coquin

nature
nom masculin
diction
[kokɛ̃] · 2 syllabes
usage
7 par million de mots

Sens et définitions

Nom 8

  1. péjoratif Celui qui a un caractère vil, qui est capable de friponneries, de vols, d’actions déshonnêtes.
    • Les Spartiates étaient petits en nombre, grands de cœur, ambitieux et violents ; de fausses lois n’en aurait tiré que de pâles coquins ; Lycurgue en fit d’héroïques brigands. Louis Thomas, Arthur de Gobineau, inventeur du racisme (1816-1882), Paris : Mercure de France, 1941, page 99
  2. Celui qui est débauché, qui a beaucoup d’amants ou de maitresses.
  3. Amant habile au jeu de la séduction et de l’amour.
    • Elle avait quitté Naples ou un pays du même genre en laissant tomber son mari pour suivre un coquin en France. François Cavanna, Les Ritals, Belfond, 1978, page 134
  4. familier Celui qui a de la chance.
    • Heureux coquin, quel mortel n’envierait son sort ! Les Mémoires d’un valet de pied, dans la Revue européenne : lettres, sciences, arts, voyages, politique, Paris, 1859, volume 2, page 45
  5. familier Personne espiègle avec un regard malin.
    • L’Endormeur n’était plus tout a fait le joyeux coquin que nous avons vu à l’auberge de Redon. Il avait attendu trois ans à l’office, tandis que son camarade Robert, dit l’Américain, se prélassait superbement au salon. Cette longue attente lui avait fait le caractère hargneux et l’humeur acariâtre. Paul Féval, Les belles de nuit ou les anges de la famille, §: Conciliabule, Bruxelles : Kiessling & Cie, 1849, volume 3, page 47
  6. familier Enfant vif et espiègle.
    • Ah ! petit coquin, on fait des cachotteries ? Écoute, je passe te prendre tout à l’heure et nous irons voir ton père. Entre temps, mets un peu d’ordre dans ta chambre. Wancito Francius, Un rêve sauvage, AutorHouse (États-Unis), 2011, page 58
  7. familier Terme adressé par affection, à un enfant ou un animal.
    • Je dis tout le temps à ma chienne Miss Fifi qu'elle est une « petite coquine », au sens de malicieuse, d'espiègle. On emploie souvent coquin dans ce sens-là quand on s'adresse à de jeunes enfants aussi : « Oh, quel petit coquin, celui-là! » Et alors c'est un mot plein de tendresse. Muriel Gilbert, Le Petit Gilbert, Buchet-Chastel, 2024, page 66
1 emploi spécialisé
  1. Géologie vieilli Nodule de phosphate de calcium. — Note d’usage : S’utilisait surtout au pluriel. absent du Littré
    • François était allé chercher des engrais au moulin à coquins, parti pour la pleine journée. Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954

Adjectif 2

  1. Léger ; grivois.
    • Surtout maintenant, car Ronin avait un comportement coquin qui n’avait rien de sale ou de mauvais quand elle était avec lui. Lorelei James, La Novice : De main de maître, Milady Romantica, 2014, volume 1
  2. Relatif à Chassillé, commune de la Sarthe.

Citation

Un coquin est celui à qui les choses les plus honteuses ne coûtent rien à dire ou à faire
Jean de La Bruyère, Théophr. Coquin.

Origine du mot

Bas-lat. coquinus, que l'on dérive de coquus, cuisinier, comme qui dirait marmiton. Cela est très probable. Pourtant Diez se demande si on ne devrait pas le rattacher au scandinave kok, gosier, remarquant, à l'appui, que les autres langues romanes n'ont pas le mot coquin. On a proposé d'y voir un dérivé de coq, comme coquet, seulement avec un sens péjoratif d'ordinaire ; ce qui permettrait d'expliquer que coquin n'a pas toujours un mauvais sens (par exemple, ces coquins d'enfants indique une impatience mêlée d'amour) ; mais les emplois anciens de ce mot ne sont pas favorables à cette conjecture. — Littré, 1873

1873 — le Littré

COQUIN, INE s. m. et f. (ko-kin, ki-n')

1 Celui, celle qui a un caractère bas et fripon. encore relevé aujourd’hui

  • Grâce pour les grands, grâce pour les coquins — PASC., Prov. 4
  • Vos patrons qui sont de francs coquins — SÉV., 155
4 autres citations
  • Un coquin est celui à qui les choses les plus honteuses ne coûtent rien à dire ou à faire — LA BRUY., Théophr. Coquin.
  • Je voudrais, pour le supplice d'un coquin, que, pendant quelques heures, chaque jour, il pût avoir le cœur d'un honnête homme — ST-FOIX, Essai sur Paris, t. IV, p. 337, dans POUGENS
  • Le coquin dans le bois a volé quelque coche — RÉGNARD, Démocr. I, 2
  • Un misérable à qui on a ôté le nom de scélérat qu'on ne trouvait pas encore assez abject, pour lui donner celui de coquin comme exprimant mieux la bassesse et l'indignité de son âme — J. J. ROUSS., Dial. I

Un lâche. Il a fui comme un coquin.

