hoquet

nature
nom masculin
diction
[okɛ] · 2 syllabes
attesté
1310
usage
6 par million de mots

Sens et définitions

Nom 4

  1. Secousse, choc, heurt.
    • L'un contre l'autre jetés Au moindre hoquet qu’ils trouvent. La Fontaine, Fables, V, 2 : « Le pot de fer et le pot de terre »
  2. Mouvement convulsif du diaphragme, qui s’accompagne d’une espèce de son articulé.
    • Quand Djahane réprime un hoquet, manquant de s’étrangler, la cour entière, monarque en tête, part d’un rire franc. Amin Maalouf, Samarcande, Lattès, 1988, réédition Le Livre de Poche, 2016, page 35
  3. vieilli Empêchement.
    • M. de Retz se disposa à se faire recevoir au parlement ; il y trouva un hoquet auquel il n'avait pas lieu de s'attendre ; son habit fut contesté par les magistrats. Saint-Simon, 264, 38
1 emploi spécialisé
  1. Médecine Contraction spasmodique et incontrôlée du diaphragme se traduisant par un ébranlement thoracoabdominal brutal et l'émission d'un bruit particulier, en rapport avec la constriction immédiate de la glotte.

Citation

La vieille, après cette hyperbole, Pour un temps perdit la parole, Et puis, ayant fait un hoquet, Reprit en ces mots son caquet
Paul Scarron, Virg. VI

Origine du mot

Wallon, hikéte ; génev. loquet (où l'article le s'est confondu avec le mot, faute d'aspirer l'h) ; sanscrit, hikk, avoir le hoquet ou soupirer, en latin singultire. D'après Diez, c'est une onomatopée ; bas-breton, hok, hik ; angl. hickup. En ce cas, il faut penser que hoquet signifiant coup, difficulté, chicane, et, dans la Fontaine, choc, a pris ces sens métaphoriques, parce que le hoquet lui-même est un coup ou choc que le corps éprouve très sensiblement. — Littré, 1873

1873 — le Littré

HOQUET s. m. (ho-kè ; le t ne se lie pas ; au pluriel, l's se lie : des ho-kè-z et.... ; hoquets rime avec traits, paix, succès, etc.)

1 Contraction spasmodique du diaphragme, avec secousse brusque, bruit inarticulé tout particulier, et resserrement subit de la glotte. Avoir le hoquet. encore relevé aujourd’hui

  • La vieille, après cette hyperbole, Pour un temps perdit la parole, Et puis, ayant fait un hoquet, Reprit en ces mots son caquet — SCARR., Virg. VI
  • Mme de Durfort se meurt d'un hoquet d'une fièvre maligne — SÉV., 521
3 autres citations
  • N'êtes-vous point de ceux [de ces galants].... à qui beaucoup de vin fait sortir la tendresse, Qui vont en cet état aux pieds de leur maîtresse Exhaler les transports de leurs brûlants désirs, Et pousser des hoquets en guise de soupirs ? — REGNARD, Démocrite, IV, 7
  • Il [Molière] voulut jouer dans le tragique, mais il n'y réussit pas ; il avait une volubilité dans la voix et une espèce de hoquet qui ne pouvait convenir au genre sérieux, mais qui rendait son jeu comique plus plaisant — VOLT., Vie de Molière.
  • Quant à M. Agnant [un personnage du Dépositaire], il n'est point un ivrogne à balbutiements et à hoquets, c'est un buveur du quartier.... — VOLT., Lett. d'Argental, 4 juin 1770

Le hoquet de la mort, le hoquet qui survient souvent aux mourants.

  • Il n'y a plus rien à espérer de ce malade ; il est dans le dernier hoquet de la mort — RICHELET

Fig. Par hoquets, à bâtons rompus.

  • M. le duc d'Orléans voyait Stairs au Palais-Royal par les derrières ; il m'en parla [de la triple alliance] tard et par hoquets — SAINT-SIMON, 430, 227

2Fig. Choc, heurt. encore relevé aujourd’hui

  • [Le pot de fer et le pot de terre] L'un contre l'autre jetés Au moindre hoquet qu'ils trouvent — LA FONT., Fabl. V, 2

Par extension, empêchement.

  • M. de Retz se disposa à se faire recevoir au parlement ; il y trouva un hoquet auquel il n'avait pas lieu de s'attendre ; son habit fut contesté par les magistrats — SAINT-SIMON, 264, 38

3Terme de la musique du moyen âge.

  • Phrase harmonique dans laquelle une ou plusieurs parties étaient entrecoupées ou interrompues par des silences — COUSSEMAKER, l'Art harmonique, p. 83
Historique

XIVe s.

  • Les uns vont chantant le motet, Les autres font double hoquet — GACE DE LA BUIGNE, Hist. litt. de la France, t. XXIV, p. 751
  • Iceluy Perrinet fist un petit hoquet de sa main au menton du dit Simon — DU CANGE, hoquetus.
1 autre citation
  • Si eux se complaignent de ceux qui se sont entremis des impositions au temps passé ou d'aucuns nos officiers, faites leur sommerement et de plain oster tous houquez [difficultés], fuites et cavillations — Ordonn. des rois, t. II, p. 558

XVe s.

  • On fait de quatre causes mille, Escriptures de grant argent, Onques ne fut tant de hoquès [obstacles, chicanes] Qu'il y a, et finablement Onques ne vy tant de procès — E. DESCHAMPS, Poésies mss. f° 326
  • Icellui Caton getta un sien baston à bergier, appellé hoquet, au suppliant — DU CANGE, hoquetus.
Étymologie

Wallon, hikéte ; génev. loquet (où l'article le s'est confondu avec le mot, faute d'aspirer l'h) ; sanscrit, hikk, avoir le hoquet ou soupirer, en latin singultire. D'après Diez, c'est une onomatopée ; bas-breton, hok, hik ; angl. hickup. En ce cas, il faut penser que hoquet signifiant coup, difficulté, chicane, et, dans la Fontaine, choc, a pris ces sens métaphoriques, parce que le hoquet lui-même est un coup ou choc que le corps éprouve très sensiblement.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « hoquet » du Wiktionnaire.

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