frémir
- nature
- ver
- diction
- [fʁemiʁ] · 2 syllabes
- usage
- 8 par million de mots
Sens et définitions
Verbe 5
-
Faire entendre une succession de petits bruits, de tremblements.
- Le vent frémit dans le feuillage. La mer frémit.
-
Faire entendre des vibrations.
- Une cloche qui frémit.
-
Être pris d’une sorte de tremblement causé par la surprise, la peur, le froid.
- Buckingham demeura une minute haletant. Pendant cette minute, on vit ses lèvres trembler, ses joues frémir, ses yeux vaciller, comme dans le délire. Alexandre Dumas, Le Vicomte de Bragelonne, 1847, Michel Lévy frères, page 251
-
figuré Être en proie à une vive agitation, sous l’effet de quelque sentiment, de quelque passion.
- Ce n'est qu’en frémissant qu'il posait le pied dans un bateau, ce véhicule nautique fût-il assuré par une traille à roulettes. Castil-Blaze, Étienne Nicolas Méhul, dans la Revue de Paris, 1834, vol.1, p.22
1 emploi spécialisé
-
Cuisine
En parlant d’un liquide, être presque en ébullition, et produire un son léger.
- L’eau frémit dans la bouilloire.
Conjugaison
Indicatif
Présent
- je frémis
- tu frémis
- il frémit
- nous frémissons
- vous frémissez
- ils frémissent
Imparfait
- je frémissais
- tu frémissais
- il frémissait
- nous frémissions
- vous frémissiez
- ils frémissaient
Passé simple
- je frémis
- tu frémis
- il frémit
- nous frémîmes
- vous frémîtes
- ils frémirent
Futur simple
- je frémirai
- tu frémiras
- il frémira
- nous frémirons
- vous frémirez
- ils frémiront
Passé composé
- j'ai frémi
- tu as frémi
- il a frémi
- nous avons frémi
- vous avez frémi
- ils ont frémi
Plus-que-parfait
- j'avais frémi
- tu avais frémi
- il avait frémi
- nous avions frémi
- vous aviez frémi
- ils avaient frémi
Passé antérieur
- j'eus frémi
- tu eus frémi
- il eut frémi
- nous eûmes frémi
- vous eûtes frémi
- ils eurent frémi
Futur antérieur
- j'aurai frémi
- tu auras frémi
- il aura frémi
- nous aurons frémi
- vous aurez frémi
- ils auront frémi
Subjonctif
Présent
- je frémisse
- tu frémisses
- il frémisse
- nous frémissions
- vous frémissiez
- ils frémissent
Imparfait
- je frémisse
- tu frémisses
- il frémît
- nous frémissions
- vous frémissiez
- ils frémissent
Passé
- j'aie frémi
- tu aies frémi
- il ait frémi
- nous ayons frémi
- vous ayez frémi
- ils aient frémi
Plus-que-parfait
- j'eusse frémi
- tu eusses frémi
- il eût frémi
- nous eussions frémi
- vous eussiez frémi
- ils eussent frémi
Conditionnel
Présent
- je frémirais
- tu frémirais
- il frémirait
- nous frémirions
- vous frémiriez
- ils frémiraient
Passé
- j'aurais frémi
- tu aurais frémi
- il aurait frémi
- nous aurions frémi
- vous auriez frémi
- ils auraient frémi
Impératif
Présent
- frémis
- frémissons
- frémissez
Passé
- aie frémi
- ayons frémi
- ayez frémi
Formes impersonnelles
- Infinitif présent
- frémir
- Participe présent
- frémissant
- Participe passé
- frémi
Citation
Dans les combats, ils [les phoques] rugissent et frémissent comme le lion, et enfin dans la joie et après la victoire ils font un petit cri aigu qu'ils réitèrent plusieurs fois de suite
Origine du mot
Du latin fremere (« faire entendre un bruit sourd, retentir, murmurer, frémir »), devenu *fremīre en latin vulgaire.
