français
- nature
- adj masculin
- diction
- [fʁɑ̃sɛ] · 2 syllabes
- usage
- 184 par million de mots
- parenté
- france
Sens et définitions
Adjectif 4
-
Relatif à la France, ou à ses habitants, ou à sa culture.
- Qu’a apporté le peuple français à l’histoire mondiale? Selon moi, ce n’est pas la révolution de 1789, mais un esprit chevaleresque. Dai Sijie, Le Complexe de Di, Gallimard, page 240
-
Relatif à la langue française, au français.
- Mais pour qu’une grammaire française soit respectée, il faut premièrement que la langue française continue à être employée et, ceux qui s’efforcent de l’empailler en conviendront, cette condition suppose l’existence d’un certain nombre de Français. Ludovic Naudeau, La France se regarde : Le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931
2 emplois spécialisés
- Noms d’habitants et noms de peuples Personne née en France ou qui y habite.
- Psycho- Langue romane parlée principalement en France, au Canada, en Belgique et en Suisse.
Nom 2
-
Langue romane parlée entre autres en France, en Suisse, en Belgique, au Canada (Québec, Nouveau-Brunswick, Ontario) et dans plusieurs pays d’Afrique (Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Mali, Sénégal, etc.).
- Nous connaissons très mal "les" français parlés hors de France. Jacques Cellard, « Le français hors de France », Le Monde, 15 janvier 1973
1 emploi spécialisé
-
Éducation
Éducation à cette langue, dispensée à des élèves.
- Une prof de français passait le permis de conduire avec comme examinateur le père d’un élève qu’elle venait de faire redoubler. Thomas Raphaël, La vie commence à 20h10 : Un rêve vaut bien quelques mensonges, éditions Flammarion, 2011, chapitre 12
Adverbe 1
-
Clairement, sans détour.
- Ne veut-elle plus coucher avec vous ? Là, parlons français, corbleu ! est-ce ça ? Flaubert, 1reéduc. sent., 1845
Citation
Il n'y a que les cœurs français qui connaissent cette sorte de délicatesse
Proverbes et citations
- FRANÇAIS. Le premier peuple de l'univers. Gustave Flaubert
Origine du mot
Du moyen français françois, de l’ancien français franceis, du latin Franciscus (« Franc, des Francs »), dérivé de Francus (« Franc »).
1873 — le Littré
FRANÇAIS, AISE adj. (fran-sê, sê-z')
1 Qui est de France. Le territoire français. Le caractère français. L'Académie française.
- Il semble que la bonne fortune de la langue française lui ait ménagé cette glorieuse prérogative d'être la première qui ait paru réunie en un corps si vaste et si étendu [un dictionnaire complet] — Préf. du Dict. de FURETIÈRE
- Dans le siècle passé, Charles Quint, d'ailleurs ennemi mortel de la France, aimait si fort la langue française qu'il s'en servit pour haranguer les États des Pays-Bas le jour qu'il fit son abdication — ib.
1 autre citation
- Il n'y a que les cœurs français qui connaissent cette sorte de délicatesse — J. J. ROUSS., Conf. X
Par extension. Être tout Français, être attaché aux intérêts de la France.
- Comme le sénateur [Morstein] était tout Français, son témoignage fit employer Caillières — SAINT-SIMON, 42, 241
- J'étais Français ardent [ardent partisan des Français], et cela me rendit nouvelliste — J. J. ROUSS., Conf. V
Théâtre français, théâtre de Paris consacré spécialement à la représentation des tragédies et des comédies. On dit, dans le même sens, au pluriel, les Français. Allons aux Français voir Cinna.
- Au sortir du concert je le mène aux Français, Où j'ai depuis huit jours une loge louée — BOISSY, Deh. tromp. III, 5
C'est une erreur de Mme de Genlis, comme on le voit par l'exemple de Boissy, dont la comédie citée plus haut est de 1740.
- Les Français pour la Comédie française, ellipse née pendant la révolution — Mme DE GENLIS, Mém. t. V, p. 91
2 S. m. et f. Celui, celle qui est née en France. Un Français. Une Française.
- L'on doit demeurer d'accord que les Français ont quelque chose en eux de poli, de galant, que n'ont point les autres nations — MOL., le Sicil. 14
- Un homme qui aurait vécu sous Louis XIV et qui reviendrait au monde ne reconnaîtrait plus les Français ; il croirait que les Allemands ont conquis ce pays-ci — VOLT., Lett. Cideville, 16 avr. 1735
2 autres citations
- Sous Hugues Capet, Robert, Henri et Philippe, on n'appela Français que les peuples en deçà de la Loire — ID., Dict. phil. Franc, France.
