lustre

nature
nom masculin
diction
[lystʁ] · 1 syllabe
attesté
1213
usage
8 par million de mots

Sens et définitions

Nom 16

  1. Durée de cinq ans.
    • Elle n'a pas voulu non plus changer de bagnole, chargée d'au moins deux lustres, […]. Jean Murelli, Les peaux froides..., Editions Fleuve Noir, 1961, chap. 7
  2. familier Longue durée.
    • On attend une refonte du droit familial au Québec depuis des lustres. Geneviève Pettersen, Qui voudra encore vivre en couple?, Le Journal de Québec, 5 mars 2021
  3. Éclat que l’on donne à un objet, soit en le polissant, soit en faisant usage de quelque eau, de quelque composition.
    • La laine est d’autant meilleure que les brins sont égaux […]. Enfin on recherche le lustre, l’éclat, puis le moelleux qui s’apprécie au toucher. D. de Prat, Nouveau manuel complet de filature. 1ʳᵉ partie : Fibres animales & minérales, Encyclopédie Roret, 1914
  4. La composition même dont les fourreurs, les chapeliers se servent pour donner du lustre aux fourrures, aux chapeaux de soie, etc.
  5. L’éclat que donne la parure, la beauté, le mérite, la dignité, etc.
    • D’abord l’honneur de l’armée était en cause. Pourquoi ? Comment ? Parce que c’était porter atteinte au lustre de l’institution militaire que d’admettre que sept officiers se fussent trompé ? Joseph Caillaux, Mes Mémoires, I, Ma jeunesse orgueilleuse, 1942, page 97
  6. vieilli Vernis métallique irisé, utilisé pendant la Renaissance pour donner couleur et éclat aux décorations des poteries.
  7. Appareil d’éclairage, de cristal, de bronze, de bois, etc., à plusieurs branches, qu’on suspend au plafond.
    • Grimaldi, dansant un jour devant l'ambassadeur turc, fit un tel bond en son honneur, qu'il heurta le lustre suspendu au-dessus de la tête du monarque. Augustin Challamel, Mémoires du peuple français depuis son origine jusqu'à nos jours, tome 8, Paris : Librairie Hachette & Cie, 1873, page 109
9 emplois spécialisés
  1. Antiquité romaine Époque de la cérémonie du cens qui revenait tous les cinq ans et où l’on aspergeait le peuple romain assemblé avec de l’eau lustrale.
  2. Antiquité romaine Sacrifice expiatoire qui avait lieu à la période du cens.
  3. Arts Des particules métalliques très fines en solution qui permettent d'obtenir des reflets métalliques variables.
  4. Optique Effet produit par la projection de deux images, identiques mais de couleur différente, l'une sur l'autre; l'aspect réalisé est celui d'une surface d'apparence miroitante.
  5. Météorologie Période de cinq années consécutives employée quelquefois pour l'étude de certains éléments météorologiques.
  6. Luminaires Appareil d'éclairage à plusieurs branches qui se suspend au plafond.
  7. Conservation des aliments et conserverie Caractère recherché de la pellicule qui s'imprègne des huiles du poisson à la fin du fumage.
  8. Textiles Apprêt (des étoffes, des fourrures) qui donne de l'éclat.
  9. Industries Brillant apparaissant uniquement lorsque la surface est vue en lumière rasante.

Formes fléchies 5

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif de lustrer.
  2. Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de lustrer.
  3. Première personne du singulier du présent du subjonctif de lustrer.
  4. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de lustrer.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de lustrer.

Citation

Une perle.... D'assez de lustre, pour être La marque d'un si beau jour
François de Malherbe, II, 5

Origine du mot

(Nom 1) Du latin lustrum (« sacrifice purificatoire pratiqué tous les cinq ans »).

(Nom 2) De l’italien lustro (« éclat »), déverbal de lustrare → voir lustrer, illustrer et illustre.

Dans le dictionnaire latin : lustrum

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

LUSTRE1 s. m. (lu-str')

1 Le brillant et le poli que l'on donne à un objet ou qu'un objet a naturellement. encore relevé aujourd’hui

  • Une perle.... D'assez de lustre, pour être La marque d'un si beau jour — MALH., II, 5
  • Sublimé et esprit de vin, pour donner le bel œil et le lustre — Réglem. sur les manuf. août 1669, Teint. en laine, art. 14
2 autres citations
  • Un poil court [chez le zèbre] dont le lustre augmente encore la beauté des couleurs — BUFF., Morceaux choisis, p. 181
  • Un trait de noir tombe de la gorge sur la poitrine, qui est ainsi que l'estomac d'un noir relevé d'un beau lustre violet — ID., Ois. t. XV, p. 155

En ce sens, il ne se dit pas au pluriel.

