bélître

nature
nom masculin
diction
[belitʁ] · 2 syllabes
usage
moins de 1 par million de mots

Sens et définitions

Nom 3

  1. vieilli Homme de rien ; personne négligeable.
    • Martine, à Sganarelle : « Traître, insolent, trompeur, lâche, coquin, pendard, gueux, belître, fripon, maraud, voleur… ! » Molière, Le Médecin malgré lui, acte I, scène 1, 1666
  2. vieilli Coquin.
    • L’amour sans sa quote-part de cruauté n’est que billevesées pour bélître ou coquet. Gérard Ansaloni, Les Dix Rouleaux de Touenhouang, Éditions La P’tite Hélène, 2018
  3. vieilli Gueux ; mendiant.
    • — Par saint Martin ! quelle hémorragie ! s’écria ce bélître. https://fr.wikipedia.org/wiki/Dict%C3%A9e_de_M%C3%A9rim%C3%A9e

Citation

[Sezanne] C'était un grand bélître, fort prévenu de son mérite et de sa capacité
Saint-Simon, 368, 117

Origine du mot

Espagn. belitre ; portug. biltre ; ital. belitrone. Origine incertaine. On a indiqué le latin balatro, vaurien, ballistarius, soldat qui servait les balistes ; blitum, bette, plante qui, à cause de son peu de saveur, était employée métaphoriquement pour désigner un homme de peu ; l'allemand Bettler, mendiant (par métathèse Bleter) ; car bélître a aussi signifié mendiant (voy. l'historique). Diez penche pour cette dernière opinion. Il y avait au XVIe siècle un verbe belistrer, mendier : — Littré, 1873

1873 — le Littré

BÉLÎTRE s. m. (bé-lî-tr')

Homme de rien, homme sans valeur. C'est un franc bélître. encore relevé aujourd’hui

  • [Sezanne] C'était un grand bélître, fort prévenu de son mérite et de sa capacité — SAINT-SIMON, 368, 117
Historique

XVe s.

  • Ces belleudres veulent ils faire les maistres ? — DU CANGE, balens.

XVIe s.

  • Maint sorti d'un tige hautain De quelque maison non commune, Belistre mendie son pain — Dial. de TAHUREAU, p. 192
  • Pompeius suppliant des belitres officiers d'un roy d'Aegypte — MONT., I, 65
7 autres citations
  • Un belitre de soldat son hoste — ID., II, 5
  • Ô le lasche belitre ! — ID., II, 22
  • Les belistres [les gueux] sont de besoing au monde ; car si tous estoient riches, l'on ne trouveroit point à qui donner — DES PÉRIERS, Cymbal. 110
  • Ou plusieurs belittres et cocquins s'employerent avec le bourreau et son valet, pour en avoir la despouille — CARLOIX, VII, 3
  • Par l'artifice des meschans belistres de l'ostiere [mendiants] — PARÉ, XIX, 1
  • L'imposture d'une belistresse — ID., XIX, 22
  • Je ne sçay quelles sottes ou folles opinions enracinées dès longtemps au cerveau, mesmes de plusieurs qui cuident bien en cela n'estre belistres d'esprit — FROUMENTEAU, Finances, IIIe livre, p. 393
Étymologie

Espagn. belitre ; portug. biltre ; ital. belitrone. Origine incertaine. On a indiqué le latin balatro, vaurien, ballistarius, soldat qui servait les balistes ; blitum, bette, plante qui, à cause de son peu de saveur, était employée métaphoriquement pour désigner un homme de peu ; l'allemand Bettler, mendiant (par métathèse Bleter) ; car bélître a aussi signifié mendiant (voy. l'historique). Diez penche pour cette dernière opinion. Il y avait au XVIe siècle un verbe belistrer, mendier :

  • Il vaut trop mieux donner à maint pauvre indigent.... Tu en auras au monde ou au ciel recompense, Non de vouloir chez toi les flateurs rencontrer, Qui te feront un jour ainsi qu'eux belistrer — RONS., 909
Supplément au dictionnaire

BÉLÎTRE. Ajoutez : - REM. On trouve dans des textes officiels du commencement du XVIe siècle, le féminin blitresse, le substantif bliterie, et le diminutif blitreau. La forme blitre, blitresse, etc. semble montrer qu'autrefois l'e de belitre était muet, et que c'est par corruption qu'il a été accentué.

  • Ordonnons que nulz taverniers, cabaretiers, hospitaliers, quelz qu'ilz soyent, ne reçoivent ou logent lesdicts truans, truandes, blitres, blitresses ou autres vivants de bliterie, ou allans vagabonds par le pays non affolez ni impotens de leurs membres.... Item que nulz ousiers, laboureurs, n'autres ne donnent ausdictz truands, blitres ou blitreauls non affolés de membres, aulcuns vivres ni aultres choses, — Ordonnance de Philippe le Bel (père de Charles-Quint), du 22 sept. 1506, dans Placcarts de Flandre, t. I, p. 2.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 1 de l’édition papier

Liens de sens

Synonymes

coquin gueux

Terme générique

coquin gueux homme

Dérivés

bélîtraille bélîtrerie

Prononciation

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « bélître » du Wiktionnaire.

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