transport

nature
nom masculin
diction
[tʁɑ̃spɔʁ] · 2 syllabes
usage
27 par million de mots
parenté
trans

Sens et définitions

Nom 12

  1. Action de porter d’un lieu à un autre sur une certaine distance.
    • Autre secteur où la baisse séculaire des prix favorise la production et la productivité : celui des transports. Jean-Pierre Rioux, La révolution industrielle : 1780-1880, Éditions du Seuil, 1971, page 85
  2. La chose transportée, elle-même.
    • Le pain était arrivé, non sans peine et sans perte: en venant à nous de Grandpré, où se trouvait la boulangerie, plusieurs chariots étaient restés embourbés, d’autres étaient tombés dans les mains de l’ennemi ; d’ailleurs une partie du transport était immangeable. Johann Wolfgang von Goethe, Campagne de France, 1822 ; traduction française de Jacques Porchat, Paris : Hachette, 1889, page 79
  3. figuré Cession d’un droit qu’on a sur quelque chose.
    • Il m’a fait transport de ce qui lui est dû par un tel. - Faire le transport d’un billet, d’une rente.
  4. Mouvement passionné, élan qui nous met en quelque sorte hors de nous-mêmes.
    • Gasbieha se précipita dans la chambre de sa sœur de lait avec des transports de joie. Out-el-Kouloub, Zaheira, dans « Trois contes de l’Amour et de la Mort », 1940
  5. Transports en commun.
    • Aujourd’hui je suis venu en transports.
7 emplois spécialisés
  1. Justice Action d’une personne qui, par autorité de justice, se rend, se transporte sur les lieux où sont les choses sujettes à un examen, à une vérification, à une visite.
    • Transport d’un juge, d’un commissaire, d’un expert sur les lieux.
  2. Marine Bâtiment chargé de transporter des troupes, des munitions, etc.
    • Le lundi 20, le contre-torpilleur l’Audacieux et le transport Aude mouillaient devant la capitale. José Gers, Sur la mort du Pourquoi pas ?, France libre, volume 6, 1936
  3. Biologie Mouvement d'une molécule à travers une barrière, généralement la membrane cellulaire.
    • Les carnitines aident au transport des acides gras à longue chaîne du cytoplasme aux mitochondries, ce qui peut augmenter la production d'énergie dans les cellules et combattre la fatigue. F. Comhaire et A. Mahmoud, Nutrition anti-vieillissement et compléments alimentaires, chapitre II.4.14 de Traité d’andrologie à l’usage des cliniciens, ouvrage coordonné par Wolf-Bernhard Schill, Roger Mieusset et Frank H. Comhaire, traduction française s
  4. Géologie Déplacement des matériaux du lieu d'ablation jusqu'au lieu d'accumulation.
  5. Organisation militaire Unité ou sous-unité chargée d'exploiter un ou plusieurs modes de transport habituellement à roues.
  6. Emballages en métal Opération consistant à transporter les postes d'alimentation et la table de mise sous pli, puis de transporter les enveloppes pleines jusqu'à la station d'empilage.
  7. Transports par bateaux spéciaux Ce qui sert à transporter.

Citation

Tous les transports de peuples faits à Constantinople n'ont jamais réussi
Montesquieu, Lett. pers. 121

Origine du mot

Subst. verbal de transporter ; provenç. transport ; esp. transporte, trasporte ; it. trasporto. — Littré, 1873

1873 — le Littré

TRANSPORT s. m. (tran-spor ; le t ne se lie pas ; au pluriel, l's ne se lie pas ; cependant quelques-uns la lient : des tran-spor-z excessifs)

1 Action par laquelle on transporte quelque chose ou quelqu'un d'un lieu dans un autre. Transport des marchandises, de l'artillerie, de l'argent. Ce malade n'est pas en état de souffrir le transport. encore relevé aujourd’hui

  • Tous les transports de peuples faits à Constantinople n'ont jamais réussi — MONTESQ., Lett. pers. 121
  • La vertu suppose la liberté, comme le transport d'un fardeau suppose la force active — VOLT., Dict. phil. Droit canonique.
1 autre citation
  • Accablé de chagrins et de maladies, Lalli, prisonnier dans Madras, demanda vainement qu'on différât son transport en Angleterre — ID., Pol. et lég. Fragm. Inde, 17

Terme de marine. Action de porter des hommes, des marchandises, des vivres, etc. d'un lieu à un autre

2Par extension, voitures servant au transport des choses nécessaires à une armée. Un transport lourd et considérable. encore relevé aujourd’hui

En marine, un transport se dit pour : bâtiment de transport. Les transports manquaient.

3 Action d'une personne qui, par autorité de justice, se rend, se transporte sur les lieux pour procéder à une vérification, à une visite. Transport d'un expert sur les lieux. encore relevé aujourd’hui

Droit de transport, indemnité accordée aux juges, aux greffiers, aux témoins et aux officiers ministériels, en cas de déplacement

4Terme de géologie. Terrain de transport, terrain d'alluvion.

5 Action de porter le montant d'une addition du bas d'une page au commencement de la suivante. On dit plus souvent report.

