raisonneur

nature
nom masculin
diction
[ʁɛzonœʁ] · 3 syllabes
usage
moins de 1 par million de mots
parenté
raison

Sens et définitions

Nom 5

  1. Celui qui raisonne, qui fait des raisonnements.
    • Pascal avait de la droiture […]. Élégant écrivain, et raisonneur profond, il eût sans doute éclairé l’univers, si la Providence ne l’eût abandonné à des gens qui sacrifièrent ses talents à leurs haines. Denis Diderot, Pensées philosophiques, Texte établi par J. Assézat, Garnier, 1875-1877
  2. péjoratif Celui qui fatigue, qui importune par ses raisonnements.
    • C’est un raisonneur ennuyeux, un raisonneur éternel, perpétuel.
  3. Celui qui réplique, argumente, conteste, au lieu de recevoir docilement les réprimandes qu’on lui fait ou les ordres qu’on lui donne,
    • Rousseau avait trop d'esprit pour s'égarer à ce point dans son roman didactique ; et même, ce qu'il évite le plus, c'est de faire de son Émile un petit docteur précoce, un petit raisonneur impertinent. Jean-François de la Harpe, Cours de littérature ancienne et moderne, tome 11, éd. Deterville, 1818.
  4. Personnage de comédie, qui sert de porte-parole à l’auteur ou l’autrice pour exprimer les idées mises en scène et préciser le sens et la portée de sa pièce.
    • Mais le sublime raisonneur de la comédie de Molière veut-il des raisons ! En voici. Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844
1 emploi spécialisé
  1. Intelligence artificielle Composante du moteur d'inférence qui implante la stratégie de contrôle et guide l'interpréteur vers la solution. Le raisonneur décide quelles connaissances appliquer à chaque étape du raisonnement.

Adjectif 1

  1. Qui raisonne, réplique, argumente.
    • Au milieu d’un groupe d’hommes raisonneurs et de femmes pépiantes, se tenait une étrange créature, courte sur pattes, et serrée à craquer dans une robe de dentelle rose bonbon. Henri Troyat, Le mort saisit le vif, 1942, réédition Le Livre de Poche, page 84

Citation

Tant de raisonneurs ayant fait le roman de l'âme, un sage est venu qui en a fait modestement l'histoire
Voltaire, Dict. phil. Locke.

Origine du mot

Raisonner ; provenç. razonaire, razonador ; espagn. razonador ; ital. ragionatore. — Littré, 1873

1873 — le Littré

RAISONNEUR, EUSE s. m. et f. (rè-zo-neur, neû-z')

1 Celui, celle qui raisonne, enchaîne les arguments. encore relevé aujourd’hui

  • Ils ont bien de l'esprit, mais ils ne raisonnent jamais ; les raisonneurs, qui sont gens durs, les appellent peuple, sans difficulté ; d'autre part, ces gens-ci s'en vengent en tournant les raisonneurs en ridicule — FONTEN., Mondes, 6e soir.
  • Tant de raisonneurs ayant fait le roman de l'âme, un sage est venu qui en a fait modestement l'histoire — VOLT., Dict. phil. Locke.
2 autres citations
  • Si ces raisonneurs vulgaires confondent la licence avec la liberté, et l'enfant qu'on rend heureux avec l'enfant qu'on gâte — J. J. ROUSS., Ém. II
  • Les raisonneurs les plus pressants et les plus forts ne sont pas les plus sûrs de produire de grands effets — MARMONTEL, Œuv. t. IX, p. 512

Particulièrement et en mauvaise part, celui, celle qui importune par de longs, par de mauvais raisonnements.

  • Mêle-toi de donner à teter à ton enfant, sans tant faire la raisonneuse — MOL., Méd. malgré lui, II, 2
  • Je n'aime pas qu'un sot fasse le raisonneur — HAMILT., Gramm. 3
1 autre citation
  • Il y a bien de la différence entre un raisonneur et un homme raisonnable : l'homme raisonnable se tait souvent, le raisonneur ne déparle pas — DIDER., Pensées sur la peinture, Œuv. t. XV, p. 172, dans POUGENS.

Adj.

  • Je vous demandais quand vous reverriez la grande, vilaine, triste et gaie, riche et pauvre, raisonneuse et frivole ville de Paris — VOLT., Lett. Mme de Fontaine, 24 nov. 1757
  • Vainement sur votre menton La main de l'aimable jeunesse N'a mis encor que son coton ; Toute la raisonneuse espèce Croit voir en vous un vrai barbon — ID., Ép. XLII (à Helvétius).
2 autres citations
  • Quoiqu'il nous reste de vrais philosophes ardents à rappeler dans nos cœurs les lois de l'humanité et de la vertu, on est épouvanté de voir jusqu'à quel point notre siècle raisonneur a poussé dans ses maximes le mépris des devoirs de l'homme et du citoyen — J. J. ROUSS., Théât. Préf.
  • Comme il me faisait quelquefois des arguments très subtils, je le prenais tout de bon pour raisonnable parce qu'il était raisonneur — ID., Conf. VI

2 Celui, celle qui allègue beaucoup d'excuses pour se défendre, qui réplique incessamment. encore relevé aujourd’hui

  • Tu fais le raisonneur ! je te baillerai de ce raisonnement-ci [le menaçant d'un soufflet] par les oreilles — MOL., l'Av. I, 3
  • Petite raisonneuse, Qui veut parler sur tout et ne dit jamais rien — DESTOUCH., Glor. II, 13

Adj.

  • Oui, l'on doit être bien aise d'avoir un valet raisonnable, mais non pas un valet raisonneur — BRUEYS, Grondeur, I, 6

3Terme de théâtre. Personnage grave de la comédie, dont le langage est celui du raisonnement, de la morale. encore relevé aujourd’hui

  • Vous qui jouez les raisonneurs, soyez raisonnable — PICARD, Coméd. ambul. II, 2
Étymologie

Raisonner ; provenç. razonaire, razonador ; espagn. razonador ; ital. ragionatore.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « raisonneur » du Wiktionnaire.

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