bonhomme
- nature
- nom masculin
- diction
- [bonɔm] · 2 syllabes
- usage
- 36 par million de mots
Sens et définitions
Nom 7
-
Homme simple, peu avisé, qui se laisse dominer et tromper.
- On l’eût même pris pour un bonhomme sans la spiritualité de son regard. Jean-Paul Sartre, La Nausée, 1938
-
familier Homme d’un âge avancé.
- Ouvre, bonhomme Hiver… c’est le Printemps qui sonne. Anatole France, Le crime de Sylvestre Bonnard, Calmann-Lévy ; réédition Le Livre de Poche, 1967, page 191
- familier Homme du peuple ou de la campagne, en particulier paysan (du point de vue de la condition sociale).
-
Homme courageux, qui ne fuit pas ses responsabilités.
- J’aimerais être un bonhomme mais c’est pas moi le boss. Orelsan, « Boss », La Fuite en Avant, 2025
-
Représentation sommaire d'un être humain par dessin, par bricolage ou autre moyen d’art plastique.
- Tous les boulangers avaient aussi confectionné des bonshommes en pain d’épice représentant le prince Fridolin. Dans beaucoup de familles, au lieu de le manger, on l’accrochait au mur, au-dessous de la glace. Victor Tissot & Constant Améro, Les Aventures de Gaspard van der Gomm : La comtesse de Montretout, chap. 48, Paris : chez E. Dentu, 1878, 7ᵉ éd. 1879, p. 351
- Un des noms vernaculaires de la molène (Verbascum thapsus L.)
1 emploi spécialisé
-
Militaire
familier Nom que les officiers et sous-officiers donnent à leurs subalternes.
- Bonhomme, me prenez-vous pour une andouille ? Regardez-moi bien. Anatole France, L’Étui de nacre, 1892, réédition Calmann-Lévy, 1923, page 244
Adjectif 1
-
Simple et serviable.
- Avec son air bonhomme et sa démarche de flâneur, il doit drôlement tromper son monde. Roger Borniche, Le ricain, 1979
Citation
Le moine [envoyé en prison à Barbezières] se trouva un bonhomme qui, gagné par la compassion, alla avertir M. de Vendôme
Origine du mot
Bon, homme ; Berry, bounhoume, paysan, bounhoumerie, endroit habité par des paysans ; wallon, bouname ; namurois, boulome, homme, mari. On voit que le paysan se nomme lui-même bonhomme, c'est-à-dire l'homme, le mari, le maître de la maison ; c'est de ce mot que les gens de guerre avaient fait un sobriquet. — Littré, 1873
1873 — le Littré
BONHOMME s. m. (bo-no-m')
1 Homme plein de bonté, de facilité. encore relevé aujourd’hui
- Le moine [envoyé en prison à Barbezières] se trouva un bonhomme qui, gagné par la compassion, alla avertir M. de Vendôme — SAINT-SIMON, 133, 224
Faire le bonhomme, affecter la bonté, la simplicité. Dans ce sens : un faux bonhomme.
Adjectivement.
- Mélac, doux et très bonhomme, souffrait tout de ses amis — SAINT-SIMON, 110, 191
- Le Turc revint, après cette expédition, aussi bonhomme qu'auparavant, — CHATEAUB., Itin. 147
2 Homme simple et peu avisé. C'est un bonhomme qui se laisse mener. encore relevé aujourd’hui
3 Homme qui commence à vieillir. encore relevé aujourd’hui
- Le bonhomme Broussel eut scrupule de souffrir que son nom fût allégué comme un obstacle à la paix — RETZ, IV, 232
- Les comtes font traîner ce bonhomme en prison — CORN., D. San. V, 4
4 Anciennement, parmi les gens de guerre, le bonhomme, le paysan. Vivre aux dépens du bonhomme. Jacques Bonhomme, le paysan français.
5Familièrement, et par opposition, un petit bonhomme, un petit garçon.
- On ne manqua pas de faire beaucoup babiller le petit bonhomme — J. J. ROUSS., Ém. II
6 Figure dessinée négligemment, et aussi, figure en plomb qui sert de jouet aux enfants.
7 Nom vulgaire du bouillon-blanc, plante.
8 Outil du verrier.
Outil du vitrier.
