chétif

nature
adj masculin
diction
[ʃetif] · 2 syllabes
usage
4 par million de mots

Sens et définitions

Adjectif 2

  1. Qui est faible, frêle. — Note d’usage : Se dit des personnes ou des choses qui n’ont pas l’apparence ou les qualités, la force qu’elles devraient avoir.
    • Il me restait une chétive maison, je l'ai vue pillée et détruite. Voltaire, Zadig ou la Destinée, XV. Le pêcheur, 1748
1 emploi spécialisé
  1. Maladies des animaux Débile : Qui manque de force physique, d'une manière permanente.

Citation

Le monarque lui dit [au cerf] : Chétif hôte des bois, Tu ris ! tu ne suis pas ces gémissantes voix
Jean de La Fontaine, Fab. VIII, 14

Origine du mot

De l’ancien français chaitif, du latin populaire *cactivus, issu du gaulois *caxtiuos, du latin captivus (« prisonnier »; comparer l'italien cattivo, « mauvais ») avec un mot gaulois *cactos (id.) qu’on peut reconstituer d’après le gallois caeth, le breton kaezh et l'irlandais cacht.

Dans le dictionnaire latin : cactivus

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

CHÉTIF, IVE adj. (ché-tif, ti-v' ; les paysans des environs de Paris disent chéti et même cheti)

1 De peu d'importance, de peu de distinction, de peu de force, en parlant des personnes. encore relevé aujourd’hui

  • Un chétif garçon de boutique — PATRU, Plaid. 2, dans RICHELET
  • À l'égard de ces hommes chétifs — LA BRUY., VI
11 autres citations
  • Le monarque lui dit [au cerf] : Chétif hôte des bois, Tu ris ! tu ne suis pas ces gémissantes voix — LA FONT., Fab. VIII, 14
  • Il vint des partis d'importance, La belle les trouva trop chétifs de moitié — ID., ib. VII, 5
  • Tout chétif et tout misérable qu'il est, il a été détroussé en France — BALZ., liv. VI, lett. 5
  • Depuis les plus chétifs jusques aux plus fendants — RÉGNIER, Sat. XII
  • Un chétif centenier des troupes de Mysie — CORN., Héracl. I, 2
  • Qu'entreprends-je, chétif, en ces lieux écartés ? — ROTR., St Gen. III, 2
  • Éryphile n'est encore digne ni de vous ni du public, ni même de moi, chétif — VOLT., Lett. vers et prose, 17
  • Et celui qui chétif aux misères succombe, Sans vouloir autre bien que le bien de la tombe — MALH., I, 4
  • Quand Crésus vit Ésope, il s'étonna qu'une si chétive créature lui eût été un si grand obstacle — LA FONT., Vie d'Ésope.
  • .... La chétive pécore S'enfla si bien qu'elle creva — ID., Fab. I, 3
  • Quel ton, quel ascendant ne prennent-ils pas [les riches] sur les savants, quelle majesté n'observent-ils pas à l'égard de ces hommes chétifs que leur mérite n'a ni placés ni enrichis et qui en sont encore à penser et à écrire judicieusement ! — LA BRUY., VI

2 En parlant des choses, qui n'a pas force, qualité. Une chétive récolte. Une plante chétive. Une mine chétive.

  • Comme un chien qui fait fête Aux os qu'il voit n'être pas trop chétifs — LA FONT., Jum.
  • Une flamme pieuse autant comme chétive — CORN., Pomp. V, I
2 autres citations
  • Et mon bras n'est du sien qu'un chétif instrument Qui ne meut et n'agit que par son mouvement — ROTR., Bélis. I, 1
  • Notre vigne n'est point si chétive qu'on le voudrait bien faire croire — P. L. COUR., 2e lettre particulière.

Avoir chétive mine, avoir la mine basse, et aussi avoir l'air malade.

3 Misérable, pauvre. Une vie, une chère chétive.

  • Dans quelque urne chétive en ramasser la cendre — CORN., Pomp. II, 2
Historique

XIe s.

