censeur

nature
nom masculin
diction
[sɑ̃sœʁ] · 2 syllabes
attesté
1213
usage
2 par million de mots
parenté
censure

Sens et définitions

Nom 6

  1. Envieux qui reprend ou qui contrôle les actions d’autrui, sans pour autant être le moins du monde qualifié pour ça ; casse-pieds qui trouve à redire à tout.
    • Ah ! quittez d’un censeur la triste diligence. Jean Racine, Britannicus, 1669
  2. Personne qu’un gouvernement prépose à l’examen des livres, des journaux, des pièces de théâtre, etc., avant d’en permettre la publication ou la représentation.
    • Sous l’ancien régime, avec l’approbation d’un censeur, — qu’il était permis de choisir, — on était sûr de pouvoir sans danger produire ses idées, et la liberté dont on jouissait était extraordinaire quelquefois. Gérard de Nerval, Les Filles du feu, Angélique, 1854
  3. Personne chargée de surveiller les études et de maintenir le bon ordre et la discipline dans un lycée en tant qu’adjoint du proviseur.
    • M. le censeur prétendait qu’ils s’exaltaient mutuellement. Cependant, si Frédéric travailla dans les hautes classes, ce fut par les exhortations de son ami ; [] Gustave Flaubert, L’Éducation sentimentale, part. 1, chap. 2, Librairie Charpentier, 1891, p. 18
  4. Personne chargée de contrôler la partie financière de certains établissements ou de certaines sociétés.
    • Les censeurs de la Banque de France.
  5. Critique qui juge des œuvres littéraires.
    • Consulter un censeur éclairé avant de publier un recueil de poésie.
1 emploi spécialisé
  1. Antiquité Magistrat romain chargé d’établir le cens, c’est-à-dire le recensement des citoyens, le contrôle de l’état de leur fortune, et la légitimité de leur appartenance à telle ou telle classe (sénatoriale ou équestre).
    • Caton le censeur était réputé pour sa rigueur.

Citation

Tout babillard, tout censeur, tout pédant Se peut connaître au discours que j'avance
Jean de La Fontaine, Fabl. I, 19

Origine du mot

Du latin censor.

Dans le dictionnaire latin : censor

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

CENSEUR s. m. (san-seur)

1 Magistrat dans l'ancienne Rome. Les censeurs, qui étaient au nombre de deux, dénombraient les citoyens, estimaient les biens et veillaient au maintien des mœurs. encore relevé aujourd’hui

2 Dans le langage général, celui qui censure la conduite, les actions d'autrui. Un censeur malveillant. encore relevé aujourd’hui

  • Tout babillard, tout censeur, tout pédant Se peut connaître au discours que j'avance — LA FONT., Fabl. I, 19
  • Tout ce que je désire Trouve en vous un censeur prêt à me contredire — RAC., Brit. III, 9
10 autres citations
  • Ah ! quittez d'un censeur la triste diligence — ID., ib. I, 2
  • Je converse avec moi-même comme avec le plus légitime censeur de ma vie — BOSSUET, Pensées chrétiennes, 32
  • On s'érige en censeur de ces faits éclatants — MASS., Myst. Incarn.
  • Un censeur des défauts qu'on trouve en leur conduite — MOL., D. Garcie, II, 1
  • Jean-Baptiste devient le censeur d'une cour voluptueuse — MASS., Car. Mélang.
  • Vous devez être un censeur rigoureux de votre propre conscience — ID., Car. Parole.
  • Des attentions si religieuses trouvèrent des censeurs dans le monde — ID., Panég. S. Louis.
  • Ce rigide censeur — LA BRUY., XII
  • Ô juges, quelle majesté de vos séances ! quel président [Dieu] de vos assemblées, mais aussi quel censeur de vos jugements ! — BOSSUET, le Tellier.
  • Le public, rigide censeur des hommes de cette fortune et de ce rang — ID., ib.

Adj.

  • Les plus censeurs ne me reprochent rien — ROTROU, St-Genest, III, 2

Celui qui censure les écrits, y relève les fautes.

  • Je vous arrête à cette rime, Dira mon censeur à l'instant.... Maudit censeur ! te tairas-tu ? — LA FONT., Fabl. II
  • Ainsi s'expliqueront nos censeurs sourcilleux — BOILEAU, Ép. X
2 autres citations
  • Puis-je lui dénier quelque part dans mes discours, après qu'il en a été si souvent et le censeur et l'arbitre ? — BOSSUET, Or. fun. Cornet.
  • Et peut-être ta plume aux censeurs de Pyrrhus Doit les plus nobles traits dont tu peignis Burrhus — BOILEAU, Ép. VII

3 Agent préposé à l'examen des livres, journaux, pièces de théâtre, dessins, etc. Le censeur refusa son approbation. Censeur royal. Censeur dramatique. encore relevé aujourd’hui

4 Officier de l'ancienne université qui examinait les récipiendaires. En Sorbonne, les censeurs donnaient leur suffrage par billets.

5 Censeur des études, surveillant des études et de la discipline dans un lycée. Le censeur du lycée de Louis le Grand. encore relevé aujourd’hui

6 Censeur de la banque, censeur d'une société commerciale, mandataire des intéressés pour le contrôle des actes des administrateurs. encore relevé aujourd’hui

Historique

XIVe s.

  • Li cenceur nombroient le peuple — BERCHEURE, f° 2, verso.

XVe s.

  • Quelques censeurs de ce temps ont descouvert que nous n'en feuilletasmes pas un — D'AUB., Conf. II, 6
Étymologie

Censor, censeur, proprement celui qui compte.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « censeur » du Wiktionnaire.

Retour au dictionnaire