enflure

nature
nom féminin
diction
[ɑ̃flyʁ] · 2 syllabes
attesté
1101
usage
4 par million de mots

Sens et définitions

Nom 5

  1. État de ce qui est enflé.
    • L’enflure du cœur, l’orgueil et la vanité.
  2. Chose enflée, bosse, tumeur.
    • D’un coup de reins je m’exhumai avec fracas, résolu à me secouer le sang par un petit pas de course modèle réduit quand je me découvris une enflure des mains et des chevilles tout à fait impressionnante. Jacques Perret, Le Caporal épinglé, Gallimard, 1947, page 59
  3. figuré Outrecuidance, vanité démesurée, orgueil injustifié
    • J'encensais la gloire insolente, et crevant dans mon enflure, je ne pardonnais aux autres aucune faiblesse de caractère, moi qui avais des vices dans le cœur ! George Sand, Lettres d'un voyageur, 1837
  4. figuré Amplification, exagération.
    • Avec les premières lois raciales d’octobre 1940, celles, plus draconiennes, de juin 1941, l’enflure quotidienne, à la radio, de la propagande et des injures antijuives, le pessimisme de mon père trouvait, s’il en avait été besoin, de quoi s’alimenter et croître. Claude Lanzmann, Le Lièvre de Patagonie, Gallimard, 2009, chapitre 4
  5. familier Personne méprisable ou importune ; arnaqueur.
    • … il y avait certains de nos codétenus qui étaient eux aussi de belles enflures de première classe, et c’était un peu la loi de la jungle, là-dedans... Henri Lœvenbruck, Nous rêvions juste de liberté, Flammarion, 2015

Citation

Tâchez donc de venir à bout de cette enflure au cou ; pour moi, je suis bien loin d'avoir des enflures, je diminue à vue d'œil, et je serai bientôt réduit à rien
Voltaire, Lett. Damilaville, 30 oct. 1767

Origine du mot

Enfler. — Littré, 1873

1873 — le Littré

ENFLURE s. f. (an-flu-r')

1 État de ce qui est enflé. L'enflure des membres suivit rapidement la piqûre de la vipère. repris par le Wiktionnaire

  • Elle avait une si grosse enflure à l'oreille que.... — SÉV., 544
  • .... Un jeune étourdi bouffi de vanité, Qui cache dans le faste et sous l'énorme enflure D'une grosse perruque et d'une garniture Le plus badin marquis qui vit jamais le jour — QUINAULT, Mère coquette, I, 2
1 autre citation
  • Tâchez donc de venir à bout de cette enflure au cou ; pour moi, je suis bien loin d'avoir des enflures, je diminue à vue d'œil, et je serai bientôt réduit à rien — VOLT., Lett. Damilaville, 30 oct. 1767

Fig.

  • Il ne faut pas guinder l'esprit ; les manières tendues et pénibles le remplissent d'une sotte présomption par une élévation étrangère et par une enflure vaine et ridicule au lieu d'une nourriture solide et vigoureuse — PASC., De l'esprit géom. II

Terme de vénerie. La première poussée du bois des chevreuils, ce qu'on nomme meule ou bosse chez les cerfs.

2Fig. Vaine présomption de soi-même.

  • Sévérité d'autant plus chrétienne, et par conséquent d'autant plus agréable à Dieu, qu'elle humilie plus l'homme et qu'elle rabaisse plus les enflures de son orgueil — BOURDAL., 3e dim. après la Pentecôte, Dominic. t. II, p. 345, dans POUGENS.
  • Ceux qui doivent leur enflure à l'autorité où ils sont établis — LA BRUY., XII

L'enflure du cœur, même sens.

  • L'orgueil est une enflure du cœur par laquelle l'homme s'étend et se grossit en quelque sorte en lui-même et rehausse son idée par celle de force, de grandeur et d'excellence — NICOLE, Ess. de mor. 1er traité, chap. 1
  • Il faut piquer cette enflure pour en faire sortir le vent qui la cause — ID., ib. ch. 2
4 autres citations
  • J'ai été blessée, comme vous, de l'enflure du cœur, ce mot d'enfure me déplaît ; et pour le reste ne vous avais-je pas dit que c'était [les Essais de morale de Nicole] de la même étoffe que Pascal ? — SÉV., 77
  • Je poursuis cette Morale de Nicole, que je trouve délicieuse.... j'ai même pardonné l'enflure du cœur en faveur du reste, et je soutiens qu'il n'y a point d'autre mot pour expliquer la vanité et l'orgueil, qui sont proprement du vent ; cherchez un autre mot — SÉV., 85
  • Plus de ces soupçons, plus de ces haines, plus de ces enflures de cœur, plus de ces fiertés, plus de ces aigreurs qui sont comme des semences de division et de discorde — BOURDAL., Carême, Sur la paix chrétienne
  • Les humiliations guériraient l'enflure de votre cœur — MASS., Car. Dang. des prosp.

3 L'enflure du style, le vice du style enflé.

  • Je hais ces mots d'enflure — PASC., dans COUSIN
  • Lis, je te soumets ma censure Contre le faux goût et l'enflure Des poëtes et des lecteurs — LAMOTTE, Odes, t. I, p. 125, dans POUGENS
2 autres citations
  • Ce qu'on appelle enflure n'est pour ainsi dire qu'un sublime contrefait — TURGOT, Ébauche du 2e disc. Progrès de l'esprit humain, p. 304
  • De grands mots et de petites idées ne sont jamais que de l'enflure — MARMONTEL, Élém. litt. Œuvres, t. x, p. 227, dans POUGENS
Historique

XIIe s.

  • Por enflour d'orguilh — Job, p. 472

XIVe s.

  • Enflure de sang — DU CANGE, flegmen.

XVe s.

  • Or me convient de rechef tourner au fait et à la matiere des Venitiens.... c'est à sçavoir de quelle maniere creva l'enflure de l'envie portée en leurs couraiges.... et le venin qui en saillit laid et abominable — Boucic. II, ch. 25

XVIe s.

  • Plusieurs en encoururent en grosses maladies de flux de ventre, enfleure et hydropisie — AMYOT, Anton. 64
  • Sans enfleure d'orgueil — LANOUE, 534
Étymologie

Enfler.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 2 de l’édition papier

Liens de sens

Synonymes

salaud

Terme générique

amplification outrecuidance

Terme spécifique

bosse engelure grosseur tuméfaction

Prononciation

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « enflure » du Wiktionnaire.

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