enfoncé
- nature
- adj masculin
- diction
- [ɑ̃fɔ̃se] · 3 syllabes
- usage
- 16 par million de mots
Sens et définitions
Adjectif 3
-
Qui n’est pas au niveau du reste, qui forme cavité, ou un endroit profond.
- Un lieu enfoncé, une partie enfoncée.
-
familier Qui a eu le dessous.
- S'ils font le coup ce soir, M. Rodolphe, qui croit qu'il se fera demain, est donc enfoncé. Eugène Sue, Les Mystères de Paris, Quarto Gallimard, page 148.
1 emploi spécialisé
- Véhicules automobiles Qualifie la déformation d'une surface, en creux.
Formes fléchies 1
-
Participe passé de enfoncer.
- Nous secouons contre eux la poussière de nos souliers, et nous prenons le large. Par malheur, M. R***, qui l’a déjà pris, s’est trompé de route, et au lieu de cornicher le long de la mer, il s’est enfoncé dans le continent. Rodolphe Töpffer, Nouveaux voyages en zigzag à la Grande Chartreuse, autour du Mont Blanc, dans les vallées d’Herenz, de Zermatt, au Grimsel, à Gênes et à la Corniche, Seizième journée, Lecou, 1854
Citation
Et dans le lit l'une et l'autre enfoncée Ne laissa pas de l'entendre fort bien
1873 — le Littré
ENFONCÉ, ÉE part. passé. (an-fon-sé, sée)
1 Poussé au fond. Des pieux enfoncés dans le sol de la rivière.
Par extension. Enfoncé sous les couvertures du lit.
- Et dans le lit l'une et l'autre enfoncée Ne laissa pas de l'entendre fort bien — LA FONT., Herm.
- Tout le reste du jour, enfoncé dans la forêt, j'y cherchais, j'y trouvais l'image des premiers temps, dont je traçais fièrement l'histoire — J. J. ROUSS., Confes. VIII
Fig.
- Dans un profond sommeil la paresse enfoncée D'aiguillons enflammés s'y trouvera pressée — CORN., Imit. I, 24
- Je suis actuellement enfoncé ou plutôt abîmé dans la ténébreuse matière de la formation des monstres — BONNET, Lett. div. Œuvres, t. XII, p. 316, dans POUGENS
2 autres citations
- Enfoncé dans les calculs des spéculations commerciales — MARMONTEL, Mém. X
- Il [Napoléon] raisonnait comme certains cœurs enfoncés dans l'habitude du vice, sentant qu'il en faut sortir, le désirant sincèrement, mais remettant de jour en jour, si bien que la vie finit pour eux avant qu'ils aient trouvé le temps de s'amender — THIERS, Hist. du Cons. et de l'Emp. XLIII
Populairement. Être enfoncé dans les affaires jusqu'aux sangles, y être engagé fort avant.
2 Qui a pénétré profondément. L'épée enfoncée jusqu'à la garde. Un clou enfoncé dans la muraille.
- Dans le sein d'Araspe un poignard enfoncé — CORN., Nicom. V, 8
- Tandis que dans son sein votre bras enfoncé Cherche un reste de sang que l'âge avait glacé — RAC., Andr. IV, 5
3 Profond. Une alcôve enfoncée. encore relevé aujourd’hui
Avoir les yeux enfoncés dans la tête, avoir les yeux creux.
Il a la tête enfoncée entre les deux épaules, c'est-à-dire il a le cou très court.
- Représentez-vous un petit homme haut de trois pieds et demi, extraordinairement gros, avec une tête enfoncée entre les deux épaules ; voilà mon oncle — LESAGE, Gil Blas, I, 1
Terme de botanique. Se dit des feuilles dont les intervalles des nervures sont creux ; des sutures des valves, lorsqu'elles sont placées au fond d'un sillon plus ou moins profond.
4Fig. Qui est plongé en quelque chose comme dans un fond, dans un abîme. Enfoncé dans ses réflexions, dans ses livres, dans ses études. encore relevé aujourd’hui
Être enfoncé dans une certaine société, y être entièrement livré, en avoir les idées, les préjugés.
- Il est fort enfoncé dans la cour, c'est tout dit ; La cour, comme l'on sait, ne tient pas pour l'esprit — MOL., Femm. sav. IV, 3
5 Avoir l'esprit enfoncé dans la matière, être épais, stupide.
- Mon Dieu ! ma chère, que ton père a la forme enfoncée dans la matière ! que son intelligence est épaisse et qu'il fait sombre dans son âme ! — MOL., Préc. 6
6 Un homme enfoncé, un homme qui cache ses pensées, ses sentiments.
- Il n'était pas de ces hommes enfoncés et impénétrables, sur le cœur de qui un voile fatal est toujours tiré — MASS., Or. fun. Villars.
7 Rompu. Une porte enfoncée.
Par extension. Le carré enfoncé par la cavalerie.
- Les Parthes au combat par les nôtres forcés, Tantôt presque vainqueurs, tantôt presque enfoncés — CORN., Rodog. I, 6
- Et des rangs enfoncés écrasant les débris — DELILLE, Énéide, X
8 Néologisme et populairement. Renversé, battu, mis en déroute. Enfoncé le prétendant ! La partie est perdue, nous voilà enfoncés.
Remarque
Bossuet et Fénelon ont employé enfoncé dans le sens de foncé : Ce sens n'est plus en usage.
- On sent à la longue qu'un noir trop enfoncé fait beaucoup de mal [à la vue] — BOSSUET, Conn. III, 3
- La ville se perd entre un bocage fort sombre et un petit bouquet d'autres arbres d'un vert brun et enfoncé — FÉN., t. XIX, p. 339
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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