compère

nature
nom masculin
diction
[kɔ̃pɛʁ] · 2 syllabes
usage
4 par million de mots

Sens et définitions

Nom 8

  1. vieilli Parrain d’un enfant, par rapport à la marraine et aux parents de l'enfant.
    • Et nous avons tout un cérémonial qu’il ne faut pas s’aviser d’ignorer ou de négliger dans les occasions où notre vie le réclame. Essayez d’être un compère de baptême et de ne pas porter la canne à rubans ! Jean Giono, Un roi sans divertissement, 1947
  2. familier Quelqu’un avec qui on vit habituellement, à qui l’on parle librement.
    • Puis, d'autorité, il apporte une piste de 421. Vissés au zinc, les deux vieux compères poursuivent leur conversation. Franck Maubert, Ville close, Éditions Ecriture, 2013
  3. Celui qui est secrètement d’intelligence avec un escamoteur, avec un charlatan, pour l’aider à faire ses tours, à abuser le public.
    • Ces soirs-là, le commandant Sicardot jouait le rôle d’un compère complaisant. Émile Zola, La Fortune des Rougon, 1871
  4. Personne qui en seconde une autre pour quelque supercherie.
    • Un tel prépare ses bons mots, et il a un compère qui l’aide à les amener dans la conversation.
  5. Homme adroit, subtil et artificieux.
    • Voilà, se dit le gentilhomme, une auberge qui s’annonce bien, et l’hôte qui la tient doit être, sur mon âme, un ingénieux compère. Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre IV
  6. Homme qui se montre un bon compagnon ; homme agréable et de bonne humeur.
2 emplois spécialisés
  1. Théâtre Chacun des deux principaux personnages d’une revue. → voir commérer
  2. Généralités Individu qui participe à une séance de psychothérapie à l'insu du sujet traité.

Citation

Comment vous portez-vous, compère ? Loin de les rendre à ton Crésus, Va boire avec ses cent écus, Savetier, mon compère
Pierre-Jean de Béranger, Él. de la rich.

Origine du mot

Du latin compater (« compère, parrain »), composé de cum et de pater.

Dans le dictionnaire latin : compater

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

COMPÈRE s. m. (kon-pê-r')

1 Le parrain, par rapport à la marraine et au père ou à la mère de l'enfant ; il désigne également le père relativement au parrain et à la marraine. C'est mon compère. encore relevé aujourd’hui

2 Nom très familier et d'amitié que l'on donne aux hommes avec qui on est en relation habituelle. encore relevé aujourd’hui

  • Comment vous portez-vous, compère ? Loin de les rendre à ton Crésus, Va boire avec ses cent écus, Savetier, mon compère — BÉRANG., Él. de la rich.
  • La plupart des bourgeois se nomment compères comme les gentilshommes de campagne s'appellent cousins — DE CAILLIÈRES, 1690

Un compère, un homme, un enfant, vif, résolu. Un gros compère.

  • Il n'y a point de bien qu'on ne dise de ce petit compère — SÉV., 558

C'est un rusé compère, un homme adroit.

Un vigoureux compère, un homme résolu, courageux.

Familièrement. Être compères et compagnons, être très liés, vivre, agir habituellement ensemble.

3 Nom donné par plaisanterie aux animaux.

  • Compère le renard se mit un jour en frais, Et retint à dîner commère la cigogne — LA FONT., Fabl. I, 18
  • L'onde était transparente ainsi qu'aux plus beaux jours ; Ma commère la carpe y faisait mille tours Avec le brochet son compère — ID., ib. VII, 4
1 autre citation
  • Eh bon jour, mon compère le brochet [nom donné familièrement dans une société au duc d'Enghien, le vainqueur de Rocroi], je m'étais toujours bien doutée [c'est la carpe qui parle] que les eaux du Rhin ne vous arrêteraient pas — VOIT., Lett. 143

4Fig. Celui qui, sans qu'on le sache, est d'intelligence avec un escamoteur et aide à l'exécution des tours. Les charlatans ont ordinairement des compères. encore relevé aujourd’hui

  • Je suis muet quand on ne m'interroge pas : je suis un vieux polichinelle qui a besoin d'un compère — VOLT., Lett. Mme du Deffant, 30 juillet 1768

Celui qui en seconde un autre pour faire quelque supercherie.

Historique

XIIIe s.

  • À la parfin se porpensa Que son compere [il] proiera Que por Dieu li doint, sil conmande, Ou poi ou grant de sa viande — Ren. 964
  • Il est compaires de Dieu, porce qu'il est en estat de grace et sans pechié — BEAUMANOIR, Concl.
1 autre citation
  • Frere Hugue, compere le roy du conte d'Alençon [compère du roi, dont il avait tenu un des fils sur les fonts baptismaux] — JOINV., 268

XVe s.

  • Quand le roi d'Angleterre entendit que ceux de Gand avoient occis Jacques d'Artevelle son grand ami et son cher compere.... — FROISS., I, I, 249
  • Un autre très honneste bourgeois se leva et dit tout ainsi qu'il feroit compagnie à son compere sire Eustache de Saint-Pierre — ID., I, I, 321

XVIe s.

  • À la droite des comperes [les Suisses] prenoit place en marchant le regiment de Sarlabons — D'AUB., Hist. I, 305
  • Le roi de Navarre s'alla jetter dans le lict du duc de Guise, et avec les alliances qu'ils avoient fait de maistre et de compere, eurent plusieurs familiers discours — ID., ib. II, 187
4 autres citations
  • Et n'avoit rien si odieux que l'on eust dit de luy, qu'il estoit parvenu par compere ou par comere — CARL., I, 19
  • Plus sont de comperes que d'amis — LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 373
  • Il n'y a ni compere ni commere, l'enfant est chrestien — OUDIN, Curios. franç.
  • Qui de mastin fait son compere, plus de baston ne doit porter — COTGRAVE
Étymologie

Picard et wallon, copère ; provenç. compaire ; catal. compare ; espagn. et ital. compadre ; de com.... et père.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « compère » du Wiktionnaire.

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