gabelle

nature
nom féminin
diction
[ɡabɛl] · 2 syllabes
usage
moins de 1 par million de mots

Sens et définitions

Nom 4

4 emplois spécialisés
  1. Histoire Impôt indirect, prélevé notamment sur des articles de la production industrielle ou agricole en France durant le Moyen Âge et l'Ancien Régime.
    • Gabelle des vins, des draps, du blé.
  2. Histoire En particulier impôt sur le sel en France qui prit une importance croissante dans l’histoire fiscale en France durant le Moyen Âge et l’Ancien Régime.
  3. Histoire Grenier où l’on vendait le sel.
    • la gabelle est fermé.
  4. Histoire Le service fiscal chargé de percevoir les taxes.
    • Là on eut maille à partir avec la gabelle, cette éternelle ennemie du patron de la Jeune Amélie. Un douanier resta sur le carreau, et deux matelots furent blessés. Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, volume 2, page 8, 1846

Formes fléchies 5

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de gabeler.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de gabeler.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de gabeler.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de gabeler.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de gabeler.

Citation

Un de ses frères qui se mêlait de faire des convois de faux sel, était guetté par les archers des gabelles
Paul Scarron, Rom. com. II, 12

Origine du mot

De l'ancien français gabele, de l'italien gabella, de l'arabe قبالة qabāla, impôt.

1873 — le Littré

GABELLE s. f. (ga-bè-l')

1 Anciennement, l'impôt sur le sel.

  • Un de ses frères qui se mêlait de faire des convois de faux sel, était guetté par les archers des gabelles — SCARRON, Rom. com. II, 12
  • Deux mulets cheminaient, l'un d'avoine chargé, L'autre portant l'argent de la gabelle — LA FONT., Fabl. I, 4
2 autres citations
  • Cela ne leur sied-il pas mieux que d'entrer dans les gabelles ? — LA BRUY., XIV
  • Le royal directeur des aides et gabelles.... Le mot d'aide s'entend, gabelles m'embarrasse ; D'où vient ce mot ? - d'un juif appelé Gabelus. - Il y eut en effet le juif Gabelus qui eut des affaires d'argent avec le bonhomme Tobie ; et plusieurs doctes très sensés tirent de l'hébreu l'étymologie de gabelle, car on sait que c'est de l'hébreu que vient le français — VOLT., les Finances.

Pays de gabelle, les provinces où l'impôt de la gabelle était établi.

Provinces des grandes gabelles, celles où l'impôt sur le sel était le plus fort ; provinces de petites gabelles, provinces où la vente du sel était volontaire, c'est-à-dire où les habitants des paroisses n'étaient pas forcés d'acheter le sel aux magasins de la gabelle.

  • Indépendamment des grandes divisions qui sont connues sous le nom de pays de grandes gabelles, de pays de petites gabelles, de pays de saline, de pays rédimés et de pays exempts, on voit encore au milieu de chacune d'elles des distinctions de prix — NECKER, Compte rendu au roi, janv. 1781, p. 82

Frauder la gabelle, faire quelque fraude pour échapper aux droits du sel ; et fig. échapper par adresse à une obligation qui pèse sur tous les autres.

Gabelle personnelle, obligation imposée à chaque personne de prendre dans les greniers de l'État une quantité de sel déterminée ; par opposition à gabelle réelle ou gabelle volontaire, qui exprimait la quantité réellement nécessaire à la consommation de chacun.

2 Grenier où se vendait le sel. encore relevé aujourd’hui

3 Anciennement, tout impôt sur les denrées et les produits de l'industrie. Gabelle de drap, de vin, etc.

Historique

XIIIe s.

  • Imposition de la gabelle des dras de la senechaussée de Carcassone — DU CANGE, gablum.

XVe s.

  • Pour rejouir le peuple parmi le royaume de France, toutes.... gabelles furent ostées — FROISS., II, II, 74

XVIe s.

  • Il leur annonçoit que Sertorius leur faisoit la grace de leur remettre les tailles et gabelles qu'elles payoient — AMYOT, Sertor. 36
Étymologie

Provenç. gabela, gabella ; espagn. et portug. gabela ; ital. gabella ; bas-lat. gablum, gabulum ; du germanique : anglo-sax. gaful, gafol, impôt ; allem. mod. Gaffel ; du verbe gifan, goth. giban ; allem. mod. geben, donner. Les étymologistes espagnols le tirent de l'arabe kabala, impôt ; à quoi Diez objecte que le k arabe ne se prête pas à un adoucissement en g.

Supplément au dictionnaire

GABELLE. - ÉTYM. Ajoutez : D'après Dozy, c'est l'étymologie arabe qui doit prévaloir : à côté de gabella, l'italien avait aussi caballa et cabella, cité dans Du Cange ; le k initial arabe devient quelquefois g dans les langues romanes ; et il est bien plus probable que les peuples du Midi ont emprunté aux Arabes cette dénomination qu'aux Germains ; en conséquence, il assimile gabelle, gabella à l'esp. alcabala, alcavala, impôt, qui est l'arabe al-kabāla, sorte de taxe.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 2 de l’édition papier

Formes apparentées 3 langues · 5 pays

Racine commune : gabele (fro)

Les langues

Les langues où la racine a laissé une forme, et cette forme. Le sens, lui, a pu changer en route.

  • alémanique Gable
  • cimbre gabl, gabala
  • mocheno gabel

Les pays où l'une de ces langues se parle

Un pays figure ici dès qu'une de ces langues s'y parle, même en minorité — la liste est donc large par nature.

  • Allemagne Gable (gsw)
  • France Gable (gsw)
  • Italie gabel (mhn)
  • Liechtenstein Gable (gsw)
  • Suisse Gable (gsw)

Langues sans territoire aujourd'hui

Langues anciennes ou sans État à qui rattacher un pays — latin, gotique, étrusque. Certaines se parlent encore.

cimbre gabl

Liens de sens

Terme générique

grenier impôt service

Associés

gabelou gablou quart-bouillon

Domaine

histoire

Prononciation

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « gabelle » du Wiktionnaire.

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