Un paresseux, un valet qui ne sert que de parade et n'a rien à faire.

  • Tu te trompes, si, avec ce carrosse brillant, ce grand nombre de coquins qui te suivent, et ces six bêtes qui te traînent, tu penses que l'on t'en estime davantage — LA BRUY., II

2 S. f. Une coquine, une femme débauchée, une femme qui trompe beaucoup d'amants. encore relevé aujourd’hui

  • Dépenser son argent auprès de cette coquine de Middleton — HAMILT., Gramm. 8
  • Ma femme en ce pays et dans cette figure ! La coquine aura su par quelque ami présent Se faire consoler de son époux absent — REGNARD, Démocr. V, 1

Adjectivement. Cette femme est bien coquine.

3 Terme de colère sans signification déterminée.

  • Tous les jours le coquin lasse ma patience — REGNARD, Ménechm. I, 1
  • Que me vient donc conter cet assuré coquin ? — MOL., Dép. am. III, 8
8 autres citations
  • Comment vous avez peur d'offenser la coquine ! Vous lui parlez d'un ton tout à fait obligeant — ID., F. sav. II, 6
  • Où est-ce donc que nous sommes, et quelle audace est-ce là à une coquine de servante de parler de la sorte devant son maître ? — ID., Mal. imag. I, 5
  • Ah ! ah ! vous voilà ! je suis ravi de vous trouver, monsieur le coquin. - Scapin : Monsieur, votre serviteur ; c'est trop d'honneur que vous me faites — ID., Scapin, II, 5
  • Quand nous faisons besoin, nous autres misérables, Nous sommes les chéris et les incomparables ; Et dans un autre temps, dès le moindre courroux, Nous sommes les coquins qu'il faut rouer de coups — ID., l'Etour. I, 2
  • C'est mon coquin de fils qui aura mis la main dessus sans doute — DANCOURT, Bourg. à la mode, III, 3
  • J'ai laissé les dames avec ce gros coquin d'abbé — ID., la Maison de camp. sc. 8
  • Ma coquine [ma femme] les fait rester — ID., ib. sc. 7
  • C'est un bon tour que de faire épouser ma vieille gouvernante au coquin qui fit enlever ma jeune maîtresse — BEAUMARCHAIS, Mar. de Figaro, I, 4

4Par plaisanterie et pour indiquer seulement ce qu'il peut y avoir de malicieux, de mystérieux. Vous êtes un heureux coquin. Cet enfant est un aimable petit coquin. Ah ! petit coquin, je vous y prends.

  • La curiosité rend ces coquines de femmes si insinuantes — J. J. ROUSS., Conf. VI

5 Adjectivement.

  • Je vous nommerai, quand vous voudrez, vingt belles âmes qui ne sont ni sottes ni coquines — VOLT., Lett. Mme du Deffant, 15 janv. 1761

Métier coquin, métier qui ne donne aucune peine. Vie coquine, vie inoccupée, fainéante.

Populairement. Ver coquin, ver solitaire.

Historique

XIIe s.

  • Truant estoit, pautonier et coquin — Garin le loher. dans le Dict. de DOCHEZ

XIVe s.

  • Or sont venuz meschans devins, Sorceliers, arquimaus, coquins, Qui vuelent, par art d'invoquer, Sans Dieu les malades saver — l'Apparition Jehan de Meung, dans P. PARIS, Mss. fr. t. VI, p. 253
  • Les quels jeunes hommes ou chemin trouverent un homme en habit de quoquin — DU CANGE, coquinus.
1 autre citation
  • Un homme querant et demandant l'aumosne, qui estoit vestuz d'un manteau tout plain de paleteaulx, comme un coquin ou caimant — ID., ib.

XVe s.

