route

nature
nom féminin
diction
[ʁut] · 1 syllabe
attesté
1101
usage
404 par million de mots

Sens et définitions

Nom 17

  1. Voie praticable par les voitures en dehors des agglomérations.
    • La vieille route est une fondrière que sauf le « piéton », porteur de la gazette ou de lettres, nul étranger n’emprunte plus… Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958
  2. Ensemble de ces voies.
    • La route et le rail. — Le code de la route.
  3. Le transport sur route.
    • Moins connu et peut-être plus intéressant encore : en raison du peu de frottement généré par le contact fer contre fer, le rail nécessite six fois moins d’énergie pour véhiculer un même chargement que la route. Eric Béziat, Le transport de fret par le train se réveille doucement, Le Monde. Mis en ligne le 1ᵉʳ mai 2022
  4. Grande allée percée dans un bois, dans une forêt, pour la commodité du charroi, de la chasse, de la promenade, etc.
    • Les routes de telle forêt.
  5. Direction qu’on suit ou qu’on peut suivre, par terre, par mer (cap) ou par les airs, pour aller en quelque lieu.
    • Nous suivons toujours la route qui nous avait menés à Sokhrat Ed-Djeja, il y a près d’un mois. Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 120
  6. Déplacement en vue d'une destination. → voir en route et faire route
    • Interrompre sa route.
  7. (Au singulier, précédé de l'article défini la) Action de voyager sur les routes, indépendamment de la destination.
    • Il me parlait de la route, qu'il aimait par-dessus tout, il aimait la route comme sensation, comme expérience, comme horizon unique, il voyait dans la route un achèvement plutôt qu'un moyen. Soufiane Khaloua, La Vallée des Lazhars, éd. Agullo, 2025, page 86
  8. Parcours des astres, des eaux, etc., se dirigeant d’un point vers un autre.
    • En un mot, il n'y avait pas de Zodiaque égyptien; et on le conçoit aisément, puisque les Égyptiens, peu curieux de suivre la marche des planètes, ne se préoccupaient pas de leur route oblique et avaient adopté une année réglée sur le lever des constellations équatoriales. Auguste Bouché-Leclercq, L' astrologie grecque, chap. 2 : L'astrologie chaldéenne, Paris : chez Ernest Leroux, 1899, p. 55
  9. Conduite qu’on tient pour arriver à quelque fin, les moyens qui y mènent.
  10. Plante médicinale; rue fétide.
7 emplois spécialisés
  1. Télécommunications Parcours emprunté par une voie déterminée d'un circuit.
  2. Pilotage et navigation aérienne Projection sur la surface du globe de la trajectoire d'un navire ou d'un aéronef, dont la direction en tout point est généralement exprimée en degrés à partir du Nord réel, magnétique ou de grille.
  3. Pilotage et navigation aérienne Chemin suivi ou à suivre dans une direction déterminée pour franchir, parcourir un espace.
  4. Transport aérien Projection à la surface de la terre de la trajectoire d'un aéronef, trajectoire dont l'orientation, en un point quelconque, est généralement exprimée en degrés par rapport au nord (vrai, magnétique ou grille).
  5. Navigation fluviale et maritime Direction dans laquelle progresse le navire, marche du navire.
  6. Navigation fluviale et maritime Direction du déplacement horizontal d'un mobile comptée de 0° à 360° dans le sens des aiguilles d'une montre.
  7. Réseaux routiers Voie de communication large et fréquentée, de première importance par opposition au chemin, reliant deux ou plusieurs agglomérations.

Formes fléchies 5

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif de router.
  2. Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de router.
  3. Première personne du singulier du présent du subjonctif de router.
  4. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de router.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif présent de router.

