rhétorique

nature
nom féminin
diction
[ʁetoʁik] · 3 syllabes
usage
3 par million de mots

Sens et définitions

Nom 8

  1. Science (au sens d’étude structurée) et art (au sens de pratique reposant sur un savoir éprouvé) qui se rapporte à l’action du discours sur les esprits.
    • Avec Aristote, la rhétorique devient une technique à part entière parce qu’elle est appuyée sur une éthique qui ne place pas l’efficacité au premier rang. Philippe Breton, La parole manipulée, La Découverte / Poche, 2000, page 63
  2. vieilli Sixième année du cours classique.
  3. Titre de certains traités de rhétorique.
    • La rhétorique d’Aristote.
  4. Tout ce qu’on emploie dans le discours pour persuader quelqu’un.
    • Le fait est que chacun se réserve au profit de ce qu’il croit ses intérêts particuliers. Cela n’est pas nouveau. Était-ce bien la peine de se mettre en si grande dépense de rhétorique révolutionnaire depuis un siècle, pour aboutir à ce résultat. Georges Clemenceau, article Mon candidat, du 16 juin 1899; dans Justice militaire, 1901
  5. Affectation d’éloquence, discours vain et pompeux.
    • Ainsi la télévision publique est-elle un thème de débat, une posture obligée, une rhétorique de salon qui mériterait de figurer dans les mythologies des couches cultivées. Monique Dagnaud, L’État et les Médias: Fin de partie, Éditions Odile Jacob, 2000
3 emplois spécialisés
  1. Éducation vieilli Classe de lycée, équivalente à la première ^([DAF8]) actuelle, où on enseignait la rhétorique.
    • Si tu n’as fait ta rhétorique Chez Satan, le rusé doyen, Jette ! tu n’y comprendrais rien, Ou tu me croirais hystérique. Charles Baudelaire, Épigraphe pour un livre condamné, dans Les Fleurs du mal
  2. Éducation Classe de sixième secondaire où on enseigne la rhétorique. Équivalent de la terminale en France.
  3. Éducation Classe de lycée, équivalente à la première actuelle, où on enseignait la rhétorique.

Adjectif 1

  1. Oratoire, relatif à l’art de bien parler, relatif à la rhétorique.
    • Les traités rhétoriques.

Citation

Ceux qui ont le raisonnement le plus fort.... peuvent toujours le mieux persuader ce qu'ils proposent, encore qu'ils ne parlassent que bas-breton et qu'ils n'eussent jamais appris de rhétorique
René Descartes, Méth. I, 9

Origine du mot

De l’ancien français rhetorique, du latin rhetoricus (« oratoire »), dérivé du grec ancien ῥητορικός, rhếtorikós (« oratoire »), lui-même de ῥήτωρ, rhếtôr (« orateur ») → voir rhéteur.

De l’ancien français rhetorique, du latin rhetorica, dérivé par substantivation de l’adjectif précédent.

Dans le dictionnaire latin : rhetoricus

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1873 — le Littré

RHÉTORIQUE s. f. (ré-to-ri-k')

1 L'art de bien dire ou l'art de parler de manière à persuader ; la dialectique des vraisemblances, suivant la définition d'Aristote. encore relevé aujourd’hui

  • Il paraît bien que vous avez respiré l'air de Florence, que vous vous êtes coloré au soleil de Rome, que vous venez nouvellement du pays natal de la rhétorique — BALZ., liv. I, lett. 6
  • Ceux qui ont le raisonnement le plus fort.... peuvent toujours le mieux persuader ce qu'ils proposent, encore qu'ils ne parlassent que bas-breton et qu'ils n'eussent jamais appris de rhétorique — DESC., Méth. I, 9
3 autres citations
  • Pour orner une telle vie, je n'ai pas besoin d'emprunter les fausses couleurs de la rhétorique — BOSSUET, Bourgoing.
  • Empédocle d'Agrigente, célèbre philosophe, passe pour le premier qui ait eu quelque connaissance de la rhétorique ; Corax et Tisias, tous deux Siciliens, pour les premiers qui en aient donné des règles — ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. XI, 2e part. p. 651, dans POUGENS.
  • Ils ne savent pas faire usage de l'apostrophe, une des plus puissantes machines de la rhétorique — P. L. COUR., Lett. au Censeur, I

Figures de rhétorique, formes particulières de langage, qui donnent de la force ou de la grâce au discours.

