grosseur

nature
nom féminin
diction
[ɡʁosœʁ] · 2 syllabes
attesté
1101
usage
4 par million de mots

Sens et définitions

Nom 6

  1. État de ce qui est gros.
    • Le matin de ce jour-là, Reine, jugeant de son crime par la grosseur de la somme reçue, essaya d'avertir sa maîtresse. Honoré de Balzac, La Cousine Bette, 1847
  2. Volume d’un corps.
    • Il entra dans le bois, d’où il ressortit un peu après, écorçant avec son couteau une trique de grosseur assez respectable. H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 381 de l’édition de 1921
  3. familier Enflure.
    • Il lui est venu une grosseur à la gorge, au bras, etc.
  4. Grossièreté, manque de finesse.
    • Assez peu éclairée pour qu'on n'eût pas à souffrir de la grosseur des traits de son visage, […] j'accorde qu'elle se mettait en valeur assez bien. André Gide, Journal, 1906
2 emplois spécialisés
  1. Organes génitaux Enflure, tuméfaction, boule : Avoir une grosseur au sein.
  2. Industries du textile Dans un filé, endroit anormalement épaissi, d'un diamètre de plusieurs fois celui du fil normal adjacent avec des extrémités coniques.

Citation

Elle [la grenouille].... Envieuse s'étend et s'enfle et se travaille Pour égaler l'animal [le bœuf] en grosseur
Jean de La Fontaine, Fabl. I, 3

Origine du mot

Gros ; Berry, grousseur ; provenç. groissor ; espagn. grosor. Grosseur, comme il a été dit à GROSSESSE, a eu le sens de grossesse. — Littré, 1873

1873 — le Littré

GROSSEUR s. f. (grô-seur)

1 La circonférence, le volume de ce qui est gros. encore relevé aujourd’hui

  • Elle [la grenouille].... Envieuse s'étend et s'enfle et se travaille Pour égaler l'animal [le bœuf] en grosseur — LA FONT., Fabl. I, 3
  • Et son corps, ramassé dans sa courte grosseur, Fait gémir les coussins sous sa molle épaisseur — BOILEAU, Lutr. I
2 autres citations
  • La rapidité avec laquelle le soleil darde ses rayons est probablement en proportion avec sa grosseur, qui surpasse environ un million de fois celle de la terre — VOLT., Phil. Newt. II, 2
  • Sa grosseur [d'un homme] était si prodigieuse que sept personnes d'une taille médiocre pouvaient tenir ensemble dans son habit et le boutonner — BUFF., Suppl. à l'hist. nat. Œuv. t. XI, p. 118

2 Tumeur. Il a une grosseur au cou.

3 Ancien terme de jardinier.

  • être en grosseur, se disait de fruits qui, après avoir acquis la grosseur qu'il faut pour entrer en maturité, demeurent en cet état sans avancer — LA QUINTINYE, dans RICHELET
Historique

XIVe s.

  • La tunique retine fu sutille pour deux utilités : la premiere qu'el ne blecast par sa groisseur les humours... — H. DE MONDEVILLE, f° 17
  • Duc [Jusqu'] à tant que la groisseur du milieu du fer puisse estre comprise o estrumens à ce convenables — ID., 38, verso.

XVIe s.

  • Selon qu'il estoit necessaire à la grosseur de nostre esprit et à nostre arrogance — CALVIN, Instit. 271
  • L'Apsus, en grosseur, en roideur et vitesse de cours, ressemble assez au fleuve de Peneus — AMYOT, Flam. 4
Étymologie

Gros ; Berry, grousseur ; provenç. groissor ; espagn. grosor. Grosseur, comme il a été dit à GROSSESSE, a eu le sens de grossesse.

Supplément au dictionnaire

GROSSEUR. - HIST. Ajoutez :

XIIe s.

  • Là sus en ces desers pues [tu peux] deus arbres trover, Qui cent piés ont de haut et de grossor sont per — li Romans d'Alixandre, p. 351

XIIIe s.

  • Et enfla si durement, que la grosseur surmonta touz les membres — Histoire occidentale des croisades, t. II, p. 578

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « grosseur » du Wiktionnaire.

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