Citation

Comme on voit qu'en un bois que cent routes séparent, Les voyageurs sans guide assez souvent s'égarent
Nicolas Boileau, Sat. IV

Origine du mot

Du latin populaire rupta issu de rumpere (« briser ») : le français dit « marcher dans les brisées de quelqu’un », on dit aussi « être rompu aux affaires » dans un sens peu différent de « avoir de la route, de l’expérience ». « Déroute » est issu du sens de « route » en ancien français : « défaite », aussi dans la ligne de la rupture latine.

Dans le dictionnaire latin : rupta

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

ROUTE s. f. (rou-t')

1 Grande allée percée dans une forêt, pour la commodité du charroi, de la chasse, de la promenade (cela est le sens propre). Ouvrir des routes dans une forêt. On a percé une route dans ce bois. encore relevé aujourd’hui

  • Ces spéculatifs qui visent d'ordinaire au delà du but, qui quittent les chemins pour prendre les routes, qui s'égarent pour arriver plus tôt où ils vont — BALZ., De la cour, 3e disc.
  • Comme on voit qu'en un bois que cent routes séparent, Les voyageurs sans guide assez souvent s'égarent — BOILEAU, Sat. IV

Terme de vénerie. Une bête va à la route quand elle suit le grand chemin.

2 Voie pratiquée pour aller d'un lieu à un autre. Une route dégradée, enfoncée, mal pavée. encore relevé aujourd’hui

  • Je pris une route de traverse pour ne pas me retrouver dans les mêmes auberges où j'avais séjourné avec lord Clarendon — GENLIS, Vœux témér. t. I, p. 239, dans POUGENS
  • Â Smolensk, il [Napoléon] se trouve au nœud des routes de Pétersbourg et de Moscou, à vingt-neuf marches de l'une de ces deux capitales, et à quinze de l'autre — SÉGUR, Hist. de Nap. VI, 9

Route royale, impériale, route entreprise et exécutée aux frais de l'État, par opposition à route départementale.

  • Il faut nécessairement, lui dit [à un prince] celui qui les enseignait [les mathématiques], que votre Altesse se donne la peine d'étudier pour savoir ; car il n'y a point de route royale en mathématiques — STAËL, Allemagne, III, 6

La grande route, ou la grand' route, se dit de la route principale.

  • La grande route, afin d'éviter les marais formés par les divers affluents du Dniéper, se détournait à gauche, cherchait les hauteurs, et s'éloignait du bassin de ce fleuve — SÉGUR, Hist. de Nap. VI, 7

Fig. La grande route, les errements connus, vulgaires.

  • Tendre mère qui sus t'écarter de la grande route — J. J. ROUSS., Ém. I

Routes militaires ou stratégiques, chemins qui ont été percés pour faciliter les opérations des troupes, et aux travaux desquels on a fait concourir des corps de l'armée. Routes militaires de l'Ouest, de la Vendée.

3 Direction qu'on suit pour aller en un lieu. La route de Paris à Bordeaux. encore relevé aujourd’hui

  • Il [Alexandre] ramena son armée par une autre route que celle qu'il avait tenue — BOSSUET, Hist. III, 5
  • D'Argos, dans un moment, vous reprenez la route — RAC., Iphig. II, 5
1 autre citation
  • Ce fut dans ces circonstances que Pierre et son ambassade prirent leur route, au mois d'avril 1697, par la grande Novogorod — VOLT., Russie, I, 9

Fig.

  • Si j'approchais autant de la jeunesse que je m'en éloigne, j'attribuerais à cette agréable route la cessation de mille petites incommodités que j'avais autrefois — SÉV., 22 nov. 1688

Mettre en route, faire partir.

  • Mais une ardeur importune En route met chaque humain — BÉRANG., Ad. à des amis.

La route de tel lieu à tel autre est très bonne, très mauvaise, dangereuse, peu sûre, etc. on trouve sur cette route des commodités, des incommodités, des dangers, peu de sûreté, etc.

  • Je n'y suis pas encore [à Rome], La route en est mal sûre, à tout considérer — CORN., Nicom. IV, 4

Fig. Être sur la route de quelqu'un, lui faire obstacle.

