redoute
- nature
- nom féminin
- diction
- [ʁədut] · 2 syllabes
- attesté
- Au plus tard au XVIᵉ siècle
- usage
- 6 par million de mots
Sens et définitions
Nom 4
-
vieilli Endroit public où l’on s’assemblait pour jouer, pour danser.
- "Si petite que je fusse, je me rappelle encore le roi priant mon grand-père d'inviter M. Decazes à une redoute où mon père devait danser avec la duchesse de Berry." Marcel Proust, Le Côté de Guermantes (1989)
-
vieilli Cette fête elle-même.
- Donc, ni réunions, ni bals, ni soirées, ni redoutes. Jules Barbey d'Aurevilly, Le Rideau cramoisi, 1874, réédition Gallimard, collection Folio Classique, page 42
2 emplois spécialisés
-
Militaire
Pièce de fortification détachée ; petit fort fermé, construit en terre ou en maçonnerie, et propre à recevoir de l’artillerie.
- On pouvait même l’entourer d’une enceinte palissadée, qui s’appuierait aux premières rampes de la falaise, et couronner le cap lui-même d’une redoute fortifiée […] Jules Verne, Le Pays des fourrures, J. Hetzel et Cⁱᵉ, Paris, 1873
- Militaire Point d'appui stratégique formant saillie, dans un ouvrage de fortification.
Formes fléchies 5
- Première personne du singulier du présent de l’indicatif de redouter.
-
Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de redouter.
- Le mécanicien redoute la machine que le voyageur admire, et les officiers étaient un peu les chauffeurs de la locomotive napoléonienne, s’ils n’en furent pas le charbon. Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1855
- Première personne du singulier du présent du subjonctif de redouter.
- Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de redouter.
- Deuxième personne du singulier de l’impératif présent de redouter.
Citation
On ne voyait que des hommes et des femmes occupés à mettre à l'abri les meubles et les troupeaux de leurs habitations, à élever des redoutes, à creuser des fossés
Origine du mot
De l’italien ridotta (« redoute »), féminin de ridotto, du latin reductus ; le français a réduit avec un sens similaire de « lieu retiré ».
Dans le dictionnaire latin : reductus
1873 — le Littré
REDOUTE s. f. (re-dou-t')
1 Ouvrage de fortification, complétement fermé et ne présentant pas d'angles rentrants (si l'ouvrage présente des angles rentrants, c'est un fort). Redoute carrée. Redoute circulaire.
- Les ennemis en étaient encore à la première redoute, dont ils n'avaient pu même gagner le fossé — PELLISSON, Lett. hist. t. II, p. 161
- On ne voyait que des hommes et des femmes occupés à mettre à l'abri les meubles et les troupeaux de leurs habitations, à élever des redoutes, à creuser des fossés — CHATEAUB., Natch. 2e partie.
2 autres citations
- Sur ce sol désolé [à la Moskowa] gisaient trente milliers de cadavres à demi dévorés ; quelques squelettes restés sur l'éboulement de l'une de ces collines dominaient tout ; il semblait que la mort eût établi là son empire ; c'était cette terrible redoute, conquête et tombeau de Caulaincourt — SÉGUR, Hist. de Nap. IX, 7
- Faites promptement fortifier la gorge de la redoute avec ces chariots — MÉRIMÉE, l'Enlèvement de la redoute.
2
- Autrefois, nom donné à deux grands bateaux joints par de grosses poutres ; les deux bateaux et l'intervalle qui les sépare forment un grand carré environné de balustres ; le pont et l'intérieur portent environ douze cents hommes ; les quatre coins sont garnis de bastions avec des canons ; cet engin sert à traverser les fleuves — PELLISSON, Lett. hist. t. I, p. 124
3 Il se dit dans quelques villes d'un endroit public où l'on danse, où l'on joue. encore relevé aujourd’hui
- Les gazetiers ont traduit le mot ridotto par redoute, qui signifie une espèce de fortification ; mais un homme qui sait la langue conservera toujours le mot d'assemblée — VOLT., Dict. philos. Langues.
- Il y a ce soir à la redoute un grand bal paré et masqué, où toute la ville doit se rendre — PICARD, Alc. de Molorido, I, 1
Historique
XVIe s.
- ....aussi tost fist une ferme et rude sortie, met en fuitte l'armée, prend toutes leurs redotes — D'AUB., Hist. II, 67
- Les Espagnols.... commencerent une grande tranchée en prenant leur ligne à un angle avec des rameaux, grandes ridoutes pour le combat — ID., ib. II, 94
Étymologie
Ital. ridotto, réduit, retraite, de ridurre, reduire ; c'est l'équivalent de notre réduit, s. m. On voit comment le mot peut signifier à la fois un ouvrage de fortification et un lieu où l'on danse.
Supplément au dictionnaire
REDOUTE. Ajoutez :
3 J. J. Rousseau a fait ce mot masculin ; c'est encore un italianisme, comme il y a en a plusieurs dans sa langue : Je n'ai vraiment joué qu'une fois en ma vie, au redoute, à Venise, Lett. à M. de Saint-Germain, 26 fév. 1776.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (profondeur)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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