secouer
- nature
- ver
- diction
- [səkwe] · 2 syllabes
- usage
- 19 par million de mots
Sens et définitions
Verbe 8
-
Remuer quelque chose fortement et à plusieurs reprises.
- Il empoigna Bert par l’épaule, et le secoua vigoureusement, accompagnant ses gourmades d’objurgations irritées et le repoussant avec violence en arrière. H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 349 de l’édition de 1921
-
Se défaire de quelque chose par un mouvement violent.
- Ce taureau a secoué le joug.
-
figuré S’affranchir de ce qui pèse ; se débarrasser de.
- Pour qu’on réponde à nos questions, il faut que l’indifférence asiatique soit tout d’abord un peu secouée par de chaudes recommandations officielles. Étienne Lunet de Lajonquière (1861-1933), Le Siam et les Siamois, 1906
-
familier Causer une commotion physique ou morale.
- On le sait : les hausses de prix des matières premières secouent le BTP, entre pénuries dues à la reprise au sortir de la pandémie et la guerre en Ukraine. Vriginie Kroun, « Index BT/TP et ICPC : mode d’emploi », Batiweb, 31 août 2022 ; page consultée le 5 décembre 2022
-
figuré Réprimander.
- Allez magnez-vous ! Magnez-vous ! Nous secouait Michelle. Faites gaffe, le gros Schneider peut se pointer à chaque instant… Mina Benmimoun, Miniss, L’Harmattan, 2009, page 23
-
familier Posséder charnellement.
- On n’a pas vu Stéphane cet après-midi, comme prévu. Bah, il a dû encore en secouer une dans les prés...
-
Se remuer fortement pour faire tomber quelque chose qui incommode.
- Il se secoue furieusement comme un taureau piqué de banderilles. Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 243
-
familier Sortir de l’inaction, ne pas s’abandonner au découragement, faire effort.
- Il faut vous secouer et ne pas rester au lit à groumer.
Conjugaison
Indicatif
Présent
- je secoue
- tu secoues
- il secoue
- nous secouons
- vous secouez
- ils secouent
Imparfait
- je secouais
- tu secouais
- il secouait
- nous secouions
- vous secouiez
- ils secouaient
Passé simple
- je secouai
- tu secouas
- il secoua
- nous secouâmes
- vous secouâtes
- ils secouèrent
Futur simple
- je secouerai
- tu secoueras
- il secouera
- nous secouerons
- vous secouerez
- ils secoueront
Passé composé
- j'ai secoué
- tu as secoué
- il a secoué
- nous avons secoué
- vous avez secoué
- ils ont secoué
Plus-que-parfait
- j'avais secoué
- tu avais secoué
- il avait secoué
- nous avions secoué
- vous aviez secoué
- ils avaient secoué
Passé antérieur
- j'eus secoué
- tu eus secoué
- il eut secoué
- nous eûmes secoué
- vous eûtes secoué
- ils eurent secoué
Futur antérieur
- j'aurai secoué
- tu auras secoué
- il aura secoué
- nous aurons secoué
- vous aurez secoué
- ils auront secoué
Subjonctif
Présent
- je secoue
- tu secoues
- il secoue
- nous secouions
- vous secouiez
- ils secouent
Imparfait
- je secouasse
- tu secouasses
- il secouât
- nous secouassions
- vous secouassiez
- ils secouassent
Passé
- j'aie secoué
- tu aies secoué
- il ait secoué
- nous ayons secoué
- vous ayez secoué
- ils aient secoué
Plus-que-parfait
- j'eusse secoué
- tu eusses secoué
- il eût secoué
- nous eussions secoué
- vous eussiez secoué
- ils eussent secoué
Conditionnel
Présent
- je secouerais
- tu secouerais
- il secouerait
- nous secouerions
- vous secoueriez
- ils secoueraient
Passé
- j'aurais secoué
- tu aurais secoué
- il aurait secoué
- nous aurions secoué
- vous auriez secoué
- ils auraient secoué
Impératif
Présent
- secoue
- secouons
- secouez
Passé
- aie secoué
- ayons secoué
- ayez secoué
Formes impersonnelles
- Infinitif présent
- secouer
- Participe présent
- secouant
- Participe passé
- secoué
Citation
La maladie se joue de nos corps : là elle étend, là elle retire, là elle relâche, là elle engourdit ; là elle cloue un corps perclus et immobile, là elle le secoue tout entier par des tremblements
Origine du mot
Ancien français secourre, du latin sŭccŭtĕre, forme refaite en français préclassique (Rabelais, 1532).