  • Quoi que vous en disiez, vous n'êtes sur la route de personne — MAINTENON, Lett. à M. d'Aubigné, t. I, p. 166, dans POUGENS

4Terme de marine. Chemin que fait ou doit faire un navire dans une direction donnée. encore relevé aujourd’hui

  • Je suis bien aise d'apprendre.... que les vaisseaux commandés par le sieur de Beaulieu aient mis à la voile par un vent favorable pour leur route — COLBERT, à Levasseur, 3 nov. 1678, dans JAL
  • Je ferai que le pilote perdra sa route, et qu'il s'éloignera d'Ithaque où il veut aller — FÉN., Tél. IX
1 autre citation
  • On voit que c'était la route qu'avait tenue la flotte d'Alexandre — MONTESQ., Esp. XXI, 9

En route, à la route, commandement fait au timonier pour l'avertir de ne pas dévier de la route qui lui a été indiquée, ou de reprendre la route dont on s'est momentanément écarté.

Faire route, naviguer.

Faire fausse route, s'écarter à dessein de la route qu'on avait prise ou s'écarter de son droit chemin sans le vouloir.

Fig. Faire fausse route, se fourvoyer, employer des moyens contraires au but qu'on se propose.

Donner la route, prescrire à quelle aire de vent l'officier de quart doit faire gouverner.

Être en route, avoir le vent favorable.

Faire valoir la route, manœuvrer le mieux possible.

Porter à la route, se diriger exactement sur un endroit.

Chef de route, se disait, dans la marine marchande, d'un officier ayant à peu près les fonctions de chef d'escadre.

5Terme de chirurgie. Fausse route, accident qui a lieu lorsque, en sondant un malade, l'instrument s'écarte de la direction du canal de l'urèthre, et s'enfonce plus ou moins dans les parties environnantes, après avoir percé les parois uréthrales. non relevé aujourd’hui

6Terme de guerre. Chemin et logement qu'on marque aux gens de guerre en voyage. Donner une route à des troupes. Indemnité de route.

Feuille de route, ou, simplement, route, écrit déterminant le chemin que doit suivre et les logements que doit occuper une troupe ou un militaire qui voyage isolément. Une feuille de route pour trente hommes. La feuille de route tient lieu de passe-port.

Demander route, se disait d'une troupe militaire qui demandait à être renvoyée chez elle.

  • Les Suisses demandent de l'argent.... sinon, ils s'en veulent aller, et même ont demandé route qu'on leur a accordée et promise — GUI PATIN, Lett. t. II, p. 18

7Fig. Espace que parcourent les astres, les eaux, etc. La route du soleil. La route d'un fleuve. encore relevé aujourd’hui

  • Zéthès et Calaïs, ces héros emplumés, Qu'aux routes des oiseaux leur naissance a formés — CORN., Tois. d'or, IV, 4
  • La lune est dans le ciel, et le ciel est sans voiles.... Elle éclaire de loin la route des étoiles, Et leur sillage blanc dans l'océan d'azur — LAMART., Harm. I, 10

8Fig. Ce que l'on suit pour arriver à quelque résultat, comme on suit une route pour arriver au terme du voyage. encore relevé aujourd’hui

