délié

nature
adj masculin
diction
[delje] · 2 syllabes
usage
moins de 1 par million de mots

Sens et définitions

Adjectif 4

  1. Qui est d’une très grande minceur, d’une très grande finesse.
    • Un trait de plume fort délié.
  2. figuré …
    • — Malgré la distance, je sens l’odeur de ses pieds qui se répand jusqu’ici. — Tu as l’imagination ignoble. — J’ai l’odorat délié. Jules Romains, Les Copains, 1922, réédition Le Livre de Poche, page 101
2 emplois spécialisés
  1. Informatique Trait fin d'une lettre; également.
  2. Imprimerie Partie fine d'une lettre, par opposition au plein de la lettre.

Nom 1

  1. Partie fine et déliée d’une lettre, par opposition à plein.
    • Ainsi écrivait Alexandre, se réfugiant dans les pleins et les déliés de cette écriture sage, de ce crayonnement appliqué. Daniel Pennac, La petite marchande de prose, Folio, éd. Gallimard, 1989, page 339

Formes fléchies 1

  1. Participe passé masculin singulier du verbe délier.
    • L’individu est délié, affranchi de contraintes anciennes, proches ou disposant d’agents proches, mais invité à se couler un peu plus loin dans des filières de comportement social et idéologique en nombre restreint, à se déconformer pour se reconformer. Paul Yonnet, Le recul de la mort, 2006

Citation

Cette coiffe est un peu trop déliée ; j'en vais querir une plus épaisse
Molière, Pourc. III, 2

Origine du mot

Lat. delicatus (voy. DÉLICAT), qui a donné dans l'ancien français deljé et délié ; dans le provençal delguat, dalgat ; dans l'ancien catalan delgat ; dans l'espagnol et le portugais delgado. Delicatus a donné deljé ou délié, suivant qu'on y supprimait l'i bref (delcatus, deljé), ou qu'on y supprimait le c (deliatus, delié, comme vocalis, voyelle). Les deux formations sont dans l'analogie de la langue. — Littré, 1873

1873 — le Littré

DÉLIÉ, ÉE1 adj. (dé-li-é, ée)

1 Menu, grêle, mince, fin. Trait de plume fort délié. Taille déliée. Les petits animaux sont doués d'organes très fins et de membres très déliés. encore relevé aujourd’hui

  • Cette coiffe est un peu trop déliée ; j'en vais querir une plus épaisse — MOL., Pourc. III, 2
  • Il porte des chemises très déliées — LA BRUY., XIII

Un fil délié, un fil très menu ; et fig. une liaison difficile à comprendre.

  • Je vais vous développer, par un ou deux exemples, le fil secret et délié qui les a conduits dans le choix délicat de leurs accessoires — DIDER., Essai sur la peint. ch. 3

Fig.

  • La gloire est une passion qu'il ne connaît point, qui est trop déliée et trop spirituelle pour lui — BALZ., Disc. à la régente
  • Cette erreur est si déliée, que, pour peu qu'on s'en éloigne, on se trouve dans la vérité — PASC., Prov. 3
1 autre citation
  • Au milieu des flatteries, le consul désigné, Cérialis Anicius, dit un mot délié que Néron entendit sans doute et dont il ne s'offensa point — DIDER., Ess. s. Claude et Néron.

2 Délié se dit aussi, dans un langage technique, des humeurs des corps vivants.

  • Le canal destiné à conduire dans l'estomac du fourmi-lion les sucs plus ou moins déliés dont il se nourrit — BONNET, Observ. 39e, Insectes.

3 Habile par l'adresse et la finesse. encore relevé aujourd’hui

  • Fagon, délié courtisan, et connaissant parfaitement le roi, Mme de Maintenon, la cour et le monde — SAINT-SIMON, 14, 158
  • Les Suisses n'étaient pas réputés les hommes les plus déliés — VOLT., Mœurs, 128
2 autres citations
  • Métaphysicien assez délié pour vouloir réconcilier la théologie avec la métaphysique — ID., Louis XIV, 34
  • Le médecin Fonseca, Portugais, Juif établi à Constantinople, homme savant et délié, capable d'affaires et le seul philosophe peut-être de sa nation — ID., Charles XII, 5

Discours, style délié, discours, style dont on ne démêle pas du premier coup l'artifice. Ce terme, donné par quelques littérateurs, n'est pas fort usité.

4 S. m. Terme de calligraphie. La partie fine et déliée d'une lettre, par opposition aux pleins. Il ne fait pas un seul délié. encore relevé aujourd’hui

Historique

XIe s.

  • L'herbe du champ qui est verte et delgie — Ch. de Rol. CCXLVI

XIIe s.

  • Parmi le piz [il] fu larges, et delgiés par le bu — Sax. 28
  • Et desus un surpliz blanc et delié [sans doute deljé ; en tout cas, de deux syllabes] e bel — Th. le mart. 155
1 autre citation
  • Sanglant [il] en ot son ermine delgié — Raoul de Cambrai, 68

XIIIe s.

  • Il ot chemise de cainsil Vestue, delie et sobtil — Lai du trot
  • Plus beaus chevoils ne plus dulgez, Plus ascemez ne mieuz treciez — Lai du désiré

XVe s.

  • La poudriere du delié sablon qui là estoit, commença à lever à l'empainte des chevaux — FROISS., III, IV, 83
  • Cil Janekin Clinton estoit delié et menu de membres — ID., II, II, 81

XVIe s.

  • Les ames basses et vulgaires sont souvent aussi reglées que les plus desliées — MONT., III, 277
  • À mesure que ces espines domestiques sont plus dures et desliées, elles nous mordent plus aigu — ID., IV, 71
2 autres citations
  • Se lever si soudain engendre le haut mal et nuit à ceux qui veulent avoir le teint delié — YVER, p. 573
  • Peau deliée, cheveux unis — PARÉ, Introd. 7
Étymologie

Lat. delicatus (voy. DÉLICAT), qui a donné dans l'ancien français deljé et délié ; dans le provençal delguat, dalgat ; dans l'ancien catalan delgat ; dans l'espagnol et le portugais delgado. Delicatus a donné deljé ou délié, suivant qu'on y supprimait l'i bref (delcatus, deljé), ou qu'on y supprimait le c (deliatus, delié, comme vocalis, voyelle). Les deux formations sont dans l'analogie de la langue.

DÉLIÉ, ÉE2 part. passé. (dé-li-é, ée)

Qui n'est plus lié. Un fagot délié. Socrate délié sentit du plaisir à étendre ses membres.

  • Le boiteux bondira comme le cerf, et la langue des muets sera déliée — SACI, Bible, Isaïe, XXXV, 6

Dégagé, délivré.

  • Du monde délié, je vivrai de lumière, D'extase, et de prière, Oubliant, oublié — V. HUGO, Odes, IV, 25

Dans la poésie italienne, vers déliés, vers où la rime n'est point employée, et dans lesquels le poëte n'observe que la cadence et la mesure (versi sciolti).

Terme de marine. Navire délié, navire dont le gros temps ou un échouement a fatigué la coque.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 2 de l’édition papier

Liens de sens

Dérivés

délié de jonction déliement

Domaine

calligraphy

Prononciation

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « délié » du Wiktionnaire.

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