9 Bons-hommes, religieux établis l'an 1259, en Angleterre, par le prince Edmond ; ils professaient la règle de St Augustin et portaient un habit bleu. On donna en France ce nom aux Minimes à cause du nom de Bonhomme que Louis XI avait coutume de donner à saint François de Paule, leur fondateur. non relevé aujourd’hui
Les Albigeois affectaient de prendre le nom de Bons-hommes.
Les bons-hommes, chefs de la république de Florence au XIIIe siècle.
Remarque
Bonhomme fait, au pluriel, bonshommes : deux vieux bonshommes ; mais, pour éviter l'idée de faiblesse ou de simplicité, on dit aussi, au pluriel, bonnes gens : Deux vieux amis qui ne s'étaient pas vus depuis longtemps se rencontrèrent ; ces bonnes gens se mirent à pleurer. Quand il signifie un petit garçon ou une figure dessinée, il a aussi un pluriel qui est bonshommes : Ces deux petits bonshommes babillaient comme des pies. Il avait barbouillé des bonshommes sur le mur. On prononce : des bon-zo-m'.
Historique
XIVe s.
- La quele Jaquete dist au dit Lorens en lui presentant à boire : Tenez, bon homme, buvez ; lors le dit Lorens se prinst à courroucier : tu as menti comme fausse ribaude, je ne suis pas bon homme ; car ma femme est plus prude femme que tu n'es — DU CANGE, boni homines
XVe s.
- Le suppliant, sans penser à aucun mal, dist à celui Beluc : ....bon-homme.... À quoy respondit icelui Beluc telles paroles : comment bon homme ? suis-je coqu ? — ID., ib.
- Aliames fut detenuz prisonniers pour le souppechon de avoir esté en l'ost et bataille des Hurons nommez Jacques Bonshommes, à l'encontre des nobles — DU CANGE, jaquei.
XVIe s.
- Pourtant oy-je fait vœu à St François le Jeune le quel est au Plessis lez Tours reclamé de toutes femmes en grande devotion ; car il est le fondateur des bons hommes [Minimes] — RAB., III, 24
- Au temps que les soudards vivoient sus le bonhomme, ils vivoient aussi sus la bonne femme — DESPER., Contes, LXIX
2 autres citations
- Ils aiment la guerre et le trouble, parce qu'ils vivent du bien du bon-homme et ne sçauroient vivre du leur en temps de paix — Sat. Mén. p. 163
- Et ont toujours, en ce faisant, vescu dessus Jacques Bonhomme — TH. DE BÈZE, dans le Dictionnaire de DOCHEZ.
Étymologie
Bon, homme ; Berry, bounhoume, paysan, bounhoumerie, endroit habité par des paysans ; wallon, bouname ; namurois, boulome, homme, mari. On voit que le paysan se nomme lui-même bonhomme, c'est-à-dire l'homme, le mari, le maître de la maison ; c'est de ce mot que les gens de guerre avaient fait un sobriquet.
Supplément au dictionnaire
BONHOMME. Ajoutez :
10Terme de théâtre. Entrer dans la peau du bonhomme, s'identifier avec son rôle.
- Il n'était plus Frédérick Lemaître ; il était le comte de Saulles ; l'acteur Bignon, dans son pittoresque langage, appelait cela : entrer dans la peau du bonhomme ; l'expression curieuse est restée — J. CLARETIE, l'Illustration, 29 janv. 1876, p. 70, 3e col.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 1 de l’édition papier
Liens de sens
Terme générique
Terme spécifique
Dérivés
aller chez le bonhomme aller son petit bonhomme de chemin bonhomie bonhomique bonhomisation bonhomiser bonhomisme Bonhomme bonhomme allumette Bonhomme Carnaval bonhomme couèche bonhomme de neige bonhomme de sable bonhomme hiver bonhomme Michelin bonhomme Sept-Heures bonhomme têtard bonhommeau bonhommet bonhommette bonhommie bonhommiser drôle de bonhomme en petit bonhomme faire le bonhomme faux bonhomme herbe à bonhomme Jacques Bonhomme le bonhomme mon bonhomme nom d’un petit bonhomme petit bonhomme petits bonshommes suivre son petit bonhomme de chemin
Domaine
botanique militaire
Prononciation
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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