secousse

nature
nom féminin
diction
[səkus] · 2 syllabes
attesté
1460
usage
10 par million de mots

Sens et définitions

Nom 4

  1. Agitation, ébranlement de ce qui est secoué.
    • Cependant l’aérostat s’abaissait vers la terre, et la nacelle, rasant les inégalités du sol, éprouvait de fortes secousses. Julien Turgan, Les Ballons : histoire de la locomotion aérienne, chapitre 18, 1851, page 203
  2. Contraction due à un choc.
    • Près de mon oreille avait jailli une longue étincelle et je sentis dans ma poitrine mon cœur s’emballer. Je me tordais en hurlant et me raidissais à me blesser, tandis que les secousses commandées par Cha…, magnéto en mains, se succédaient sans arrêt. Henri Alleg, La Question, 1957
  3. figuré Atteinte portée à la santé, à la fortune, au crédit, à l’ordre établi dans un état, etc.
    • Prodige annoncé, la Française d'origine russe Ksenia Efremova a traversé des secousses, à commencer par le décès de son père. Habitée par une force mentale immense, la joueuse de tennis ne se voit pas ailleurs qu'au sommet. L'Équipe, 3/01/2025
  4. familier Durée de temps indéterminée.
    • Ça fait une secousse qu’il est parti.

Citation

Il monta dans la voiture d'Amazan, parce que la sienne était dérangée par la secousse
Voltaire, Princ. de Babyl. 8

Origine du mot

De l’ancien français secourre, « secouer », du latin succussus.

Dans le dictionnaire latin : succussus

1873 — le Littré

SECOUSSE s. f. (se-kou-s')

1 Agitation, ébranlement, de ce qui est secoué. repris par le Wiktionnaire

  • Il monta dans la voiture d'Amazan, parce que la sienne était dérangée par la secousse — VOLT., Princ. de Babyl. 8

Fig. Par secousses, par saccades.

  • Ne vous contentez pas de faire certains efforts, et d'être petits par secousses — FÉN., Lettres spirituelles, dans JAUBERT, Glossaire

Terme de manége. Secousse de la bride, synonyme de saccade.

Terme de musique. Explosion que l'air fait en entrant dans un tuyau d'orgue.

2 Il se dit des oscillations du sol dans un tremblement de terre.

  • Jamais il ne se fait une grande éruption dans un volcan, sans qu'elle ait été précédée, ou du moins accompagnée d'un tremblement de terre ; au lieu que très souvent on ressent des secousses même assez violentes sans éruption de feu — BUFF., Add. théor. terr. Œuvr. t. XIII, p. 49

3 Il s'est dit, par abus, pour escousse. non relevé aujourd’hui

  • Proposez à des enfants de sauter un fossé, tous prendront machinalement leur secousse en se retirant un peu en arrière et courront ensuite — VOLT., Mœurs, Sauvages.

4Fig. Atteintes portées à la santé, à la fortune, au crédit, au moral, à l'ordre établi. encore relevé aujourd’hui

  • Je reçois d'étranges secousses, et mon cœur ne tient qu'à un filet — MOL., Préc. 12
  • Je ne veux pas rapporter tous les effets [de l'imagination] ; je rapporterais presque toutes les actions des hommes, qui ne branlent presque que par ses secousses — PASC., Pens. III, 3, éd. HAVET.
7 autres citations
  • Cette opération donna une grande secousse à l'État — MONTESQ., Espr. XXII, 11
  • La France ni l'Espagne ne peuvent être en guerre avec l'Angleterre, que cette secousse donnée à l'Europe ne se fasse sentir aux extrémités du monde — VOLT., Louis XV, 27
  • Il y a d'anciennes bornes qu'on ne remue pas sans de violentes secousses — ID., Louis XIV, 35
  • Quels arts se sont perdus, quels se sont conservés, quels autres sont nés dans les secousses de tant de révolutions — ID., Mœurs, Rem. I
  • Son âme avait besoin d'être remplie et non pas tourmentée ; il ne lui fallait que des émotions douces ; les secousses l'auraient usée et amortie — D'ALEMB., Portr. de l'aut.
  • Quand les passions nous donnent de violentes secousses, en sorte qu'elles nous enlèvent l'usage de la réflexion — CONDILL., Conn. hum. II, 11
  • Nous contemplons les secousses du monde politique, comme nous contemplons celles du monde physique — BONNET, Palingén. XIII, 6

Familièrement. Se donner une secousse, faire quelque excès pour changer la disposition où l'on est.

Historique

XVe s.

  • Il ne lui faillit qu'une secousse de verges à netoyer sa robe et ses chausses, qu'il ne fust prest — LOUIS XI, Nouv. XXVII

XVIe s.

  • Et falloit que la mule, pour boire, se jetast en l'eau, tout de secousse — DESPER., Contes, XCII
  • Nous tressuons... aux secousses de nos imaginations — MONT., I, 91
4 autres citations
  • Ma veue s'y confond ; il fault que je la retire, et que je l'y remette à secousses [reprises] — ID., II, 100
  • J'en cuidai remourir [d'une chute].... et me sens encores de la secousse de ceste froissure — ID., II, 58
  • Par cette legiere secousse que les avirons donnent, je me sens brouiller l'estomach — ID., IV, 4
  • Les Ciliciens estoient devenus un peu forts en bride pour la secousse que les Romains avoient receue des Parthes — AMYOT, Cicéron, 45
Étymologie

L'anc. participe secous (voy. SECOUER à l'historique).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 4 de l’édition papier

Liens de sens

Synonymes

choc

Terme générique

agitation atteinte contraction durée

Dérivés

ne pas en ficher une secousse

Prononciation

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « secousse » du Wiktionnaire.

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