étuve

nature
nom féminin
diction
[etyv] · 2 syllabes
usage
4 par million de mots

Sens et définitions

Nom 16

  1. Lieu où l’on élève à volonté la température pour provoquer la transpiration.
    • Pour lui éviter de poser le pied à terre ou de sautiller à l’aide d’une béquille, il la porte chaque jour à l’étuve qui possède son baquet de bois lisse pour le bain et son seau de toilette que vident les servantes. Marguerite Yourcenar, Quoi ? L'Éternité, 1988
  2. Lieu très chaud.
    • La chaleur de leur sang et de leur haleine, jointe à la vapeur de cette légère flamme, suffit pour changer leurs cafés en étuves. Abbé Raynal, Historique phil. XVII, 6
  3. Lieu dont on élève artificiellement la température pour y faire dessécher différentes substances.
    • Quand l’orge est bien germée, on la porte dans une étuve à courant d’air chaud, appelée touraille ; la chaleur arrête immédiatement la germination. Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 139
  4. Espace clos conçu pour être maintenu à une température constante.
    • Placer une culture de bactéries à l'étuve.
  5. vieilli Tablettes sur lesquelles le confiseur fait sécher les fruits qu'il a préparés.
  6. vieilli Endroit pour faire sécher les chapeaux.
  7. vieilli Cabinet clos pour connaître l’influence de la température sur les horloges.
  8. Lieu où l’on met à étuver le sucre en pains.
  9. Lieu échauffé dans lequel sont des tonneaux à moitié pleins de vin destinés à aigrir pour faire le vinaigre.
7 emplois spécialisés
  1. Médecine Type de four où l’on enferme des objets pour les désinfecter.
  2. Marine Étuve de corderie, lieu rempli de fourneaux et de chaudières, pour y goudronner les cordages.
  3. Histoire Au Moyen-Âge, bain public.
  4. Recherche scientifique Appareil clos dans lequel on entretient une température constante et qui sert soit à la culture des microbes dans les laboratoires, soit à la production de phénomènes physiques (dessiccation, déshydratation, séchage) ou de réactions chimiques nécessitant une température fixe.
  5. Fonderie Four de formes et systèmes de chauffage variés, utilisé dans diverses industries pour le séchage, le nettoyage des matières.
  6. Conservation des aliments et conserverie Enceinte où l'on maintient une température déterminée, en général supérieure à celle du milieu ambiant, utilisée pour le séchage des pruneaux, le confisage des fruits, etc.
  7. Fabrication des pneumatiques Chambre pressurisée utilisée pour le rechapage RCX (bande pré-cuite) et qui peut contenir une vingtaine de pneus à la fois.

Formes fléchies 5

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif de étuver.
  2. Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de étuver.
  3. Première personne du singulier du présent du subjonctif de étuver.
  4. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de étuver.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de étuver.

Citation

La chaleur de leur sang et de leur haleine, jointe à la vapeur de cette légère flamme, suffit pour changer leurs cafés en étuves
Guillaume-Thomas Raynal, Hist. phil. XVII, 6

Origine du mot

Du latin populaire *extūpa, déverbal de *extūpare, composé du préfixe ex- et du verbe *tūpare, mot qu'on relie au grec ancien τύφω, týphō (« fumer ») → voir typhus.

Dans le dictionnaire latin : extūpa

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

ÉTUVE s. f. (é-tu-v')

1 Lieu où l'on élève à volonté la température pour provoquer la transpiration. Étuve sèche. Étuve humide ou bain de vapeur. repris par le Wiktionnaire

Étuve naturelle, caverne dans un endroit volcanique.

Par exagération. Cette chambre est une étuve, se dit d'une chambre bien close qui est très chaude en hiver, ou d'une chambre où l'on a trop chaud.

  • La chaleur de leur sang et de leur haleine, jointe à la vapeur de cette légère flamme, suffit pour changer leurs cafés en étuves — RAYNAL, Hist. phil. XVII, 6

2 Lieu dont on élève artificiellement la température pour y faire dessécher différentes substances. Faire sécher des raisins dans une étuve. repris par le Wiktionnaire

  • Il imagina et fit exécuter une étuve qui, donnant une chaleur graduée et égale dans toute son étendue, réunissait à la certitude entière du succès [la conservation des grains] une économie suffisante dans la dépense — CONDORCET, Duhamel.

Tablettes sur lesquelles le confiseur fait sécher les fruits qu'il a préparés.

Endroit pour faire sécher les chapeaux.

Cabinet clos pour connaître l'influence de la température sur les horloges.

Lieu où l'on met étuver le sucre en pains.

Lieu échauffé dans lequel sont des tonneaux à moitié pleins de vin destinés à aigrir pour faire le vinaigre.

3Terme de marine. Étuve de corderie, lieu rempli de fourneaux et de chaudières, pour y goudronner les cordages. repris par le Wiktionnaire

Étuve à bordage, cylindre dans lequel des bordages sont soumis à l'action de la vapeur d'eau.

Historique

XIIIe s.

  • Puis revont entr'eus as estuves, Et se baignent ensemble es cuves — la Rose, 10133
  • Que nuls ne nule du dit mestier ne soutiengne, en leurs mesons ou estuves, bordiaus de jour ne de nuit — Liv. des mét. 189

XVIe s.

  • Les estuves sont seiches ou humides — PARÉ, XXV, 43
Étymologie

Wallon, sitoûf, s. f. ; provenç. estuba, stuva ; espagn. estufa ; ital. stufa ; bas-lat. stuba dans la loi des Allemands ; du germanique : anc. h. allem. stupa ; moyen h. allem. stobe ; allem. Stube ; anc. scand. stofa ; angl. stove.

Supplément au dictionnaire

ÉTUVE. - ÉTYM. Ajoutez : L'origine germanique de ce mot est généralement admise ; il remonte au bas-lat. stufa qui est dans la loi des Allemands. Mais M. Bugge (Romania, juill.-oct. 1875, p. 345) la conteste, disant que stufa, stuba n'a en germanique aucune racine. À la vérité, Grimm, Deutsche gramm. I, 465, a identifié stufa avec le norrois sto, place, station, anglo-sax. stôw ; mais cela est impossible au point de vue de la phonétique. Selon M. Bugge, estuver provient d'un latin vulgaire extufare, dont le primitif est le grec τῦφος, vapeur. De la sorte c'est du roman que estuver, estuve auraient passé dans le germanique. J'ajoute que, s'il en est ainsi, estuver est le même mot qu'étouffer (voy. ce mot à l'étymologie), et que le radical tupare existe dans le substantif français touffeur, exhalaison (voy. ce mot).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « étuve » du Wiktionnaire.

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