2 Composition dont les pelletiers et les chapeliers se servent pour rendre luisants les manchons et les chapeaux. Un bon lustre. Les lustres ne sont pas les mêmes dans les différents ateliers. encore relevé aujourd’hui

3Fig. Éclat que l'on compare au brillant des choses lustrées. encore relevé aujourd’hui

  • Ne me reprochez plus que par mes cruautés Je tâche à conserver mes tristes dignités ; Je dépose à vos pieds l'éclat de leur faux lustre — CORN., Poly. V, 6
  • La prison de M. le Prince avait ajouté un nouveau lustre à sa gloire — LA ROCHEF., Mém. 148
8 autres citations
  • On peut donner du lustre à leurs inventions [des anciens] ; On le peut, je l'essaie ; un plus savant le fasse — LA FONT., Fabl. II, 1
  • Pâleur.... dont la cause était telle, Qu'elle donnait du lustre à notre belle — ID., Court.
  • Je veux vous faire voir cette méthode dans tout son lustre — PASC., Prov. VII
  • Le cabinet de M. de Coulanges est trois fois plus beau qu'il n'était ; vos petits tableaux sont en leur lustre et placés dignement — SÉV., 10 nov. 1673
  • Parlerai-je de sa prudence si avisée dans la conduite de sa maison [un couvent] ? chacun sait que sa sagesse et son économie en a beaucoup relevé le lustre — BOSSUET, Yol. de Monterby.
  • Aimez donc la raison ; que toujours vos écrits Empruntent d'elle seule et leur lustre et leur prix — BOILEAU, Art p. I
  • C'est un homme qui est de mise un quart d'heure de suite, qui, le moment d'après, baisse, dégénère, perd le peu de lustre qu'un peu de mémoire lui donnait, et montre la corde — LA BRUY., II
  • Le malheur ajoute un nouveau lustre à la gloire des grands hommes — FÉN., Tél. XX

Servir de lustre, se dit de ce qui, par le contraste de son imperfection, fait valoir davantage l'agrément, le mérite d'une personne ou d'une chose.

En ce sens, lustre ne se dit pas au pluriel.

4 Chandelier de cristal, de cuivre ou d'autre substance, à plusieurs branches qu'on suspend au plafond. encore relevé aujourd’hui

  • Puis cet homme et son fils le portent [l'âne] comme un lustre — LA FONT., Fabl. III, 1
  • Il entre à l'appartement et passe sous un lustre où sa perruque s'accroche et demeure suspendue — LA BRUY., XI

Particulièrement. Grand lustre garni de lumières qu'on suspend au milieu d'une salle de spectacle. Se placer sous le lustre au parterre.

Chevalier du lustre, claqueur qui se tient ordinairement au parterre sous le lustre dans un théâtre.

5 Lustre d'eau, nom vulgaire de l'hottone des marais (primulacées).

  • Un des noms de la charagne vulgaire (characées), dite aussi girandole d'eau, charagne, et herbe à écurer, — LEGOARANT
Historique

XVIe s.

  • Elle apparoist tousjours sur toutes les plus belles, Et leurs perfections font lustre à sa beauté — DESPORTES, Diverses amours, XL, stances.
  • Ainsi comme les escus faulx, et qui ne sont pas de bon aloy representent seulement le lustre de la splendeur de l'or.... — AMYOT, Comm. discerner le flatteur de l'ami, 5
4 autres citations
  • Chasque chose a plusieurs biais et plusieurs lustres [aspects] — MONT., I, 272
  • S'arrester à l'escorce, ou regarder la chose par quelque faulx lustre — ID., II, 101
  • Un roi use bien de la perfidie de ses ennemis, quand il la fait servir de lustre à sa foi — D'AUB., Hist. III, 467
  • Si tost que [vous ligueurs] veistes qu'on parloit à vous à coups de canon, et que le roy de Navarre estoit venu assister et secourir son frere [Henri III], la frayeur vous saisit tellement au lustre des escharpes blanches [celle des protestants], que ce fut à vous de vous retirer en diligence par des chemins esgarez — Sat. Mén. Harangue d'Aubrai
Étymologie

Lat. lustrare, purifier, nettoyer, d'où dérivent tous les sens actuels de lustre : brillant, poli, éclat, ustensile portant plusieurs lumières ; et, comme lustre, espace de cinq ans, tient aussi à lustrare, on voit que lustre tient à lustrum par l'intermédiaire de lustrare. Lustrare, dénominatif de lustrum, tient par le radical à luo, lavo, laver.

LUSTRE2 s. m. (lu-str')

1Terme d'antiquité romaine. Époque du cens qui revenait tous les cinq ans. encore relevé aujourd’hui

2 Espace de cinq ans. encore relevé aujourd’hui

  • Et depuis quatre lustres Mon trône n'est fondé que sur des morts illustres — CORN., Héracl. I, 1
  • Deux lustres de guerre — ID., Sert. II, 1
3 autres citations
  • Maintenant.... Que mon âge.... Bientôt s'en va frapper à mon neuvième lustre — BOILEAU, Ép. V
  • La bonne dame a douze lustres accomplis ; son mari vient de mourir ; elle veut se retirer dans un couvent, afin, dit-elle, que sa réputation soit à l'abri de la médisance — LE SAGE, Diable boit. ch. 10, dans POUGENS
  • Le Protecteur [Cromwell] vécut l'âge des hommes de sa nature ; leur règne le plus court est ordinairement de neuf à dix ans, et le plus long de vingt à vingt-deux.... il se peut faire que la force physique d'un homme placé au plus haut point des révolutions se trouve épuisée dans une période de trois ou quatre lustres — CHATEAUB., Stuarts, Protectorat.
Historique

XIVe s.

  • Lustre estoit une maniere de sacrefice ou de purification que l'en fesoit sur tout le peuple de cinq ans en cinq ans — BERCHEURE, f° 2, verso.
Étymologie

Lat. lustrum, sacrifice expiatoire pour le cens, de lustrare, purifier (voy. LUSTRE 1).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « lustre » du Wiktionnaire.

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