dais

nature
nom masculin
diction
[dɛ] · 1 syllabe
usage
3 par million de mots

Sens et définitions

Nom 6

  1. vieilli Table surélevée, estrade.
    • La bonne femme s'assit sur les degrés du dais, aux pieds du jeune homme attentif et fixant sur elle un regard plein de bienveillance et de curiosité. Alexandre Dumas, Les Deux Diane, 1847, chapitre 1
  2. Ouvrage de bois, de tenture, etc., fait dans l’ancienne forme des ciels de lit et que l’on met en hauteur, au-dessus d’un maitre-autel, d’une chaire à prêcher, d’un trône, de la place où siègent, dans les occasions solennelles, certains personnages éminents, etc.
    • Et là, le faisant asseoir sur une large stalle de chêne surmontée d’un dais de drap d’or, il prit place près de lui. Alexandre Dumas, Othon l’archer, 1839
  3. figuré Chose qui couvre : toit, ciel, etc.
    • Amis reposons-nous sur ce siège sauvage, Sous ce dais qu’ont formé la mousse et le feuillage. Voltaire, Les Scythes, acte 1, scène 3 — cité par Littré
3 emplois spécialisés
  1. Catholicisme Poêle soutenu de deux ou de quatre petits montants, sous lequel les prêtres catholiques portent le Saint-Sacrement, surtout dans les processions.
    • Dans les rues, on eût dit un jour de procession, lorsque le passage du dais met les plus belles draperies aux fenêtres. Émile Zola, La Fortune des Rougon, 1871
  2. Automobile Toit démontable que l’on met sur les voitures découvertes.
  3. Architecture Motif d'architecture en pierre ou en bois sculpté en saillie d'une façade, souvent supporté par des colonnes, abritant un trône, un autel, une chaire, une statue, un ciborium au-dessus du maître-autel.

Citation

Elle seule [la satire], bravant l'orgueil et l'injustice, Va jusque sous le dais faire pâlir le vice
Nicolas Boileau, Sat. IX

Origine du mot

Du latin discus (« disque, plateau »). C’est ce dernier sens qui donnera au XIIᵉ siècle le mot dais (« table d’honneur »). Ces tables étant généralement surmontées d’une tenture, ce mot fut assimilé au toit ou plafond (dois au XIVᵉ siècle, puis ders au XVIᵉ siècle). De là est resté le sens de « tenture servant de toit ».

Dans le dictionnaire latin : discus

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

DAIS s. m. (dê ; l's se lie : un dê-z élégant)

1 Ouvrage dans la forme des anciens ciels de lit et qui sert de couronnement à un autel, à un trône, etc. encore relevé aujourd’hui

  • Près de lui [le légat], pour Mayenne un dais est préparé — VOLT., Henr. VIII

Poétiquement, sous le dais, sur le trône, au sein des grandeurs.

  • Elle seule [la satire], bravant l'orgueil et l'injustice, Va jusque sous le dais faire pâlir le vice — BOILEAU, Sat. IX
  • De l'homme inculte il adoucit la vie, Et sous le dais montre au doigt les tyrans — BÉRANG., Ange exilé.

Fig.

  • Les flammes du bûcher se divisent et forment un dais sur sa tête sans le toucher — VOLT., Mœurs, 9
  • Le ciel était sur sa tête [de René] comme le dais de sa couche — CHATEAUB., Natch. II, 105
1 autre citation
  • La fleur dort sur sa tige, et la nature même Sous le dais de la nuit se recueille et s'endort — LAMART., Méd. II, 2

2 Toute espèce de voûte de verdure. Un dais de feuillage.

  • Amis reposons-nous sur ce siége sauvage, Sous ce dais qu'ont formé la mousse et le feuillage — VOLT., Scythes, I, 3

3 Poêle soutenu de deux ou quatre petites colonnes, sous lequel on porte le saint sacrement, surtout dans les processions, et sous lequel on reçoit les rois, les princes, lorsqu'ils font une entrée solennelle. encore relevé aujourd’hui

4 Estrade, lieu élevé.

Haut dais, estrade où le roi et la reine étaient assis dans les assemblées publiques, soit qu'il y eût un dais, soit qu'il n'y en eût pas.

  • [Dans la description de la salle des machines du château des Tuileries, après le parterre] On monte ensuite sur un haut dais conservé pour les places des personnes royales et de ce qu'il y a de plus considérable à la cour — Hist. du théâtre fr. t. XI, p. 126

5 Arbrisseau du Cap. non relevé aujourd’hui

Arbrisseau de l'Inde.

Historique

XIIe s.

  • Dunc fu apresté lur mangiers, Si s'i asistrent volentiers ; N'i orent tables n'autres deis Fors la vert herbe e le junc freis — BENOÎT, II, 3557
  • Quant fu la cort des chevaliers de pris, Li mangiers fu aprestez et garnis ; L'eve demandent, au mangier sont assis ; Au plus haut dois sist li rois Anseïs — Garin le Loherain, dans DU CANGE, dagus
2 autres citations
  • Et à curt esteras, et à mun deis tuz jurs mangeras — Rois, 150
  • Par l'uis qu'il ont trové overt, Entrent enz et voient covert Un dois [table] d'un tablier grant et lé — la Charrette, 983

XIIIe s.

  • El plus haut liu del dois [il] s'asiet — Partonop. V. 987
  • De princes est nés et de rois, Bien doit aseïr à haut dois — ib. V. 991
5 autres citations
  • Al maistre dois li escançon Ne misrent boivre s'en or non — ib. V. 1015
  • Puis est ens el palais entrés, U li disners est aprestés, Et beaus et rices et cortois, Et il se vait seïr al dois [table] — ib. V. 1599
  • Li rois a son leu [son loup] regardé, Joste le dois l'a apelé — Lai de Melion
  • Artus s'en est del dois tornés, De ci al leu [loup] en est alés — ib.
  • Si cum manger deveit li reis, Jà ert asis sur le haut deis — Lai del desiré

XVIe s.

  • Contre la cheminée de la dite chambre, y avoit un riche ders, tout couvert, pentes, fonds et dossier, de broderies à personnages — l'Ordre du roi Henri II, p. 321, dans DU CANGE, dagus
Étymologie

Provenç. deis. Le sens primitif est table à manger, comme le prouvent les anciens exemples et cette phrase de Mathieu Paris : Priore prandente ad magnam mensam quam dais vocamus. Il vient donc de discus (voy. DISQUE), table à manger. Comme la place où l'on posait le dais était élevée quand il s'agissait de grands personnages, dais a pris le sens d'estrade ; enfin, l'estrade étant garnie de tentures, on en est venu au sens d'aujourd'hui.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « dais » du Wiktionnaire.

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