Dans le dictionnaire latin : fremere
1873 — le Littré
FRÉMIR v. n. (fré-mir)
1 Produire un bruit par l'agitation de ce qui a beaucoup de parties. J'entends frémir les flots irrités. Le feuillage frémit. encore relevé aujourd’hui
Il se dit, par extension, de tout grand bruit.
- S'il querelle les vents, ils n'osent plus frémir — ROTR., St Genest, III, 2
- La discorde en fureur frémit de toutes parts — RAC., Esth. Prologue.
3 autres citations
- Mais l'airain menaçant frémit de toutes parts — ID., Athal. IV, 5
- Dans les combats, ils [les phoques] rugissent et frémissent comme le lion, et enfin dans la joie et après la victoire ils font un petit cri aigu qu'ils réitèrent plusieurs fois de suite — BUFF., Quadrup. t. XI, p. 193, dans POUGENS
- Comme un homme sauvé du naufrage sur un rocher, je contemple de ma solitude les orages qui frémissent dans le reste du monde — BERN. DE ST-PIERRE, Paul et Virg.
2 Éprouver un mouvement de vibration qui produit un frémissement léger, un faible murmure. encore relevé aujourd’hui
- Terre, frémis d'allégresse et de crainte — RAC., Esth. III, 9
- On sait que, si dans le même instrument il y a plusieurs cordes à l'unisson ou qui fassent leurs vibrations dans le même temps, si l'on pince une de ces cordes, toutes celles qui seront à son ton frémiront à la fois — BONNET, Ess. psychol. chap. 25
Il se dit aussi de l'eau qui murmure et s'agite avant de bouillir. L'eau ne tardera pas à bouillir, elle frémit déjà.
La mer frémit, elle commence à s'agiter.
3Fig. Éprouver un tremblement, une sorte de vibration intérieure par l'effet de la crainte, de l'horreur, de la colère. encore relevé aujourd’hui
- Nous fait frémir le cœur, nous tire de nous-mêmes — RÉGNIER, Sat. XVI
- Je ne puis, sans frémir, parler des auteurs d'un si exécrable attentat — VAUGEL., Q. C. liv. VI, dans RICHELET
14 autres citations
- Et la seule pensée en fait frémir d'horreur — CORN., Cinna, IV, 6
- D'où vient que tu frémis et que ton cœur soupire ? — ID., Poly. II, 1
- Même l'on dit que l'ouvrier [le statuaire] Eut à peine achevé l'image, Qu'on le vit frémir le premier Et redouter son propre ouvrage — LA FONT., Fabl. IX, 6
- Son nom seul fait frémir nos veuves et nos filles — RAC., Andr. I, 2
- J'aime à vous voir frémir à ce funeste nom — ID., Phèd. I, 3
- Ah ! combien frémira son ombre épouvantée ! — ID., ib. IV, 6
- Il faut des châtiments dont l'univers frémisse — ID., Esth. II, 1
- Qu'ils pleurent, ô mon Dieu, qu'ils frémissent de crainte, Ces malheureux qui de ta cité sainte Ne verront point l'éternelle splendeur — ID., Athal. II, 9
- Mais d'où vient que mon cœur frémit d'un saint effroi ? — ID., ib. III, 7
- ....trop au-dessus d'eux, je leur puis pardonner De frémir sous le joug que je veux leur donner — VOLT., M. de Cés. I, 4
- Plusieurs protestants étaient à table ; les uns se plaignaient amèrement [à la révocation de l'édit de Nantes], d'autres frémissaient de colère — ID., l'Ingénu, 8
- Les anciens ne s'étaient pas contentés de faire du cygne un chantre merveilleux ; seul entre tous les êtres qui frémissent à l'aspect de leur destruction, il chantait encore au moment de son agonie, et préludait par des sons harmonieux à son dernier soupir — BUFF., Ois. t. XVII, p. 39, dans POUGENS
- Mon cœur frémit de joie — DUCIS, Macbeth, II, 3
- Elle frémit de tous ses membres, et sûrement l'approche de l'échafaud ne lui aurait pas causé plus d'effroi — STAËL, Corinne, XVI, 3
Il se dit avec de et un infinitif.