- Le résultat de cette savante conversation fut qu'on devait donner le nom de Francs aux pillards, le nom de Velches aux pillés et aux sots, et celui de Français à tous les gens aimables — ID., Disc. aux Velches, Suppl.
Collectivement. Le Français est léger.
- Le Français, né malin, forma le vaudeville — BOILEAU, Art p. II
Roi des Français, qualification donnée à Louis XVI en 1789, d'après une distinction subtile et fausse de J. J. Rousseau qui prétendait que le nom de la terre après le mot roi, empereur, impliquait la possession absolue du sol et même des personnes. Cette qualification fut reprise par Louis-Philippe en 1830.
3 S. m. Le français, la langue française. Apprendre, enseigner le français. encore relevé aujourd’hui
- La capitale de l'empire romain et de l'Église latine, où toutes les autres langues devraient se taire, quand le latin parle, Rome, dis-je, observe pourtant cette coutume dans la publication du jubilé, que deux prêtres en lisent la bulle, l'un en latin, l'autre en français sur deux chaires différentes dans l'église de Saint-Pierre du Vatican — Préf. du Dict. de FURETIÈRE
- Ce qui rend encore le français plus commun, c'est la perfection où le théâtre a été porté dans cette langue ; c'est à Cinna, à Phèdre, au Misanthrope qu'elle a dû sa vogue, et non pas aux conquêtes de Louis XIV — VOLT., Dict. phil. Langues.
1 autre citation
- On prétend que le latin était, par la vivacité des ellipses et par la variété des inversions, plus propre à l'éloquence ; le français le serait plus à la philosophie par l'ordre et la simplicité de la syntaxe — DUCLOS, Gramm. Œuv. t. IX, p. 94, dans POUGENS
Écrire en français, écrire correctement dans la langue française.
- Je me pique seulement d'écrire en français ; c'est un devoir indispensable que tout le monde a négligé depuis Racine — VOLT., Lett. d'Argental, 2 mars 1772
En langage d'écolier, le bon français, la traduction plus élégante qui se fait après l'explication littérale. Mettez ce morceau en bon français. Répéter le bon français.
Entendre le français, comprendre la langue française.
Fig. Entendre le français, comprendre à demi-mot.
- Hé ! pourquoi donc ne pas parler ? que craignez-vous ? les petites filles du palais entendent le français, monsieur, je vous en réponds — DANCOURT, la Gazette, sc. 2
- M. de Duras se disposait à se trouver à Versailles ; le roi lui manda de ne point venir et de ne songer qu'à sa santé il entendit le français et demeura à Paris — SAINT-SIMON, 108, 154
Familièrement. Entendez-vous le français ? comprenez-vous mon avertissement, ma menace, etc. ?
J'entends le français, je vous comprends parfaitement.
En bon français, clairement, franchement, sans ménagement.
- Notre ennemi, c'est notre maître : Je vous le dis en bon français — LA FONT., Fabl. VI, 8
- Qu'est-ce donc ? qu'ai-je fait ? - Le sot, en bon français — MOL., l'Ét. I, 8
Adjectivement. Ce qui n'est pas clair n'est pas français.
Cela n'est pas français, se dit d'un propos contraire à l'honneur, au sentiment national, à la galanterie.
Adverbialement. Parler français, s'exprimer en langage français. Cet étranger parle français.
- On l'entend [la langue française] et on la parle dans toutes les cours de l'Europe, et il n'est point rare d'y trouver des gens qui parlent français et qui écrivent en français aussi purement que les Français mêmes — Préf. du Dict. de FURETIÈRE
- Parlez grec, latin, italien au peuple, mais parlez français au sage — DIDER., Lettre sur les sourds et muets
Fig. Parler français, s'expliquer clairement, intelligiblement.
Parler français, expliquer nettement son intention sur quelque affaire. Expliquez-vous, on a bien de la peine à vous faire parler français.
- Ce discours était assez net, et il était difficile de parler plus français — MARIV., Marianne, 1re part.
Parler français à quelqu'un, lui parler avec autorité et d'un ton menaçant.