6 Jouer par transport, se dit, au trictrac, lorsqu'on joue toutes les dames qui sont abattues des piles, et qu'on en fait des cases et des demi-cases. non relevé aujourd’hui

7Fig. Transport ou transport-cession, cession d'un droit qu'on a sur quelque chose. Faire le transport d'une rente. Je lui ai fait un transport de ma créance. repris par le Wiktionnaire

  • Le cessionnaire d'un titre exécutoire ne peut poursuivre l'expropriation qu'après que la signification du transport a été faite au débiteur — Code civ. art. 2214

Fig.

  • C'est un don [la justification du pécheur] que le Père a fait à son Fils, et ce Fils miséricordieux nous le cède ; il veut que nous jouissions de son droit ; nous l'avons de lui par transport — BOSSUET, Sermons, Jubilé, pénitence, I

8Fig. Mouvement violent de passion qui nous met hors de nous-mêmes. encore relevé aujourd’hui

  • J'ai pour lui des transports de haine Que je ne conserve pas bien — CORN., Héracl. v, 1
  • Je me livre en aveugle au transport qui m'entraîne — RAC., Andr. I, 1
3 autres citations
  • Perfide ! oses-tu bien te montrer devant moi ?.. Après que le transport d'un amour plein d'horreur.... — ID., Phèdre, IV, 2
  • Ces paroles lui échappèrent dans le transport de sa passion — FÉN., Tél. VII
  • Cette indifférence pour les autres, et cette attention continuelle sur lui-même ne venaient que du transport continuel où il était jeté par la violence de ses passions — ID., ib. XVI

Absolument. Tout mouvement passionné.

  • Goûtez à pleins transports ce bonheur éclatant — MOL., D. Garc. III, 4
  • On mande que le roi d'Angleterre est arrivé en Irlande, où il a été reçu avec transport — SÉV., 536
8 autres citations
  • Le soir, je reçus votre lettre, qui me remit dans les premiers transports [de chagrin] — ID., à Mme de Grignan, 6 févr. 1671
  • Vous êtes toujours en joie toujours content de vous-même ? vous ne voyez rien : les choses humaines ne portent pas ce perpétuel transport — BOSSUET, Polit. X, IV, 1
  • Sait-on ce que l'on fait dans un premier transport ? — QUIN., Mère coq. II, 6
  • Il faut désormais que mon cœur, S'il n'aime avec transport, haïsse avec fureur — RAC., Andr. I, 4
  • Conçois-tu les transports de l'heureuse Hermione ? — ID., Andr. III, 3
  • Quels aveugles transports Vous font tenter sur vous de criminels efforts ? — ID., Mithr. v, 1
  • J'ignore son dessein [de Xipharès] ; mais un soudain transport L'a déjà fait descendre et courir vers le port — ID., ib. IV, 6
  • Je critique avec sévérité, et je loue avec transport — VOLT., Lett. Cideville, 24 mai 1762

9 Enthousiasme.

  • Sentiez-vous, dites-moi, ces violents transports Qui d'un esprit divin font mouvoir les ressorts ? — BOILEAU, Sat. IX
  • D'est lui qui vous dira par quels transports heureux Quelquefois dans sa course un esprit vigoureux, Trop resserré par l'art, sort des règles prescrites — ID., Art p. IV
3 autres citations
  • Est-ce l'esprit divin qui s'empare de moi ! C'est lui-même, il m'échauffe, il m'inspire.... de ses mouvements secondez les transports — RAC., Ath. III, 7
  • [Ces esprits faciles].... Qui, dans les douceurs d'un tranquille délire, N'éprouvèrent jamais, en maniant la lyre, Ni fureurs ni transports — J. B. ROUSS., Ode au comte du Luc.
  • Puis, ivres des transports qui nous viennent surprendre [en lisant les poëtes grecs], Parmi nous, dans nos vers, revenons les répandre — A. CHÉNIER, l'Invention.

10 Transport au cerveau, ou, simplement, transport, délire, égarement de l'esprit causé par la maladie.

  • Mlle de Guise n'a rien à se reprocher que la mort de son neveu ; elle n'a jamais voulu qu'il ait été saigné ; la quantité du sang a causé le transport au cerveau — SÉV., 73
  • Souffrirai-je mille et mille douleurs, qui me feront mourir désespérée ? aurai-je un transport au cerveau ? mourrai-je d'un accident ? — ID., 126
3 autres citations
  • Ils ont [dans l'Élysée] le transport de l'ivresse, sans en avoir le trouble et l'aveuglement — FÉN., Tél. XIX.
  • Il vaudrait autant parler raison à une personne dans le transport de la fièvre, que de s'opposer à la passion d'un homme amoureux avec le langage de la sagesse — Mme DE PUISIEUX, Ridic. à la mode, p. 260, dans POUGENS
  • Une fièvre qui lui a enfin donné le transport — J. J. ROUSS., Hél. I, 27
Historique

XVIe s.

  • Simple transport [d'une obligation] ne saisit pas [le nouveau possesseur doit le signifier à l'obligé] — LOYSEL, 365
  • Qu'il se feroit transport de la matiere des poumons à la teste — PARÉ, XVIII, 68
Étymologie

Subst. verbal de transporter ; provenç. transport ; esp. transporte, trasporte ; it. trasporto.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « transport » du Wiktionnaire.

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