fricasser
- nature
- verbe
- diction
- [fʁikase]
Sens et définitions
verbe 2
- (Cuisine) Faire cuire dans la poêle, dans une casserole de la viande coupée en morceaux, des légumes
- (Figuré) (Populaire) Dissiper en débauches et en bonne chère
Origine du mot
D'après Diez, un radical fric, qui se trouve dans fric-andeau, fric-asser, fric-ot, et qui provient du germanique : goth. friks ; anc. h. allem. freh, avide ; anglo-sax. frec, hardi ; anc. angl. frek, vif. Il y a, dans l'ancien français, frique, et, dans le provençal, fric, qui signifient vif ; ceux-là se rattachent sans doute au germanique par le sens et par la forme ; quant à fricot, fricasser, fricandeau, Diez les y rattache aussi par la signification d'avide, d'où ce qui excite l'avidité, ce qui plaît au goût. Toutefois cette opinion n'a pas rallié tout le monde ; et Mahn croit que le radical fric est dans fricare, mot que donne du Cange avec le sens de frire ; il y voit une corruption de frictare, fréquentatif fictif de frigere, frire. Peut-être on peut en concevoir la formation autrement ; le bas-latin a frixa, friture, qui est correct ; d'où frica, qui se trouve, et fricare, qui se suppose. Dans l'opinion de Diez on ne comprend pas la syllabe and dans fricandeau et dans fricanderie, sorte de gâteau (DU CANGE, frixa) ; au lieu que, avec fricare, fricandeau, fricanderie sont des dérivés de fricans ou fricandus. — Littré, 1873
1873 — le Littré
FRICASSER v. a. (fri-ka-sé)
1 Accommoder de la viande, surtout de la viande coupée par morceaux, ou des légumes avec du beurre, ou les faire cuire dans une sauce. Fricasser du veau, des pommes de terre. Fricasser un poulet. encore relevé aujourd’hui
Absolument.
- Cependant on fricasse, on se rue en cuisine — LA FONT., Fabl. IV, 4
Fricasser chair et poisson, faire grande chère.
- Elle est partie de chez Bayard après y avoir brillé, et dansé, et fricassé chair et poisson — SÉV., 281
Familièrement et ironiquement. L'on t'en fricasse, c'est-à-dire tu n'en auras pas, ce n'est pas pour ton nez.
- Moi je te chercherais ? ma foi ! l'on t'en fricasse Des filles comme nous — MOL., le Dép. IV, 4
2Fig. et familièrement. Dissiper en dépenses extravagantes. encore relevé aujourd’hui
- Sans fruit aucun [il] vendit et fricassa Tout son avoir.... — LA FONT., Fauc.
- Guilleragues avait des amis et vivait à leurs dépens, parce qu'il avait tout fricassé — SAINT-SIMON, 39, 200
2 autres citations
- D'Aubeterre fut le plus bas valet de M. de Vaudemont, qui lui valut bien de l'argent qu'il fricassa en panier percé qu'il était — ID., 172, 38
- Mon émerveillement dure toujours que le fils de Samuel nous ait fait banqueroute six mois après, et qu'il ait trouvé le secret de fricasser huit millions obscurément et sans plaisir — VOLT., Lett. d'Argental, 15 mai 1758
3Fig. et très familièrement. Faire périr, perdre.
- Et s'il eût cru lors son courage, L'animal s'en venait à nous, Et nous étions fricassés tous — SCARR., Virg. III
4Populairement. Préparer à manger. encore relevé aujourd’hui
5 Se fricasser, v. réfl. Être fricassé. Les poulets se fricassent ainsi.
Historique
XVe s.
- L'espée estoit toute d'acier, ....Mais l'hoste la me fist menger, Fourreau et tout sans friscasser — VILLON, Repues franches, Ball. des ecoutants.
XVIe s.
- ....De mil et avoine fricassés en une poille avec un peu de vin blanc — PARÉ, VIII, 41
- Nous voyons souvent une milliasse de pauvres hommes fricassés sous une mine ou cazematte — ID., IX, Préf.
1 autre citation
- Ils jettent leur cinabre sur la braise, et les fricassent et parfument comme font les mareschaux quelque cheval morveux — ID., XVI, 14
Étymologie
D'après Diez, un radical fric, qui se trouve dans fric-andeau, fric-asser, fric-ot, et qui provient du germanique : goth. friks ; anc. h. allem. freh, avide ; anglo-sax. frec, hardi ; anc. angl. frek, vif. Il y a, dans l'ancien français, frique, et, dans le provençal, fric, qui signifient vif ; ceux-là se rattachent sans doute au germanique par le sens et par la forme ; quant à fricot, fricasser, fricandeau, Diez les y rattache aussi par la signification d'avide, d'où ce qui excite l'avidité, ce qui plaît au goût. Toutefois cette opinion n'a pas rallié tout le monde ; et Mahn croit que le radical fric est dans fricare, mot que donne du Cange avec le sens de frire ; il y voit une corruption de frictare, fréquentatif fictif de frigere, frire. Peut-être on peut en concevoir la formation autrement ; le bas-latin a frixa, friture, qui est correct ; d'où frica, qui se trouve, et fricare, qui se suppose. Dans l'opinion de Diez on ne comprend pas la syllabe and dans fricandeau et dans fricanderie, sorte de gâteau (DU CANGE, frixa) ; au lieu que, avec fricare, fricandeau, fricanderie sont des dérivés de fricans ou fricandus. Quant à fricare, frotter, auquel on peut songer, outre que le sens n'est pas commode, il avait donné d'autres formes, froier, fraier.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire (dump du 6 juillet 2026) Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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