- Mme de Montespan la renvoyait [la fille de M. du Maine] quand elle l'importunait, et lui parlait extrêmement français — SAINT-SIMON, 180, 159
4 À la française, à la manière des Français. S'habiller à la française. encore relevé aujourd’hui
- Il n'y a rien de si ridicule que l'italien chanté à la française, si ce n'est peut-être le français chanté à l'italienne — VOLT., Temple du goût.
Remarque
Français s'est longtemps écrit comme François, lors même que la prononciation avait changé. C'est dans le XVIe siècle que la prononciation changea : on n'osa plus, selon un auteur contemporain, dont voici les termes : Voltaire, comme on sait, insista beaucoup pour qu'on écrivît français : Cette innovation fut combattue ; et Louis Racine, dans la préface de ses Remarques sur le théâtre de son père, dit : " Vous ne serez pas, monsieur, de ceux qui écrivent français, au lieu de françois. " D'Alembert objectait que, faisant tant que de changer, il faudrait écrire francès : On ferait peut-être bien d'ajouter que français ne représente guère mieux la prononciation, et qu'on devrait écrire francès comme procès, Lett. à Voltaire, 11 mars 1770. Toutefois l'innovation a prévalu, avec raison, puisqu'il y a toujours de l'inconvénient à écrire de même deux sons différents sans aucun moyen de les distinguer. On remarquera que jadis la diphthongue oi se prononçait plutôt ouè que oua ; de sorte que le passage de la prononciation de oi en è a été moins difficile qu'il ne le semble d'abord.
- On y fait l'homme d'importance, Et l'on n'est souvent qu'un bourgeois, C'est proprement le mal françois — LA FONT., Fabl. VIII, 15
- À mon gré, le Corneille est joli quelquefois ; En vérité pour moi j'aime le beau françois — BOILEAU, Sat. III
2 autres citations
- dire françois et françoise, sur peine d'être appelé pédant ; mais faut dire francès et francèse comme anglès et anglèse — D'OLIVET, Rem. Racine, § 10
- On prononce aujourd'hui français, et quelques auteurs l'écrivent de même ; ils en donnent pour raison qu'il faut distinguer françois, qui signifie une nation, de François, qui est un nom propre — VOLT., Dict. phil. François
Historique
XIe s.
- Dient Franceis : il nus i convient garde — Ch. de Rol. XII
XIIe s.
- Encor ne soit ma parole françoise, Si la puet-on bien entendre en françois — QUESNES, Romancero, p. 83
XIIIe s.
- Pour aprendre françois [à] leur filles et leur fils — Berte, v
- [Ils] Surent près d'aussi bien le françois de Paris — ib.
2 autres citations
- Il n'est nus [nul] qui françois seüst.... — la Rose, 7225
- Les maisons n'estoient pas L'une lez l'autre à quatre pas ; Ainz i avoit, dont muit leur poise, Le tiers d'une liue franchoise — RUTEB., 296
XIVe s.
- Vin françois [vin qui se recueille dans la province anciennement dite île de France] — Ord. des rois, t. III, p. 298
XVe s.
- Avec tout ce les Foissois [gens de Foix] ont les cœurs tous françois, et de leger recevront le roi de France à seigneur — FROISS., III, IV, 23
- Lequel comte de Foix, si très tost comme il me vit, me fit bonne chere, et me dit en bon françois.... — ID., II, III, 1
1 autre citation
- Au commencement des guerres, et que.... messire Olivier de Cliçon fut devenu bon françois — ID., II, III, 8
XVIe s.
- Car quoique né de Paris je ne sois, Point je ne laisse à estre bon françois — MAROT, II, 175
- Approche-toi, Charles, tant loing tu sois, Du magnanime et puissant roy françois — ID., II, 303
4 autres citations
- Mais à ce dernier roole de la mort et de nous, il n'y a plus que feindre, il faut parler françois — MONT., I, 67
- Un peu de chasque chose, et rien du tout : à la françoise — ID., I, 154
- Il lui donnoit de bon vin, et le fournissoit quelque fois de compagnie françoise [de filles] — DESPER., Contes, t. I, p. 226, dans LACURNE
- Les gens d'armes françois du sieur de Teligny, qui estoient las, n'en tinrent compte, et se voulurent coucher à la françoise [se déshabiller pour se coucher] et eux despouiller, disant qu'ilz n'avoient garde — ROB. DE LA MARK, Mémoires, ms. p. 79, dans LACURNE
Étymologie
Franc 1, avec le suffixe ois ou eis, qui répond au suffixe italien ese, et qui vient du suffixe latin ensis. Franceis en Normandie, françois dans le Nord.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (profondeur)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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