tartufe

nature
nom masculin
diction
[taʁtyf] · 2 syllabes
attesté
1609
usage
moins de 1 par million de mots

Sens et définitions

Adjectif 1

  1. familier Hypocrite.
    • Ceci qui était vraiment impopulaire et nous couvrait tous de ridicule, c’était, non pas l’exécution des décrets ; mais la façon molle indécise, craintive et… tartufe, disons le mot, dont ils étaient exécutés. Touchatout, Mémoires d’un préfet de police, 1885
    • Un tartufe qui ne sait rien de la chanson, bien qu’elle l’ait enrichi à foison. www.liberation.fr

Nom 1

  1. familier Faux dévot.
    • Les dames bourgeoises se moquèrent des prédications aussi imbéciles que morales de ces graves Tartufes, elles continuèrent leur chemin et arrivèrent au but qu’elles se proposaient ; […]. Paul Lafargue, La Question de la femme, 1904

Citation

Molière [qui alors allait faire des lectures de sa pièce] avec Tartufe y doit jouer son rôle
Nicolas Boileau, Sat. III

Origine du mot

Molière, qui écrit Tartuffe, a emprunté ce mot à l'italien ; Tartufo se trouve dans le Malmantile de Lippi avec le sens d'homme à esprit méchant ; le Malmantile circulait manuscrit en France avant le Tartufe (voy. Génin, Récréat. t. I, p. 292). Tartufo est la contraction de tartufolo, une truffe. — Littré, 1873

1873 — le Littré

TARTUFE s. m. (tar-tu-f')

1 Personnage d'une célèbre comédie de Molière. non relevé aujourd’hui

  • Molière [qui alors allait faire des lectures de sa pièce] avec Tartufe y doit jouer son rôle — BOILEAU, Sat. III
  • Le Tartufe, qui était une satire des dévots et surtout de la morale des jésuites, alors tout-puissants, a été joué par la protection d'un premier gentilhomme de la chambre, et est resté au théâtre pour toujours — VOLT., Lett. Richelieu, 27 sept. 1769
2 autres citations
  • Il avait pour oncle un autre abbé de Roquette, évêque d'Autun, qui, par son zèle de commande et sa dévotion politique, eut l'honneur, dit-on, de fournir à Molière l'heureux original d'après lequel il a peint le précieux tableau du Tartufe — D'ALEMB., Élog. de Roq.
  • Certainement l'ensemble du Tartufe est de main de maître.... toutefois.... je n'hésite pas à dire que, si la pièce eût été faite de mon temps, je n'en aurais pas permis la représentation — NAPOLÉON, Mémorial, éd. de 1842, t. II, p. 128

2 Faux dévot, hypocrite, coquin se servant du manteau de la religion (avec un t minuscule). [Molière] un athée et en même temps un tartufe achevé, DE ROCHEMONT, [pseudonyme], Observ. sur le Festin de Pierre, Paris 1665 [époque où les premiers actes de Tartufe avaient de la célébrité, bien que la pièce n'eût pas encore été jouée].

  • Molière a si bien peint ce caractère [de l'hypocrite] dans la personne de Tartufe, et a rendu ce caractère tellement propre à Tartufe que notre langue s'est trouvée enrichie de ce mot, et que Tartufe, nom propre, est devenu par figure un nom commun ; de sorte que l'on dit aujourd'hui d'un hypocrite et d'un faux dévot, c'est un tartufe — DUMARS., Œuv. t. III, p. 289

Tartufe de mœurs, homme vicieux qui affecte de grands principes de morale.

Remarque

Tartuf, orthographe que La Fontaine a donnée, par licence poétique, au mot tartufe.

  • C'étaient [chat et renard] deux vrais tartufs, deux archipatelins — LA FONT., Fabl. IX, 14
Étymologie

Molière, qui écrit Tartuffe, a emprunté ce mot à l'italien ; Tartufo se trouve dans le Malmantile de Lippi avec le sens d'homme à esprit méchant ; le Malmantile circulait manuscrit en France avant le Tartufe (voy. Génin, Récréat. t. I, p. 292). Tartufo est la contraction de tartufolo, une truffe.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « tartufe » du Wiktionnaire.

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