épave
- nature
- nom féminin
- diction
- [epav] · 2 syllabes
- usage
- 13 par million de mots
Sens et définitions
Nom 7
-
Objet flottant rejeté par la mer sur la terre ferme.
- Mais une épave, un reste de carcasse, le tronçon d’un mât, une hune brisée, quelques planches, cela résiste, cela surnage, cela ne peut fondre ! Jules Verne, Le Pays des fourrures, J. Hetzel et Cⁱᵉ, Paris, 1873
- Embarcation qui a sombré.
-
Véhicule rendu inutilisable suite à un accident, ou par la corrosion ou le pourrissement.
- En théorie il retape ces épaves : passage au marbre, tôlerie, mécanique, toujours réglo ; puis il revend les épaves remises à neuf, enfin, c'est ce qui apparaît au grand jour. Pierre Leterrier, Chantage tous risques, Éditions Rageot, 1992, chapitre 5
- Débris qui restent après un cataclysme.
-
figuré Personne tombée dans un état de détresse et d’impuissance physique et morale extrême.
- Et si tu avais fait ça, Myron, ai-je poursuivi, impitoyable, ma mère ne serait pas devenue une épave. Harlan Coben, À quelques secondes près, Pocket, 2012
-
figuré Ce qui subsiste d’une fortune ruinée.
- Aurélien, Dioclétien, Maxence font exception ; de ceux-là il reste des monuments et des monuments considérables, épaves de ce grand naufrage de l’empire romain. Ampère, Historique rom. à Rome, introd. p. LX.
-
vieilli Chose perdue et non réclamée dont la propriété revient à l’État.
- Les animaux à pied fourchu appartiennent au pacha dans les épaves. François René Chateaubriand, Itin. II, 36
Adjectif 1
1 emploi spécialisé
- Droit Qui est égaré et dont on ne connaît pas le propriétaire. S’utilise surtout pour les animaux d’élevage.
Citation
Les animaux à pied fourchu appartiennent au pacha dans les épaves
Origine du mot
Du bas-latin, espavus, espava du latin expavidus (« effrayé », « écarté par la peur ») (→ voir impavide)
Dans le dictionnaire latin : expavidus
1873 — le Littré
ÉPAVE adj. (é-pa-v')
1Terme de jurisprudence. Qui est égaré et dont on ne connaît point le propriétaire. Cheval épave. Biens épaves. encore relevé aujourd’hui
2 S. f. Chose perdue et non réclamée dont la propriété appartenait au seigneur haut justicier, et dont la propriété appartient aujourd'hui à l'État. encore relevé aujourd’hui
- Les animaux à pied fourchu appartiennent au pacha dans les épaves — CHATEAUB., Itin. II, 36
Épaves maritimes, les objets que la mer jette sur ses bords.
Épaves d'eau, objets trouvés dans les rivières ou sur leurs rives.
Épaves d'abeilles, essaims égarés.
Terme de droit coutumier. Épaves foncières et immobilières, héritages abandonnés, dont le propriétaire est inconnu.
Droit d'épave, droit de s'approprier les choses épaves.
Fig. Ce qui reste après perte ou ruine. Toute cette fortune est perdue ; il sera bien heureux s'il en recueille quelques épaves.
- Aurélien, Dioclétien, Maxence font exception ; de ceux-là il reste des monuments et des monuments considérables, épaves de ce grand naufrage de l'empire romain — AMPÈRE, Hist. rom. à Rome, introd. p. LX
Historique
XIIIe s.
- Les cozes trouvées et les espaves, qui n'ont point de suite.... doivent estre au segneur qui a la haute justice — BEAUMANOIR, LVIII, 3
- La coze n'est pas espave qui est porsivye de celi cui ele est — ID., LXIX, 25
XIVe s.
- Espaves sont hommes et femmes nez dehors le royaume, de si lointains lieux, que l'on ne peut en royaume avoir conoissance de leurs nativitez — DU CANGE, espavus
- Pour confisquier à lui et à son domaine comme espaves et estraners — Ordonn. des rois, t. VII, p. 544
XVe s.
- Un cerf s'en pourra bien aller [hors du pays], de l'espave et effreinte des chiens — GASTON PHEBUS, Chasse, ms. p. 218, dans LACURNE
XVIe s.
- David estoit perplex et comme espave, sinon d'autant que la promesse l'asseuroit — CALV., Instit. 686
- Comme disoit Octavian [Auguste] que il fault éviter les motz espaves, en pareille diligence que les patrons de navire evitent les rochiers de mer — RAB., Pant. II, 6
1 autre citation
- Des espaves et prises de mer, la somme de vingt et un milions de livres tournois liquides.... — FROUMENTEAU, Finances, 1er liv., p. 17
Étymologie
Bas-latin, espavus, espava ; du lat. expavidus, effrayé, écarté par la peur (parce que ce mot s'est dit d'abord des bêtes effrayées et égarées), de ex, et pavidus (accent sur pa), de pavor (voy. PEUR).
Supplément au dictionnaire
ÉPAVE. - ÉTYM. Ajoutez : La similitude de son entre épave et Pave avait suffi pour donner lieu à une pratique superstitieuse que Guy Coquille expose ainsi : Ce mot a donné occasion à auscuns chrestiens de facile creance de s'adresser par priere à saint Antoine de Padoue de l'ordre de Saint-François pour recouvrer les choses égarées, parce que en ancien langage italien on appelle Pava ce qu'aujourd'hui on appelle Padoüa, en laquelle ville repose et est grandement veneré le corps de saint Antoine dit de Padoue ou de Pade, que d'ancienneté on appelloit saint Antoine de Pave, Instr. au droit françois, p. 14, éd. 1666 de ses œuvres
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 2 de l’édition papier
Liens de sens
Synonymes
Terme générique
bien culturel maritime débris embarcation objet véhicule
Dérivés
chasseur d’épaves chasseuse d’épaves droit d’épave épave d’abeilles épave d’eau épave foncière et immobilière épave maritime
Associés
droit de varech lagan
Domaine
droit
Prononciation
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (cibles)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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