Dans le dictionnaire latin : sŭccŭtĕre
1873 — le Littré
SECOUER v. a. (se-kou-é)
, je secouais, nous secouions, vous secouiez ; que je secoue, que nous secouions, que vous secouiez
1 Remuer fortement et à plusieurs reprises. Secouer une porte. Son cheval l'a un peu secoué. Le vent secoue les arbres. Secouer un tapis, une robe. encore relevé aujourd’hui
- La maladie se joue de nos corps : là elle étend, là elle retire, là elle relâche, là elle engourdit ; là elle cloue un corps perclus et immobile, là elle le secoue tout entier par des tremblements — BOSSUET, Sermons, Résur. dern. 2
- L'Amour, qui vit changer son triomphe en une honteuse défaite, s'éleva au milieu des airs en secouant ses ailes — FÉN., Tél. VII
1 autre citation
- Minerve-Papillon, le hibou à qui vous avez fait l'honneur d'écrire a été enchanté de votre souvenir ; il en a secoué ses vieilles ailes de joie — VOLT., Lett. à Mme de Saint-Julien, 3 mars 1769
Fig.
- Ouvrons, comme lui [le Romain], les portes de nos temples [pour une déclaration de guerre] ; qu'un ambassadeur se transporte sur la frontière ennemie, et qu'il y secoue la guerre du pan de sa robe, au son de la trompette du héraut qui l'accompagnera — RAYNAL, Hist. phil. X, 14
Absolument. Cette voiture secoue beaucoup.
Il ne l'a guère tenu, mais il l'a bien secoué, se dit de ceux qui maltraitent quelqu'un.
2 Secouer la tête, faire un mouvement de tête par refus, par improbation, par doute. encore relevé aujourd’hui
- [L'âne] Content de ses chardons, et secouant la tête : Ma foi, non plus que nous, l'homme n'est qu'une bête — BOILEAU, Sat. VIII
- Son billet que je lus, en secouant la tête, à l'endroit où il me recommandait le silence — MARIV., Marianne, 6e part.
1 autre citation
- À ce discours, tous les philosophes secouèrent la tête — VOLT., Micr. 7
Fig. Secouer les oreilles, ne tenir compte de quelque chose, s'en moquer.
Se dit aussi d'un homme qui ne veut point accorder ce qu'on lui demande. À cette proposition il secoua l'oreille, les oreilles.
Fig. et familièrement. Il ne fait qu'en secouer les oreilles, se dit d'un homme qui, éprouvant quelque accident fâcheux ou recevant quelque affront, témoigne n'y être pas sensible.
Fig. Il n'y a qu'à secouer un peu l'oreille et cela est passé, se dit en parlant d'une petite peine qu'on oublie bientôt.
3 Secouer la poussière, faire tomber la poussière de dessus quelque chose. Secouer la poussière d'un habit. encore relevé aujourd’hui
- [Le hibou] De ses ailes dans l'air secouant la poussière — BOILEAU, Lutr. III
- Oui, je secouerai la poussière Qui ternit ses nobles couleurs [du drapeau tricolore] — BÉRANG., Drapeau.
Secouer la poussière de ses souliers, ôter la poussière qui les couvre, et fig. s'en aller avec indignation, douleur, affliction.
- Secouez, en sortant de cette maison ou de cette ville, la poussière de vos pieds — SACI, Bible, Evang. St Matthieu X, 14
- Eloignez-vous de celles-ci [les sœurs qui ne sont pas suffisamment fidèles à leurs obligations] ; secouez même contre elles la poussière de vos pieds, comme parle l'Évangile — BOSSUET, Lett. Corn. 149
1 autre citation
- Comme lui [le voyageur], de nos pieds secouons la poussière ; L'homme par ce chemin [la vie] ne repasse jamais — LAMART., Médit. VI
4 Se défaire, s'affranchir de quelque chose par un mouvement violent. Ce taureau a secoué le joug. encore relevé aujourd’hui
Fig. Secouer le joug, s'affranchir violemment d'une autorité qui pèse.
- Ils [les Machabées] secouèrent le joug des rois de Syrie, qui les persécutaient pour leur religion — BOSSUET, 5e avert. 24
- Quand on veut secouer le joug de l'autorité divine, et ne régler ses sentiments, non plus que ses mœurs, que par sa raison égarée — ID., Hist. II, 13
1 autre citation
- Personne n'ignore comme, au seizième siècle, la moitié de l'Europe, lassée des crimes d'Alexandre VI, de l'ambition de Jules II, des extorsions de Léon X.... secoua enfin le joug appesanti depuis longtemps — VOLT., Fragm. sur l'hist. XX
On dit de même : secouer les chaînes.
- Il se fait une très grande révolution dans les esprits en Italie et en Espagne ; le Nord entier secoue les chaînes du fanatisme — VOLT., Lett. Le Riche, 1er mars 1768
Secouer le joug des passions, les refréner, les dompter.
Il se dit aussi de tout ce qui est regardé comme pesant, gênant, et qu'on écarte.
- Le moine secoua le cilice et la haire — BOILEAU, Lutr. VI
- Mon cœur, enivré d'une folle passion, secouait presque toute pudeur — FÉN., Tél. IV
2 autres citations
- Tandis qu'il se croit plus libre en secouant l'obéissance qu'il doit à Dieu seul ... il multiplie ses maîtres — MASS., Carême, Lazare.
