avouer
- nature
- ver
- diction
- [avwe] · 2 syllabes
- usage
- 52 par million de mots
Sens et définitions
Verbe 7
-
Confesser et reconnaître qu’une chose est ou n’est pas, témoigner de la vérité.
- — A-t-il avoué que cette femme était sa maîtresse ? — L’aveu eût été superflu. Il n'a pas nié, d'ailleurs, […]. Fortuné du Boisgobey, Double-Blanc, Paris : chez Plon & Nourrit, 1889, p. 229
-
Approuver ; ratifier ; admettre.
- On le dit auteur de plusieurs productions que n’avouent ni le goût, ni les mœurs et entre autres du roman souvent réimprimé de Félicia ou mes Fredaines. Biographie nouvelle des contemporains ou Dictionnaire historique et raisonné de tous les hommes qui, depuis la Révolution française, ont acquis de la célébrité ..., par MM. A. V. Arnault, A. Jay, E. Jouy, J. Norvins, etc. , vol. 1, Paris : à la Librairie
-
Approuver ce qu’une personne a jugé à propos de faire d’après l’autorisation qu’on lui en a donnée.
- Je l’avouerai de tout ce qu’il fera, en tout ce qu’il fera.
-
Se reconnaître l’auteur, le géniteur.
- Avouer un écrit, un ouvrage.
-
Être voué à.
- Ainsi Le Chesne-Populeux (Ardennes) et La Chapelle-Gauthier (Eure) qui vénèrent au premier chef saint Martin dans un cas et Notre-Dame dans l'autre, avouent saint Jacques pour patron. Léon Pressouyre, Pèlerinages et croisades, France Comité des Travaux Historiques et Scientifiques, 1995, page 89
-
Se confesser ; en demeurer d’accord.
- Il hocha la tête, soupirant, s’avouant très bas, que peut-être il eût préféré que Jeanne noçât sans rien lui dire, plutôt que de l’abandonner brutalement ainsi. Joris-Karl Huysmans, En ménage, Paris : chez Charpentier, 1881 ; édition critique de Gilles Bonnet, Librairie Droz, 2005, p. 254
-
familier Reconnaître comme vrai.
- — Tout de même, qu’est-ce que nous sommes depuis deux ans ? De pauvres malheureux incroyables, mais aussi des sauvages, des brutes, des bandits, des salauds. — Pire que ça ! mâcha celui qui ne savait employer que cette expression. — Oui, je l’avoue ! Henri Barbusse, Le feu : journal d'une escouade, Flammarion, 1916, p. 363.
Conjugaison
Indicatif
Présent
- j'avoue
- tu avoues
- il avoue
- nous avouons
- vous avouez
- ils avouent
Imparfait
- j'avouais
- tu avouais
- il avouait
- nous avouions
- vous avouiez
- ils avouaient
Passé simple
- j'avouai
- tu avouas
- il avoua
- nous avouâmes
- vous avouâtes
- ils avouèrent
Futur simple
- j'avouerai
- tu avoueras
- il avouera
- nous avouerons
- vous avouerez
- ils avoueront
Passé composé
- j'ai avoué
- tu as avoué
- il a avoué
- nous avons avoué
- vous avez avoué
- ils ont avoué
Plus-que-parfait
- j'avais avoué
- tu avais avoué
- il avait avoué
- nous avions avoué
- vous aviez avoué
- ils avaient avoué
Passé antérieur
- j'eus avoué
- tu eus avoué
- il eut avoué
- nous eûmes avoué
- vous eûtes avoué
- ils eurent avoué
Futur antérieur
- j'aurai avoué
- tu auras avoué
- il aura avoué
- nous aurons avoué
- vous aurez avoué
- ils auront avoué
Subjonctif
Présent
- j'avoue
- tu avoues
- il avoue
- nous avouions
- vous avouiez
- ils avouent
Imparfait
- j'avouasse
- tu avouasses
- il avouât
- nous avouassions
- vous avouassiez
- ils avouassent
Passé
- j'aie avoué
- tu aies avoué
- il ait avoué
- nous ayons avoué
- vous ayez avoué
- ils aient avoué
Plus-que-parfait
- j'eusse avoué
- tu eusses avoué
- il eût avoué
- nous eussions avoué
- vous eussiez avoué
- ils eussent avoué
Conditionnel
Présent
- j'avouerais
- tu avouerais
- il avouerait
- nous avouerions
- vous avoueriez
- ils avoueraient
Passé
- j'aurais avoué
- tu aurais avoué
- il aurait avoué
- nous aurions avoué
- vous auriez avoué
- ils auraient avoué
Impératif
Présent
- avoue
- avouons
- avouez
Passé
- aie avoué
- ayons avoué
- ayez avoué
Formes impersonnelles
- Infinitif présent
- avouer
- Participe présent
- avouant
- Participe passé
- avoué
Citation
Parle, écris, je t'avouerai de tout, pourvu que tu m'aides à sortir de cette botte [l'Italie]
Origine du mot
Du latin advocare (« appeler à soi ») qui a pris le sens de « avoir recours à quelqu’un comme avocat, comme défenseur ».