- Et déjà, tout confus, croyant midi sonné, En soi-même frémit de n'avoir pas dîné — BOILEAU, Lutr. IV
- Honteux et frémissant de vous interroger — VOLT., Tancr. III, 4
Fig.
- Je vois que sa vertu frémit de leur fureur — RAC., Brit. IV, 3
- Bassesses dont votre orgueil frémit en secret — MASS., Carême, Culte.
2 autres citations
- Lorsqu'elle [la magistrature japonaise] a fait exposer les femmes nues, elle a fait frémir la pudeur — MONTESQ., Esp. XII, 14
- On m'en a envoyé des morceaux indignement falsifiés qui font frémir le bon goût et la décence — VOLT., Lett. Richelieu, 26 mai 1755
Cela fait frémir la nature, se dit de ce qui cause beaucoup d'horreur. Un spectacle à faire frémir la nature.
Historique
XIIe s.
- Pur quei fremirent les genz, et li pople purpenserent vaines coses ? — Liber psalm. p. 1
- Paien fremissent, l'ost est espoentée — Ronc. p. 66
4 autres citations
- [Il] Voit toute l'ost à une voiz fremir — ib. p. 155
- De la manace Deu puet altrement fremir Quiqu'unques.... — Th. le mart. 91
- Quant il l'oï, la char l'en prist tute à fremir — ib. 35
- Nos savons ke les lenges [langues] des anceles fremissent quant la dame n'i est mie — Job, p. 496
XIIIe s.
- Sachiés qu'il n'i ot si hardi à qui la char ne fremesist — VILLEH., LXI
- Quant l'entendi la vieille, de la paour fremist — Berte, XCI
2 autres citations
- Si te fremira tous li sans, Parole te faudra et sens, Quant tu cuideras commencier — la Rose, 2407
- Mais li chevaler Jhesu Crist N'out poür, ne ne se fremist — MARIE, Purgatoire, 379
XIVe s.
- Le pueple fermisoit et se douloit de leur servitude — BERCHEURE, f. 12
- Prenez de l'eau et mettez fremir [sur le feu jusqu'à ce qu'elle frémisse] — Ménagier, II, 5
XVe s.
- Qui donc vit fremir gens et appeler l'un l'autre, et querir piece de terre pour mieux loger.... voir pust grand triboulement — FROISS., I, I, 162
- Le roi qui tout fremissoit d'ire et de mautalent.... — ID., I, I, 289
XVIe s.
- Ils s'offensent de ceux [animaux] qui hurlent, ou qui buglent et fremissent, ou qui ont une hydeuse et triste mine à les voir — AMYOT, De la tranq. d'âme, 40
- Il faut qu'il [le philosophe] fremisse planté au bord d'un precipice — MONT., II, 20
Étymologie
Berry, vrombi, en parlant d'une toupie : ma toupie vrombit ; prov. fremir ; port. fremir ; ital. fremire ; du lat. fremĕre, par changement de conjugaison, fremīre, puis passage à une conjugaison inchoative en isco, fremisco ; comparez le grec βρέμειν et le sanscrit bhram, produire un bourdonnement. Mais l'ancienne langue avait aussi un dérivé direct de fremĕre qui était freindre, comme geindre, de gemere. Elle avait aussi, à côté de fremir, un verbe fremier auquel elle donnait une signification très semblable, mais qui, venant de formicare, fourmiller, s'était rapproché de frémir, par assimilation :
- La roÿne saut sus, si prent à fremier — Berte, LXXXVII
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
- Morphalou 3.1 — ATILF (CNRS / Université de Lorraine) LGPL-LR
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