. I, 1

Fig.

  • L'Amazone, ce fleuve si renommé par l'étendue de son cours, ce grand vassal de la mer, à laquelle il va porter le tribut qu'il a reçu de tant d'autres vassaux — RAYNAL, Hist. phil. IX, 11
Historique

XIe s.

  • Dient Françeis : icist reis est vassals — Ch. de Rol. CCXLI

XIIe s.

  • Dist Olivers : moult sunt Franc bon vassal — Ronc. p. 61
  • Moult fust vasaus qui n'i fust esbaïs — ib. p. 72
4 autres citations
  • Vasaus doit estre qui de vasaus est nez — ib. p. 143
  • Et dist à Pinabel : je vous desfi, vasal — ib. p. 193
  • Barun e chevalier e sergant e vassal, Qui n'unt rien de nului fors fié anceisural, Se conbatent sovent pur lur seignur mortal — Th. le mart. 71
  • Li quens Ernaus fu chevalier gentis, Et por ces armes vasals et de grant pris — Raoul de C. 111

XIIIe s.

  • Quant la dame s'oït si ramposner [malmener en paroles], Vergogne en ot, si dit par felonie : Par Dieu, vassal, jel di pour vous gaber — QUESNES, Romancero, p. 108

XVe s.

  • Par l'une entre, par l'autre oreille sault [sort] Ce qu'on lui dit ; n'est que riote et ples ; Depportez vous d'enseigner tel vassaut ; Chantez à l'asne, il vous fera des pes — E. DESCH., Poésïes anc. f° 23

XVIe s.

  • Adonc veissiez chevalier et vassaulx Gaigner pays, traverser montz et vaulz — J. MAROT, V, 145
  • J'ay leu un vieil fragment de livre, que le comte devoit avoir soubs soy dix marquis, le marquis dix barons, le baron dix vassaux — FAUCHET, Orig. des dignitez de France, t. I, p. 49, dans LACURNE.
2 autres citations
  • Les ambassadeurs du roy de Mexico.... après luy avoir dit [à Cortez] qu'il avoit trente vassaux, desquels chascun pouvoit assembler cent mille combattants.... — MONT., I, 229
  • Un seigneur de paille, feurre ou beurre, vainc et mange un vassal d'acier — LOISEL, instit. IV, 3, 102
Étymologie

Provenç. vassal, vassau ; catal. vassal ; espagn. vasallo ; ital. vassallo ; du bas-latin vassus, domestique du prince, dans la loi des Allemands. Vassus vient du celtique : bas-bret. gwaz, homme serviteur ; Cornouailles, was, garçon, serviteur ; kimry, gwas, jeune, serviteur ; irland. uais et wasal, noble, de haute naissance. Vassal a eu le sens de serviteur, de vassal, de brave, de vaillant ; il a été aussi une injure, quand on a voulu surtout indiquer l'infériorité. Les deux sens essentiels dérivent du celtique.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « vassal » du Wiktionnaire.

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