aveu
- nature
- nom masculin
- diction
- [avø] · 2 syllabes
- attesté
- 1283
- usage
- 19 par million de mots
Sens et définitions
Nom 7
-
Déclaration verbale ou écrite par laquelle on reconnaît avoir fait ou dit quelque chose.
- — A-t-il avoué que cette femme était sa maîtresse ? — L’aveu eût été superflu. Il n'a pas nié, d'ailleurs, et au lieu d'essayer de se justifier, il s'est mis en colère. Fortuné du Boisgobey, Double-Blanc, Paris : chez Plon & Nourrit, 1889, p. 229
-
Témoignage qu’on rend de ce qu’un autre a dit ou fait.
- J’ai été, de l’aveu de tout le monde, le plus célèbre marchand de fromages à la crème dans Babylone, et j’ai été ruiné. Voltaire, Zadig ou la Destinée, 1748, chapitre XVII, Le pêcheur
-
vieilli Approbation, consentement, agrément qu’une personne supérieure donne à ce qu’un inférieur a fait ou a dessein de faire.
- Ne donne pas ton cœur sans ta main, dit Caroline à Modeste une heure avant sa mort, et surtout n’accueille aucun hommage sans l’aveu de notre mère ou de papa... Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844
4 emplois spécialisés
-
Droit
La reconnaissance que fait une partie du droit prétendu par son adversaire.
- L’aveu d’une dette. - Aveu judiciaire, extrajudiciaire.
-
Droit féodal
Acte qu’un vassal était obligé de donner à son seigneur et par lequel il avouait, reconnaissait tenir de lui tel ou tel héritage.
- Qui ne croirait, d'après cela, que ce devoir de grenouillage ne fût une obligation extrêmement répandue en Bretagne? Cependant, parmi les nombreux aveux de seigneuries bretonnes que j'ai eu occasion de lire, je n'en ai trouvé qu'un seul exemple, au profit de l'évêque de Saint-Brieuc. Arthur de La Borderie, Annuaire historique et archéologique de la Bretagne - année 1861, Rennes : Ganche & Paris : Durand, 1861, p.191
- Histoire L’acte par lequel un seigneur avouait, reconnaissait quelqu’un pour vassal ou un vassal quelqu’un pour seigneur.
- Droit militaire Déclaration faite par un prévenu, que ce soit avant ou après qu'il ait été accusé d'une infraction, qui renferme complètement ou partiellement une incrimination de soi-même en ce qui concerne l'infraction dont il est accusé.
Citation
Une telle aventure [Philippe III soumis à l'inquisition] n'est rapportée que dans des livres sans aveu
Origine du mot
À et vœu (voy. AVOUER). La série des sens est : action de vouer, et proprement, de vouer service féodal ; puis approbation ; puis reconnaissance de ce qui est dû ; et finalement confession. — Littré, 1873
1873 — le Littré
AVEU s. m. (a-veu, au plur. a-veû, la prononciation étant comme dans affreux)
1Terme de féodalité. Acte établissant une vassalité.
Homme sans aveu, vagabond, homme qui n'a ni feu ni lieu ; proprement, homme qui n'est avoué d'aucun seigneur féodal.
Par extension, en parlant des choses, qui n'est reconnu de personne.
- Une telle aventure [Philippe III soumis à l'inquisition] n'est rapportée que dans des livres sans aveu — VOLT., Mœurs, 140
2 Agrément, approbation, consentement. Je n'en puis user sans ton aveu. Il a fait cela avec l'aveu ou de l'aveu du gouvernement.