Dans le dictionnaire latin : advocare
1873 — le Littré
AVOUER v. a. (a-vou-é. Dans j'avouerai et temps analogues l'e ne se prononce pas et ne compte pas dans les vers ; mais l'ancienne langue le prononçait, et avouerai était de quatre syllabes)
1 Dans le langage de la féodalité, faire vœu à un supérieur, le reconnaître pour seigneur ou protecteur.
2Par extension, et dans le langage actuel, avouer une personne, approuver ce qu'elle a fait en notre nom. encore relevé aujourd’hui
- Parle, écris, je t'avouerai de tout, pourvu que tu m'aides à sortir de cette botte [l'Italie] — P. L. COUR., Lett. I, 164
- Je t'avouerai de tout — RAC., Phèd. III, 1
4 autres citations
- Et sans doute son cœur vous en avouera bien — CORN., D. San. IV, 2
- Alors, sans consulter si Phébus l'en avoue — BOILEAU, Disc. au roi.
- Quels doctes vers me feront avouer Digne de te louer ? — MALH., III, 4
- Et si ta faveur tutélaire Fait signe de les avouer [les Muses], Jamais ne partit de leur veilles Rien qui se compare.... — MALH., III, 2
Approuver, ratifier, en parlant des choses. Des moyens que l'honneur avoue.
- Les dieux n'avoueront point un combat plein de crimes — CORN., Hor. III, 2
- Me voyant froidement ses œuvres avouer, Il les serre — RÉGNIER, Sat. VIII
3 Reconnaître qu'une chose est ou n'est pas. Avouer sa faute. Il avoua ses méfaits. Vous avouerez que votre conduite a été blâmable. encore relevé aujourd’hui
- Ceux qui sont instruits des affaires étant obligés d'avouer que le roi n'avait point donné d'ouverture ni de prétexte aux excès sacriléges.... — BOSSUET, Reine d'Anglet.
- J'avouerai les rumeurs les plus injurieuses — RAC., Brit. IV
4 Reconnaître comme sien. Avouer un enfant. Il n'ose avouer un parent pauvre. Il n'avoua jamais ce pamphlet.
- Une lettre que l'on m'a assuré que vous aviez avouée — BOSSUET, Lett. 181
- Mon père ne peut plus l'avouer pour sa fille — CORN., Hor. IV, 6
1 autre citation
- Rome ne voudra point l'avouer pour Romaine — RAC., Bérén. IV, 4
Avouer une dette, la reconnaître.
Fig.
- Ma foi, madame, avouons la dette [ne dissimulons pas], vous voudriez qu'il fût à vous — MOL., Princ. d'Él. IV, 6
5 S'avouer, v. réfl. S'avouer de quelqu'un, le prendre à garant. Il s'est avoué d'un banquier de cette ville. encore relevé aujourd’hui
Se reconnaître. S'avouer coupable. S'avouer vaincu.
6 S'avouer, être confessé, en parlant d'une chose. Cela ne s'avoue pas. encore relevé aujourd’hui
Historique
XIIIe s.
- Ha ! sire Diex, fait ele, mon cuer à vous [j'] avo — Berte, XXXII
- Com celle qui du tout à vous servir m'avo — ib.
2 autres citations
- Car nus ne puet Dieu trop loer, Ne trop por seignor avoer, Trop criendre, ne trop obeir — la Rose, 7078
- Et doit mander que cil qui en est porsivis en avoue tel garant quiconque — BEAUMANOIR, XXXIV, 44
XVIe s.
- Je advoue Dieu, sil ne la faisoyt bon veoir — RAB., Garg. I, 8
- En bonne foi, dit Emarsintte, j'avoue cette dame du tour qu'elle a fait — MARG., Nouv. LVIII
11 autres citations
- Entre tous les philosophes qui ont advoué des dieux — MONT., I, 47
- Lachès se radvisant advoue cet usage aux Scythes [reconnaît qu'ils ont cet usage] — ID., I, 48
- La vertu n'advoue rien que ce qui se faict par elle et pour elle — ID., I, 263
- Ils souffroient tout, avant que d'advouer estre vaincus — ID., I, 307
- C'estoit heresie d'advouer des antipodes — ID., II, 332
- Il faut que vous avouez que la possession de ces seuls biens est suffisante pour vous faire benir le donateur — LANOUE, 155
- Le vassal est tenu avouer [reconnaître] ou desavouer son seigneur, sinon qu'il y eust contention de tenure entre deux seigneurs — LOYSEL, 645
- Non seulement il sauva Phoebidas, ains feit que la ville de Sparte prit sur elle et advoua la forfaitture qu'il avoit commise — AMYOT, Agésil. 39
- Leotychides sçut si bien faire que Agis, en presence des tesmoings, declara qu'il l'advouoit pour son filz — ID., ib. 3
- Ceste proposition ayant esté leue publiquement, le peuple l'advoua et authorisa de merveilleuse affection — ID., Pomp. 39
- .... Qui, auparavant sa mort, endura des gehennes inventées pour lui faire advouer le purgatoire — D'AUB., Hist. I, 73
Étymologie
À et vouer ; provenç. avoar.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
- Morphalou 3.1 — ATILF (CNRS / Université de Lorraine) LGPL-LR
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