2Terme de collége. La classe de rhétorique, ou la rhétorique, la classe où l'on enseigne la rhétorique. Faire sa rhétorique. Aller en rhétorique. Professeur de rhétorique.

  • Quand on sait ou qu'on croit savoir assez de latin, on passe en rhétorique ; c'est alors qu'on commence à produire quelque chose de soi-même — D'ALEMB., Œuv. t. X, p. 55

3 Ouvrage écrit sur la rhétorique.

  • On peut dire que la rhétorique de Quintilien, qu'il intitula Institutions oratoires, est la plus complète que l'antiquité nous ait laissée — ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. XI, 2e part. p. 727, dans POUGENS.

Titre de certains traités de rhétorique.

  • Aristote est reconnu avec raison pour le chef et le prince des rhéteurs ; sa Rhétorique, divisée en trois livres, a toujours été considérée par les savants comme un chef-d'œuvre et comme le traité le plus accompli qui ait paru sur cette matière — ID., ib. p. 652

4Fig. et familièrement. Tout ce qu'on emploie dans le discours pour persuader quelqu'un, ou pour exposer, décrire quelque chose. repris par le Wiktionnaire

  • D'abord le temple magnifique Exerça fort la rhétorique Tant des Troyens que du seigneur — SCARR., Virg. VI
  • Par ces répliques et dupliques De leurs royales rhétoriques Ils firent quelque temps essai — ID., ib. VIII
5 autres citations
  • Je vous écoute dire ; et votre rhétorique En termes assez forts à mon âme s'explique — MOL., Tart. III, 3
  • Nous épuisâmes nos rhétoriques, Revel et moi [pour persuader Mme de Chaulnes] ; M. de Chaulnes nous soutenait — SÉV., 4 sept. 1689
  • L'esprit de ce petit garçon est trop joli, toutes ses petites pensées, tous ses petits raisonnements, ses finesses, sa petite rhétorique naturelle.... — ID., 20 juill. 1689
  • Il avait tout le temps d'étaler sa rhétorique sur ce beau sujet — HAMILT., Gramm. 11
  • D'Aubanton vint un matin chez moi ; j'écoutai une flatteuse rhétorique pour me faire goûter ce que Pontchartrain m'avait proposé — SAINT-SIMON, 304, 216

5Par dénigrement. Discours vain et pompeux. encore relevé aujourd’hui

  • Vos froids raisonnements ne feront qu'attiédir Un spectateur toujours paresseux d'applaudir, Et qui, des vains efforts de votre rhétorique Justement fatigué, s'endort ou vous critique — BOILEAU, Art p. III
  • Ces lois [des Visigoths] pleines de rhétorique et vides de sens — MONTESQ., Esp. XXVIII, 1

6 Chambre de rhétorique, se dit de certaines sociétés littéraires qui se formèrent dans les Pays-Bas dès le moyen âge. non relevé aujourd’hui

Historique

XIIIe s.

  • Rectorique est une science qui nous enseigne bien pleinement et parfetement dire es choses communes et es privées — BRUN. LATINI, Trésor, p. 470

XVe s.

  • [Jean Lyon] parloit si belle rhetorique et par si grand art, que ceux qui l'oyoient estoient tous resjouis de son langage — FROISS., II, III, 53

XVIe s.

  • Ariston definit sagement la rhetorique, science à persuader le peuple ; Socrates, Platon, art de tromper et de flatter — MONT., I, 380
  • Je suis meu d'une indicible ardeur de mettre avant ma rhetorique, et estaler ma marchandise en ce lieu — Sat. Mén. Har. de M. le recteur Rose.
Étymologie

Provenç. rethorica ; espagn. retorica ; ital. rettorica ; du lat. rhetorica, qui est le grec ῥητωτινὴ, de ῥήτωρ, rhéteur.

Supplément au dictionnaire

1. RHÉTORIQUE (ré-to-ri-k'), adj. Qui appartient à la rhétorique, qui a le caractère de la rhétorique.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « rhétorique » du Wiktionnaire.

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