- Si vos amis de Rome en ont pris quelque soin, C'était sans mon aveu, je n'en ai pas besoin — CORN., Nicom. IV, 2
- Si vos promesses n'ont l'aveu de Viriate — ID., Sertor. IV, 3
9 autres citations
- Et par son propre aveu la reine d'Arménie Est due à l'héritier du roi de Bithynie — ID., Nicom. IV, 5
- Je crains que ce don n'ait jamais son aveu — ID., Sertor. IV, 3
- Jusqu'à ce que ma flamme ait eu l'aveu d'un père — ID., le Ment. V, 6
- J'ai besoin pour cela de l'aveu de quelque autre — MOL., le Dép. II, 2
- Ils ont un ordre de ne rien imprimer sans l'aveu de leurs supérieurs — PASC., Prov. 5
- J'obtins l'aveu d'Agrippa votre frère — ID., Bérén. I, 4
- Sans votre aveu l'on me fait prisonnier — ID., Plaid. II, 9
- Quelle verve indiscrète, Sans l'aveu des neufs sœurs, vous a rendu poëte — BOILEAU, Sat. IX
- Par un écrivain estimable, qui avait l'aveu du public — D'ALEMB., Acad. fr. V, p. 160
3 En jurisprudence, reconnaissance que fait une partie du droit prétendu par son adversaire. L'aveu d'une dette. encore relevé aujourd’hui
4 Action d'avouer, de confesser, de convenir. Après l'aveu de sa faute. Arracher ou tirer des aveux. Leur silence paraissait un aveu. encore relevé aujourd’hui
- Les mauvais succès sont les seuls maîtres qui peuvent nous reprendre utilement et nous arracher cet aveu d'avoir failli, qui coûte tant à notre orgueil — BOSSUET, Reine d'Anglet.
- Que de peine à faire un aveu sincère ! — ID., Euch. 2
5 autres citations
- Dieu, reçois son aveu du sein de ton empire — VOLT., Zaïre, II, 3
- C'est le sincère aveu que je voulais vous faire — RAC., Brit. IV, 2
- .... Elle vous veut faire l'aveu fidèle D'un secret.... — ID., Baj. V, 5
- Je meurs pour ne point faire un aveu si funeste — RAC., Phèd. I, 3
- Ce franc aveu sied bien aux grands courages — CORN., Sertor. III, 2
De l'aveu de, avec le témoignage de.
- Il est certain, de l'aveu des Juifs.... — BOSSUET, Hist. II, 8
- Il est certain, de leur aveu propre, que.... — ID., ib. III, 6
1 autre citation
- La chose s'était passée, de son aveu, en tout bien tout honneur — HAMILT., Gramm. 9
Synonyme
AVEU, CONFESSION. Aveu est plus général que confession ; il s'applique à tout ce que l'on avait le dessein de cacher, bon ou mauvais. La confession ne s'applique qu'au mal, à un tort, à un méchef. Aussi la torture, la menace arrachent non une confession, mais des aveux.
Historique
XIIIe s.
- Et en tel cas, est il bon as tenans, qu'il ne facent nus aveus ; car il pourroient perdre — BEAUMANOIR, XLV, 4
XVe s.
- Advint que aulcuns larrons bourguignons sans maistre ne adveu, se mirent sur les champs — J. DE TROYES, Chron. 1474
XVIe s.
- Sans l'adveu de nostre volonté — MONT., I, 98
- Le seigneur et le vassal sont tenus reciproquement s'entre-communiquer, de bonne foi, leurs aveus, denombremens et autres lettres ; ou s'en purger par serment — LOYSEL, 593
3 autres citations
- Un seigneur ne peut contraindre son vassal de bailler aveu [état, dénombrement de ce qu'il avoue tenir de lui] plus d'une fois en sa vie — ID., 599
- Pour simples meubles, on ne peut intenter complainte ; mais en iceux, echet aveu [revendication] et contre-aveu — ID., 754
- Ilz demandoient en courroux à Phoebidas par commandement et adveu de qui il avoit fait ceste surprise — AMYOT, Agésil. 38
Étymologie
À et vœu (voy. AVOUER). La série des sens est : action de vouer, et proprement, de vouer service féodal ; puis approbation ; puis reconnaissance de ce qui est dû ; et finalement confession.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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