étincelle
- nature
- nom féminin
- diction
- [etɛ̃sɛl] · 3 syllabes
- usage
- 9 par million de mots
Sens et définitions
Nom 4
-
Parcelle incandescente d’un feu.
- Ainsi la bûche qui paraissait éteinte, soudain craque et délivre une provision d'étincelles. Antoine de Saint-Exupéry, Pilote de guerre, XX, 1942
-
figuré Ce qui donne de l’esprit, de l’âme, à quelque chose ou à quelqu’un.
- Si l’Homme peut prétendre à une étincelle du feu divin, c’est bien dans ce lieu [le Jardin des Plantes, à Paris] qu’il doit aller en chercher les titres. François-Xavier Garneau (1809-1866), Voyage en Angleterre et en France dans les années 1831, 1832 et 1833 (1855).
2 emplois spécialisés
-
Physique
Trait de feu qui jaillit des corps électrisés.
- Les bougies comportant deux électrodes séparées par un espacement de 0,5 à 1 mm environ ; l’étincelle jaillit entre les électrodes pour une tension de 12 000 à 40 000 V. Jean-Claude Guibet, Carburants et moteurs, tome 1, Éditions Technip, 1997, page 136
- Véhicules automobiles Décharge électrique à haute tension se produisant entre les deux électrodes de la bougie.
Formes fléchies 5
- Première personne du singulier du présent de l’indicatif de étinceler.
- Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de étinceler.
- Première personne du singulier du présent du subjonctif de étinceler.
- Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de étinceler.
- Deuxième personne du singulier de l’impératif de étinceler.
Citation
Comme un feu mal éteint qui sort de temps en temps de dessous la cendre et qui repousse de vives étincelles
Origine du mot
Du latin scintilla avec apparition de la prosthèse \e\ au XIᵉ siècle : estencele. La chute du \s\ en français est le fait des dialectes picards et du nord-est de la France et s’est généralisée.
Dans le dictionnaire latin : scintilla
1873 — le Littré
ÉTINCELLE s. f. (é-tin-sè-l')
1 Parcelle en ignition et lumineuse qui se détache d'un corps qui brûle ou d'un corps qu'on a choqué. Faire jaillir une étincelle, des étincelles. encore relevé aujourd’hui
- Comme un feu mal éteint qui sort de temps en temps de dessous la cendre et qui repousse de vives étincelles — FÉN., Tél. VII
- Comme une vieille forêt qu'une étincelle de feu a embrasée — ID., ib. XVI
Fig. L'étincelle divine qui anime l'homme, l'âme, l'intelligence.
2Fig. Ce qui est comparé à une étincelle qui met le feu.
- Et des embrasements d'une guerre immortelle Étouffer sous vos pieds la première étincelle — VOLT., Fanat. I, 1
- Cet amour, dites-vous, qui vous toucha pour elle Fut d'un feu passager la légère étincelle — ID., Orphel. III, 4
1 autre citation
- La querelle des sacrements refusés aux jansénistes a été la première étincelle de l'embrasement — D'ALEMB., Destruction des jés. Œuvres, t. v, p. 73, dans POUGENS.
3 Ce qui est comparé à une étincelle qui jette une courte et vive lumière.
- C'était un grand butin, s'il fût resté aux vaincus une étincelle de courage — VAUGEL., Q. C. IX, 10, dans RICHELET
- Le cardinal Richelieu avait de la naissance ; sa jeunesse jeta des étincelles de son mérite — RETZ, II, 94
8 autres citations
- Avant que d'avoir la moindre étincelle de l'amour de Dieu — BOSSUET, Var. 3
- Il faudrait que j'eusse quelque étincelle de ce zèle de saint Bernard — ID., Bernard, 1
- Dieu avait répandu quelques étincelles de cette lumière dans les Écritures — ID., Hist. II, 26
- Ces étincelles de poésies parurent principalement dans les deux extrémités du royaume, en Provence et en Picardie — FONTEN., Hist. Théât. fr. Œuvres, t. v, p. 11, dans POUGENS.
- Deux ou trois étincelles de raison ne pouvaient pas éclairer le monde au milieu des torches ardentes et des bûchers que le fanatisme alluma pendant tant d'années — VOLT., Voyage de la raison.
- Vous ranimez en moi ces vives étincelles Des vertus dont brillaient vos âmes immortelles — ID., M. de Cés. II, 2
- J'avais de quelque espoir une faible étincelle — ID., Mérope, II, 2
- Ce n'est pas qu'il n'y ait des étincelles de génie dans Calderon — ID., Lett. Cideville, 24 mai 1762
4Terme de physique. Étincelle électrique, trait de lumière et de feu qui part soudain d'un corps électrisé, quand un autre s'en approche. encore relevé aujourd’hui
Historique
XIIe s.
- Son douz regart, qui vient d'une estencelle Mon cuer en moi ferir — Couci, XVIII
- E li parent vienent à mei et demandent mun fiz, qu'il l'ocient pur sun frere qu'il ad mort ; e volent esteindre la stencele qui remese m'est, que remembrance ne seit de mun marid — Rois, p. 168
1 autre citation
- Toute ma terre iert mise en estencele [sera brûlée] — Raoul de C. 41
XIIIe s.
- El limon ot assez de belles Florettes d'or et estincelles [paillettes] — Athis, dans DU CANGE, scintilla
XVIe s.
- Ces œuvres-là il reputa fient [fumier], Qui luy sembloyent auparavant si belles, Mais ce n'estoient que vaines estincelles — MAROT, I, 78
- Petite estincelle luit en tenebres — GÉNIN, Récréat. t. II, p. 247
1 autre citation
- Quant meurt l'estincelle, elle luit tant plus clere — ID., ib. p. 248
Étymologie
Provenç. scintilla, cintilla ; espagn. centella ; ital. scintilla ; du latin scintilla. Le français estincelle est, par métathèse, pour escintele. Le XVIe siècle reprenait parfois la forme latine et disait scintille.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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