dédaigneux

nature
adj masculin
diction
[dedɛɲø] · 3 syllabes
usage
4 par million de mots

Sens et définitions

Adjectif 1

  1. Qui a ou qui marque du dédain.
    • Il tira une chaise, s'installa à califourchon et son regard fit le tour de la chambre avec une lippe dédaigneuse et apitoyée. Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930

Citation

Cet homme est abstrait, dédaigneux, et semble toujours rire en lui-même de ceux qu'il croit ne le valoir pas
Jean de La Bruyère, I

Origine du mot

Dédaigner ; provenç. desdenhos ; espagn. desdeñoso ; portug. desdenhoso ; ital. disdegnoso. — Littré, 1873

1873 — le Littré

DÉDAIGNEUX, EUSE adj. (dé-dè-gneû, gneû-z')

1 Qui a du dédain. encore relevé aujourd’hui

  • Dédaigneuse princesse — RAC., Phèd. I, 1
  • Cet homme est abstrait, dédaigneux, et semble toujours rire en lui-même de ceux qu'il croit ne le valoir pas — LA BRUY., I
2 autres citations
  • D'un peuple industrieux les talents mercenaires De mon goût dédaigneux ne sont plus tributaires — VOLT., Scythes, II, 1
  • Et notre langue même, à tout esprit vulgaire De nos vers dédaigneux fermant le sanctuaire, L'avertit tout d'abord que, s'il y veut monter, Il doit savoir tout craindre et savoir tout tenter — A. CHÉN., l'Invention.

Substantivement.

  • C'était par faiblesse qu'il faisait le dédaigneux — BOSSUET, Avert. 6

2 Se dit, en parlant des femmes, de celles qui n'ont aucun regard pour les hommages des adorateurs.

  • Il se trompait pourtant sur le caractère de Formosante, elle n'était pas si dédaigneuse qu'elle le paraissait — VOLT., Princ. de Babyl. 3

Substantivement.

  • Elles aiment ailleurs, ces belles dédaigneuses — CORN., Agésil. I, 4
  • C'était ceci, c'était cela ; C'était tout ; car les précieuses Font dessus tout les dédaigneuses — LA FONT., Fabl. VII, 5

3 Qui exprime le dédain. Une réponse dédaigneuse. encore relevé aujourd’hui

  • Mais tu sais bien aussi de quel œil dédaigneux Je regardais ce soin d'un vainqueur soupçonneux — RAC., Phèd. II, 1
  • Cela lui sied fort bien, et cet air dédaigneux Qu'elle a pris à la cour, lui sied encore mieux — REGNARD, Démocr. IV, 2
7 autres citations
  • Silence dédaigneux — VOLT., Triumv. II, 4
  • Courroux dédaigneux — ID., Tanc. IV, 5
  • Le portier, qu'on aurait pris pour un grand seigneur, les introduisit avec une espèce de bonté dédaigneuse — ID., Zadig, 20
  • Il se retira en me jetant un coup d'œil dédaigneux accompagné d'un souris moqueur — MARIVAUX, Pays. parv. 6e part. t. III, p. 90, dans POUGENS
  • Acquérez le droit d'être dédaigneux, et ne le soyez pas — DIDER., Salon de 1767, Œuvres, t. XIV, p. 313
  • J'y insérai une petite note assez dédaigneuse qui mit Vernes en fureur — J. J. ROUSS., Conf. XI
  • C'est la sévérité despotique, c'est la dédaigneuse médiocrité de ma belle-mère — STAËL, Corinne, XVI, 3

4 Dédaigneux de, qui dédaigne, qui néglige. encore relevé aujourd’hui

  • Tout monarque indolent, dédaigneux de s'instruire, Est le jouet honteux de qui veut le séduire — VOLT., Ép. XLVI, 45
  • Je me flattai longtemps que, fidèle à sa gloire, Dédaigneux de sa vie et regardant l'histoire, Fiesque.... Vengerait Gêne esclave et nos droits envahis — ANCELOT, Fiesque, I, 4
2 autres citations
  • De ces riches atours une autre [plante] dédaigneuse Laisse à ses sœurs l'azur, la pourpre, le saphir, Et se livre sans voile aux baisers du zéphyr — DELILLE, Trois règnes, VI
  • On était si préoccupé des affaires politiques, si dédaigneux de la poésie, que les vers admirables de Thompson restèrent d'abord ignorés du public et du protecteur que le poëte avait invoqué — VILLEMAIN, Litt. fr. XVIIIe siècle, 2e part. 2e leçon.

5Terme d'anatomie. Le muscle dédaigneux, et, substantivement, le dédaigneux, le muscle droit externe de l'œil ; ancien nom de ce muscle qui tire l'œil en dehors et de côté. non relevé aujourd’hui

Historique

XIIIe s.

  • [Dame] Et si fiere et si orgilleuse Vers tous hommes si desdaigneuse — Amad. et Ydoine, mss. 6987, Bibl. imp
  • El ne fu pas envers moi fiere, Ne de respondre desdaigneuse — la Rose, 581
1 autre citation
  • Iriez [tu] avoies esté et desdeignos vers eus por leur pechiez — Psautier, f° 103

XVIe s.

  • Une fierté desdaigneuse de ces parements estrangiers — MONT., I, 192
  • Ils [les écrivains français de ce temps] sont assez hardis et desdaigneux pour ne suyvre la route commune ; mais faulte d'invention et de discretion les perd : il ne s'y veoid qu'une miserable affectation d'estrangeté — ID., III, 354
Étymologie

Dédaigner ; provenç. desdenhos ; espagn. desdeñoso ; portug. desdenhoso ; ital. disdegnoso.

Supplément au dictionnaire

DÉDAIGNEUX. Ajoutez :

6 Qui mérite, qui excite le dédain.

  • C'est chose contraire à la nature de se nourrir de viandes sales, grossières et dédaigneuses — MALH., Lexique, éd. L. Lalanne. Inusité en ce sens.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « dédaigneux » du Wiktionnaire.

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