messire

nature
nom masculin
diction
[mesiʁ] · 2 syllabes
usage
6 par million de mots

Sens et définitions

Nom 1

1 emploi spécialisé
  1. Histoire Titre d’honneur qui se donnait anciennement, dans les actes, à des personnes de distinction.
    • Messire, messire, messire, un sarrasin dans une charriote du diable ! C'est tout ferré, y'a point d'boeuf pour tirer ! Christian Clavier (Jacquouille la Fripouille), dans Les Visiteurs, 1993

Citation

Veut-on d'ailleurs qu'il fasse de son père un noble homme, et peut-être un honorable homme ! lui qui est messire
Jean de La Bruyère, VI

Origine du mot

De l’ancien français messire. Contraction de mes sire, « mon Seigneur ».

1873 — le Littré

MESSIRE s. m. (mè-si-r')

1 Titre qui, dans le moyen âge, était réservé aux seigneurs de la plus haute noblesse. encore relevé aujourd’hui

2 Plus tard, titre d'honneur qu'on ajoutait, dans les actes, aux titres particuliers des personnes de qualité et qui avait fini par n'être plus donné qu'au chancelier de France.

  • Veut-on d'ailleurs qu'il fasse de son père un noble homme, et peut-être un honorable homme ! lui qui est messire — LA BRUY., VI

3 Titre que prenaient par abus les prêtres, les médecins, les avocats, et d'autres professions.

  • Coeffé d'un froc bien raffiné Et revêtu d'un doyenné Qui lui rapporte de quoi frire, Frère René devient messire, Et vit comme un déterminé — MALLEVILLE, Rondeau contre l'abbé Boisrobert
  • Un heurt survint ; adieu le char ; Voilà messire Jean Chouart Qui du choc de son mort a la tête cassée — LA FONTAINE, Fabl. VII, 11
1 autre citation
  • J'ai dit à notre abbé : messire, Priez bien pour tous nos soldats — V. HUGO, Ballades, la Fiancée du timbalier

S'est dit quelquefois dans la poésie badine pour messer ou monsieur.

  • Messire rat promit soudain — LA FONT., Fabl. IV, 11

4 Poire de Messire Jean, poire cassante et fort sucrée. non relevé aujourd’hui

Un Messire Jean, une poire de Messire Jean. Des Messires Jeans.

Remarque

1. L'Académie n'est pas conséquente avec elle-même pour les grandes lettres dans ces sortes de noms : elle écrit Messire Jean avec une grande M, et reine-Claude avec une petite r. Elle ne l'est pas non plus pour le tiret : Messire Jean, sans tiret ; reine-Claude, avec un tiret. Il est peut-être, en effet, difficile d'être rigoureusement conséquent dans ces petites choses ; et il en résulte qu'à volonté on mettra ou omettra la majuscule ; ou, si l'on veut une décision, il sera plus logique de mettre des minuscules et le tiret.

2. On disait autrefois poires de misser Jean ; on le dit encore à Genève.

Historique

XIIe s.

  • Mex [mieux] en sera mes sires sainz Marzaus — Roncisv. 149

XIIIe s.

  • Chevaliers es armes hardis, Preus en fais et cortois en dis, Si com fu mi sire Gauvains — la Rose, 18899

XVe s.

  • Si dit [la pucelle d'Orléans] ausdits seigneurs : j'ay accompli ce que messire [Dieu] m'a commandé, qui estoit de lever le siege d'Orleans, et de faire sacrer le gentil roy — Hist. de la pucelle d'Orléans, p. 525, dans LACURNE

XVIe s.

  • Messire Jean la crut, le pauvre homme — DESPER., Contes, LXII
Étymologie

Anc. franç. mes, ou mis, ou mi, nominatif de l'adjectif possessif dont mon était le régime (voy. MON), et sire ; provenç. messer.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 3 de l’édition papier

Liens de sens

Terme générique

titre

Terme spécifique

messer

Domaine

histoire

Prononciation

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « messire » du Wiktionnaire.

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