- Je vous aime tendrement, surtout quand vous secouez avec moi votre paresse — VOLT., Lett. Thibouville, 26 nov. 1777
Il signifie aussi écarter par un effort de l'âme.
- Secouons, s'il se peut, de mon âme l'impression que cet enfant y a faite — DIDER., Père de famille, II, 5
- Le poëte.... cherche.... S'il pourra de sa tête apaiser les orages, Et secouer le dieu qui fatigue son sein — A. CHÉNIER, l'Invention, V. 345
5Fig. Donner une commotion morale. encore relevé aujourd’hui
- Mes événements sont incroyables ; vous en savez une partie, et assurément vous avez cru qu'il ne pouvait plus m'arriver rien qui secouât davantage mon âme — GALIANI, Lett. à Mme d'Épinay, 25 juill. 1778
6Fig. et familièrement. Réprimander, gronder. Son père l'a secoué d'importance.
- Il [le jeune Grignan] n'est que trop sage et trop posé ; il faut le secouer par des plaintes injustes — SÉV., 9 juin 1680
Populairement. Secouer les puces à quelqu'un, le battre.
7 Il se dit des maladies qui remuent tout le corps et tourmentent beaucoup. Cette maladie l'a bien secoué.
Être bien secoué, passer par une maladie qui tourmente beaucoup.
- Si mon état continue, adieu les tragédies ; j'ai été vivement secoué, et j'ai la mine d'aller trouver Sophocle, avant de faire comme lui des tragédies à quatre-vingts ans — VOLT., Lett. d'Argental, 22 oct. 1766
8 Se secouer, v. réfl. Se remuer fortement pour faire tomber quelque chose qui incommode. repris par le Wiktionnaire
Fig. et familièrement. Il faut se secouer, il faut prendre de l'exercice, se donner du mouvement.
- Amusez-vous, secouez-vous, occupez-vous — VOLT., Lett. d'Argental, 30 déc. 1774
Il faut se secouer, signifie aussi : il faut agir dans cette affaire, il ne faut pas rester oisif.
9Familièrement. Se secouer, ne pas se laisser aller à son malaise, ne pas s'écouter. encore relevé aujourd’hui
Historique
XIVe s.
- En eux ainsi sequeuant et joant cortoisement — DU CANGE, succusatio.
XVe s.
- Il fut percé au bras tant que la lance se tint dedans son bracelet ; mais il la secout [secoua] tantost sur le sablon — MONSTREL., t. II, p. 110, dans LACURNE
- Lors commencerent à secourre la neige et le gresil jus de leurs haulbertz — Perceforest, t. IV, f° 33
1 autre citation
- Quant l'esperit veit ce, il print à secourre l'arbre comme pour le hocher jus ; et lors fust le chevalier tumbé sur la roche, s'il ne se fust tenu à une branche — ib. f° 127
XVIe s.
- De mauvais garsons... lesquels ne cessoient faire mille insolences... si que, ung soir, les compaignons de la ville les rencontrarent qui leur secouirent bien leur pellisson — BONIVARD, Chr. de Genève, II, 32
- Pour eux tombe en abondance Le glan des chesnes secous — RONS., 921
4 autres citations
- Adonc commencerent les bœufs à se debattre, et à secouer leurs testes, et, en ce faisant, se couvrirent de feu les uns les autres de plus en plus — AMYOT, Fab. 17
- Il luy osta la dague qu'elle portoit, et secoua ses habillemens, de peur qu'elle n'eust dedans quelque poison caché — ID., Anton. 102
- Ce que je considere, je l'usurpe, une sotte contenance.... une forme de parler ridicule ; les vices plus ; d'autant qu'ils me poignent, ils s'accrochent à moy, et ne s'en vont pas sans secouer — MONT., III, 356
- Comme les pals s'enfoncent plus avant et s'affermissent en les branslant et secouant — ID., I, 275
Étymologie
Wallon, heûre ; namur. cheûre ; norm. escouer ; provenç. secodre, socodre ; catal. espagn. et portug. sacudir ; du lat. succutere, de sub, sous, et un radical cutere, frapper. L'infinitif secorre est régulier, du latin succutere ; le participe secous l'est aussi, de succussus. Quant à secouer, il ne l'est pas ; il est probablement une altération pour secouir (comme puer pour puir), qui serait la forme correspondante aux autres langues romanes.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 4 de l’édition papier
Liens de sens
Dérivés
n’en avoir rien à secouer resecouer rien à secouer secouement secouer comme un prunier secouer la poussière secouer la poussière de ses souliers secouer la tête secouer le cocotier secouer le joug secouer les colonnes du temple secouer les oreilles secouer les puces syndrome du bébé secoué
Associés
Famille morphologique
Prononciation
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (cibles)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
- Morphalou 3.1 — ATILF (CNRS / Université de Lorraine) LGPL-LR
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