durée
- nature
- nom féminin
- diction
- [dyʁe] · 2 syllabes
- usage
- 26 par million de mots
Sens et définitions
Nom 6
-
Espace de temps pendant lequel une chose dure.
- Cette mode eut peu de durée.
-
Succession non interrompue des moments.
- L’espace et la durée.
4 emplois spécialisés
-
Psychologie
Qualité vécue et subjective du temps, par opposition au temps objectif et mesurable.
- Tout homme qui obtient ce qu’il désire, ou qui va l’obtenir, veut la durée : rien de plus naturel que les serments prodigués par les amoureux. Le bonheur spontané veut la durée. Mais de la durée vient l’ennui : c’est pourquoi beaucoup les confondent. Denis de Rougemont, Comme toi-même : Essais sur les Mythes de l’Amour, Albin Michel, 1961, page 147
- Cinématographie Longueur d'une animation ou d'un média exprimée par le nombre d'unités temporelles qu'il contient.
- Unités de mesure et métrologie Intervalle de temps déterminé pendant lequel se produit une action, un état, un phénomène, du début à sa fin.
- Prêts et emprunts Temps pendant lequel un contrat de prêt est en vigueur.
Citation
Pour suivre dans cette ouverture que l'Écriture nous donne, que chacun contemple cette durée infinie qui le précède et qui le suit, et qu'y voyant sa vie renfermée, il regarde ce qu'elle en occupe
Origine du mot
Provenç. durada ; ital. durata ; d'un part. passif latin durata, de durare (voy. DURER). — Littré, 1873
1873 — le Littré
DURÉE s. f. (du-rée)
1 Absolument. La continuation indéfinie. L'espace et la durée.
- Pour suivre dans cette ouverture que l'Écriture nous donne, que chacun contemple cette durée infinie qui le précède et qui le suit, et qu'y voyant sa vie renfermée, il regarde ce qu'elle en occupe — NICOLE, Ess. de mor. 1er traité, ch. III
2 Espace de temps que dure quelque chose. La durée d'un règne. encore relevé aujourd’hui
- Vous avez résolu de nous voir demeurer En une obscurité d'éternelle durée — MALH., IV, 3
- Que tout ce qui m'a plu doit être de durée — CORN., D. Sanch. III, 4
8 autres citations
- Votre félicité sera mal assurée Dessus un fondement de si peu de durée — ID., Perthar. III, 2
- Nos termes sont pareils par leur courte durée — LA FONT., Fabl. XI, 8
- Mais hélas ! tout ce qu'elle aimait devait être de peu de durée — BOSSUET, Anne de Gonz.
- J'en ai trop prolongé la coupable durée [de ma vie] — RAC., Phèd. I, 3
- Même tu leur promis de ta bouche sacrée Une postérité d'éternelle durée — ID., Esth. I, 4
- En ce temple où tu fais ta demeure sacrée, Et qui doit du soleil égaler la durée — ID., Athal. III, 7
- Par la suite des temps et par la durée des siècles — MASS., Car. Confess.
- Cette grande puissance temporelle des papes en Italie ne fut pas de durée — VOLT., Mœurs, 49
De durée, loc. adv. signifiant qui résiste à l'usure, à la fatigue. Une étoffe de durée.
- Tout homme qui s'essouffle dans le travail fait plus que sa force ne lui permet, et par conséquent n'est pas bon ouvrier, c'est-à-dire ouvrier de durée — LA QUINTINYE, Jardins, I, 4
Synonyme
TEMPS, DURÉE. La durée ne présente d'autre idée que celle d'une persistance. Le temps y ajoute l'idée du nombre ; c'est une persistance ou une durée évaluée ; et de là vient que, quand on passe à l'éternité qui est infinie, on supprime bien l'idée du temps, mais on ne peut pas supprimer celle de la durée. En d'autres termes, les choses auraient une durée, quand même nous ne saurions la rapporter à aucune unité ; mais le temps proprement dit n'y serait pas, puisqu'il serait impossible de nombrer cette durée.
Historique
XIIe s.
- L'ame s'en part, n'i put avoir durée — Ronc. p. 147
- Car joie a courte durée, Qui avient par tel folor — Couci, I
XIIIe s.
- [Elle] Ne peüst vers tel peine avoir nule durée [résister à une telle peine] — Berte, XLVI
- Nulz n'est seürs d'avoir longue durée ; Se vous moriez ains que fussiez amez, Sans joie avoir, auriez vo vie usée — CUNELIER, dans Bibl. des Chartes, 4e série, t. V, p. 38
2 autres citations
- Ge et toutes autres creatures avomes corte durée — Psautier, f° 120
- Si a danz Nobles li Lions Novelement la pes [paix] jurée, Se Dieu plaist, qui aura durée — Ren. 1750
XVe s.
- Et ne purent oncques les Escots avoir vicioire ni durée contre lui [Édouard 1er] — FROISS., I, I, 2
XVIe s.
- Un ouvrage de longue durée — AMYOT, Péric. 26
- Ainsi l'amour tardive est de longue durée — RONS., 239
1 autre citation
- Tout terme qui finit n'a pas longue lurée — ID., 675
Étymologie
Provenç. durada ; ital. durata ; d'un part. passif latin durata, de durare (voy. DURER).
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 2 de l’édition papier
Liens de sens
Synonymes
Terme générique
Terme spécifique
âge année continuité cordée cours demi-heure demi-seconde éternité heure instant latence longueur lustre magistère mandat mariage nuitée permanence perpétuité plombe préfecture quadrimestre quantité quarantaine questure révolution scolarité secousse semaine siècle sol temps vacation
Dérivés
ALD CDD CDI durée d’action durée de gestation durée de la gestation durée de latence durée de retour durée de vie DVDD modulateur de durée modulation d’impulsions en durée sélecteur de durée
Associés
durabilité durable durablement durant duratif durer
Domaine
psychologie
Prononciation
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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