  • Quatre coquins ou au moins gens poures qui queroient et mandioient leur vie — ID., ib.
  • Truans coquins qui par feintise Faingent maulx en mainte guise En ces moustiers et font tel presse Qu'a peine y puet [peut] l'en oïr messe — EUST. DESCH., Poésies mss. f° 342, dans LACURNE
1 autre citation
  • Par ma teste, moquin moquart, Il seroit bien quoquin quoquart Qui en cest euvre loyaument N'ouvreroit et diligemment — Mir. de Ste Geneviève

XVIe s.

  • Arriere aussi la Habertine, Qui a faict la muse coquine — DU BELLAY, VII, 79, recto.
  • Ou soit que ce petit coquin [son chat] Privé sautelast sur ma souche — ID., VII, 40, verso.
11 autres citations
  • Et ne savez-vous pas que la nature est coquine ? elle aimoit.... — MARG., Nouv. XLIV
  • Elle faisoit response qu'elle ne le feroit jamais cocu ; mais oui bien, coquin [gueux, ruiné] — ID., ib. LIX.
  • Ayant ramassé 36 soldats sans aucun officier, il resolut d'aller attendre son coquin de fils à un passage qu'il ne pouvoit eviter — D'AUB., Vie, CLV
  • À coquin honteux plate besace — LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 74
  • Un très homme de bien et d'honneur et nullement coquin ny pressant demandeur après son roy — BRANT., Cap. fr. t. III, p. 255, dans LACURNE
  • Je pensois lors estre le plus grand seigneur de la troupe, et à la fin je me trouvai le plus coquin [gueux] — MONTLUC, Mém. t. I, p. 48, dans LACURNE
  • Coquin, c'est un mendiant volontaire qui haleine ordinairement les cuisines que les latins appellent coquinas — PASQUIER, Recherches, VIII, p. 718, dans LACURNE
  • Tantost estendu, s'il luy plaist, à l'ombre d'un vieil chesne il est à l'envers sur l'herbe coquine — BAÏF, Œuvres, p. 90, dans LACURNE
  • Proverbe commun qui dit qu'il n'est vie que de coquins, quand ils ont assemblé leurs bribes — H. EST., Apol. d'Hérod. p. 358, dans LACURNE
  • Jaloux de la gibeciere comme un coquin de sa poche — DESPER., Contes, t. II, p. 107, dans LACURNE
  • Pour preuve de ce [elle] employoit les œillades et jambes coquines [action l'avancer la jambe d'une manière provocante] et mille paroles de mignardise et douceur par elle practiquées — Arrests d'amour. LIII
Étymologie

Bas-lat. coquinus, que l'on dérive de coquus, cuisinier, comme qui dirait marmiton. Cela est très probable. Pourtant Diez se demande si on ne devrait pas le rattacher au scandinave kok, gosier, remarquant, à l'appui, que les autres langues romanes n'ont pas le mot coquin. On a proposé d'y voir un dérivé de coq, comme coquet, seulement avec un sens péjoratif d'ordinaire ; ce qui permettrait d'expliquer que coquin n'a pas toujours un mauvais sens (par exemple, ces coquins d'enfants indique une impatience mêlée d'amour) ; mais les emplois anciens de ce mot ne sont pas favorables à cette conjecture.

Supplément au dictionnaire

COQUIN. - HIST. XIIe s. Ajoutez :

  • Ils sont coquin et jougleor Et trop hardi demandeor — GUIOT DE PROVINS, Bible, V.2488

XVIe s. Ajoutez :

  • [coquin au sens de séduisant] Rien n'est tant si coquin, ni doux, ni attrayant qu'un butin quel qu'il soit, soit de mer, soit de terre — BRANT., t. IV, p. 332, édit. Monmerqué.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 1 de l’édition papier

Formes apparentées 2 langues · 2 pays

Racine commune : coquinus (la)

Les langues

Les langues où la racine a laissé une forme, et cette forme. Le sens, lui, a pu changer en route.

  • cebuano kosina
  • latin coquina

Les pays où l'une de ces langues se parle

Un pays figure ici dès qu'une de ces langues s'y parle, même en minorité — la liste est donc large par nature.

  • Philippines kosina (ceb)
  • État de la Cité du Vatican coquina (la)

Liens de sens

Synonymes

crotte-du-diable fripon misérable

Terme générique

amant enfant nodule

Terme spécifique

bélître gredin gueux maraud

Dérivés

acoquiner coquin de sort coquinasse coquinerie coquinet coquinou demi-coquin

Domaine

géologie

Famille morphologique

coquinet

Prononciation

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « coquin » du Wiktionnaire.

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