  • [Elle] Trait ses chevels, si se clame caitive — Ch. de Rol. CCLXXIV
  • Dist l'uns à l'autre : Caitif que deviendrons ? — ib. CXC
2 autres citations
  • Que deviendrai, douloureuse caitive ? — ib. CXCI
  • En France douce [elle] ert [sera] menée caitive — ib. CCLXVIII

XIIe s.

  • Ainsi nos, caitif, comperrons [payerons] Les guerres de ces haus barons — CRESTIEN DE TROIES, dans HOLLAND, p. 266
  • Come chaitis [captif] mené — Ronc. p. 16
4 autres citations
  • Meurent paien come chaitif dolent — ib. p. 77
  • À la chaitive [malheureuse] qui au mostier atent — ib. p. 173
  • Ceste chaitive qui de son dueil morra — ib. p. 174
  • Vous deüssiez querre leur delivrance [des prisonniers] ; C'est grant pechés, ses [si les] i laissez chaitis — QUESNES, Romancero, p. 100

XIIIe s.

  • Qui caitif sert caitif loiier en sent — L. PASSY, Fragm. d'hist. litt. p. 89
  • Hé ! las, chetif, où irai ? que ferai ? — ANONYME, dans Couci.
6 autres citations
  • Et li consaus de l'empereour fu tiex qu'il s'iroit à lui combatre, pour secorre les chaitis et les chaitives que il enmenoit — VILLEH., CLXIV
  • Neis [même] Avarice la chetive N'ert pas si à prendre ententive — la Rose, 1439
  • Moult est chetis et fox naïs Qui croit que ci soit son païs — ib. 5049
  • Et se ne vous plet, si vous preingne pitié de ceste chietive qui ci gist, que vous attendés que je soie relevée — JOINV., 252
  • Car qui à chetif seigneur sert, Il en atent chetif loier — les Vers du monde
  • .... Dan Macrobe Vestu d'une chetive robe — Bat. des 7 arts

XVe s.

  • Le plus petit, maigre et chetif cheval qu'il put trouver — FROISS., I, 1, 23
  • .... Diex ! doux valet, Di-je lors, es-tu si quatis [caché] ? Par ma foi, tu es uns quetis, Quant tous seuls tu es en prison — FROISS., Le dit dou florin.
3 autres citations
  • Ainsi ma vie se compasse, Maleureuse, chetive et lasse, En paine et maulx dont trop recueil — CH. D'ORL., Rond.
  • Nuz [Dieu] les crea, et puis l'ame leur mist Ou chetif corps, sans faire difference — E. DESCH., L'habit ne fait pas l'homme.
  • Vaut-il pas mieux avoir la couleur rouge et vive, Riche de beaux rubis, que si pale et chetive Ainsi qu'un buveur d'eau ? — BASSELIN, II

XVIe s.

  • Aux cœurs chetifs tu remets l'esperance — RONS., 703
  • De tous les animaux qui marchent sur la terre L'homme est le plus chetif : car il se fait la guerre Luy-mesmes à soy-mesme.... — ID., 815
1 autre citation
  • Il [l'homme] n'est pas assez chestif, si par art et par estude il n'augmente sa misere — MONT., I, 227
Étymologie

Bourguig. cheti ; Berry, ch'ti, au féminin ch'tite, chaitis ; provenç. captiu, caitiu ; anc. catal. caitiu ; anc. espagn. captivo ; espagn. mod cautivo ; portug. cativo ; ital. cattivo ; du latin captivus, prisonnier (voy. CAPTIF). Chetif, en vieux français, signifie captif, et de là, faible, misérable.

Supplément au dictionnaire

CHÉTIF. - ÉTYM. Ajoutez : Dès le IVe siècle, captivus a eu le sens de chétif :

  • Homines nanos, gibbesos, deformes, captivos ridiculosque — J. FIRMICUS, Math. VIII, 27

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « chétif » du Wiktionnaire.

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