  • Je ne m'endors pas auprès de Mme de Coulanges et de l'abbé Têtu ; cette route est bien disposée et fort en notre main — SÉV., 13 nov. 1673
  • Il avait acquis, par ses lectures continuelles, des habitudes dans tous les pays et dans tous les siècles.... il connaissait toutes les routes de la vertu et de la gloire ancienne et nouvelle — FLÉCH., Duc de Mont.
9 autres citations
  • Chacun suit dans le monde une route incertaine, Selon que son erreur le joue et le promène — BOILEAU, Sat. IV
  • C'est ainsi qu'à son fils un usurier habile Trace vers la richesse une route facile — ID., ib. VIII
  • De cette passion [l'amour] la sensible peinture Est pour aller au cœur la route la plus sûre — ID., Art p. III
  • Entre ces deux excès la route est difficile — ID., ib. II
  • Ô Dieu, par quelle route inconnue aux mortels Ta sagesse conduit ses desseins éternels ! — RAC., Esth. III, 8
  • Je me tins dans la route de la nature, en attendant qu'elle me montrât celle du bonheur ; il s'est trouvé qu'elle était la même, et qu'en n'y pensant pas je l'avais suivie — J. J. ROUSS., Ém. V
  • Forcé de parcourir la route où je suis entré sans le savoir, comme j'en sortirai sans le vouloir, je l'ai jonchée d'autant de fleurs que ma gaieté me l'a permis — BEAUMARCH., Mar. de Fig. V, 3
  • À la faveur de cette méthode, l'art, élevé à la dignité de la science, marcha d'un pas plus ferme dans la route qui venait de s'ouvrir — BARTHÉL., Anach. ch. 73
  • Ne porte point envie à ceux qu'un autre vent Sur les routes du monde a conduits plus avant — LAMART., Harm. II, 12

9 À vau-de-route, voyez VAU-DE-ROUTE.

Synonyme

VOIE, CHEMIN, ROUTE. Voie est le terme général ; il se dit de tout ce qui mène en quelque lieu : il n'est pas besoin que la main de l'homme y soit intervenue. Le chemin et la route sont toujours des voies frayées par la main de l'homme. Le chemin est une voie de terre. La route, dont le sens primitif ne se fait pas sentir, se dit aussi des voies par mer et des voies célestes. En général, ces trois mots sont employés indistinctement au sens tropique.

Historique

XIIIe s.

  • Ge oi [j'eus] envie seur les felons, veanz la pais des pecheours ; par poi que ne ting leur route — Psautier, f° 86
  • J'ai ma route perdue, s' [si] en ai le cuer dolent — Berte, CX

XIVe s.

  • Lesdiz religieus avoient vendu les rouptes [bois rompu] et les lignes [bois tombé] et laies.... — Charte datée de Paris, Arch. impér. JJ 84, p. 491 (M. Sim. Luce)

XVIe s.

  • Après diverses opinions conclud de marcher contre les ennemis ; si furent mis espies par chemin, coureurs par la campaigne, charois en voye, pietons en marche, hommes d'armes en la route, et les vivres en erre — J. D'AUTON, Annales de Louis XII, p. 36, dans LACURNE
  • Il est vray que les gens de bois et de forests appellent routes ces longues allées et tranchis faits au travers des forests, comme celle que le feu roy François Ier fit faire au partir de Ville-Neufve St-George, pour tirer à Melun au travers de la forest de Senars — FAUCHET, Des origines, II, p. 104, dans LACURNE
3 autres citations
  • Ilz ne laissoient point, pour son hault crier, de fouir toujours aval de roupte — AMYOT, Rom. 28
  • Mille routes desvoyent du blanc : une y va — MONT., I, 37
  • Il n'y a route que de vieux regnards — COTGRAVE
Étymologie

Bourguig. rôte ; du bas-lat. via rupta, voie rompue, voie qu'on a faite en rompant la forêt et le terrain (voy. ROMPRE). Il ne faut pas confondre ce mot avec l'ancien route qui signifiait bande, ni avec route ou roupte qui signifiait défaite et qui vient aussi de rupta, de rumpere. Si la dérivation latine n'était pas si bien établie, on aurait été tenté d'accepter une étymologie celtique : Roto-magus, Rouen, très probablement la ville du passage, de rod, rut, roto, gué, passage, chemin ; en vieil armoricain, rid, rit, ryt ; même sens en cambrien ; rod, voie, route, en irlandais.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « route » du Wiktionnaire.

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