hypocrisie

nature
nom féminin
diction
[ipokʁizi] · 4 syllabes
usage
10 par million de mots
parenté
hypo

Sens et définitions

Nom 4

  1. Vice consistant à s'attribuer une vertu, une croyance ou une opinion, une piété ou un sentiment noble que l'on n'a pas.
    • L’hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu. La Rochefoucauld
  2. (sens large) Fait de s'attribuer faussement des valeurs ou pratiques morales.
  3. Critique d'autrui fondée sur une valeur que l'on contredit soi-même.
  4. Critique d'autrui que l'on n'applique pas à soi-même, ou pas de la même façon.

Citation

Il passe pour un saint dans votre fantaisie ; Mais son fait, croyez-moi, n'est rien qu'hypocrisie
Molière, Tartuffe, I, 1

Origine du mot

(Antiquité) Du latin hypocrisis, emprunté au grec ancien ὑπόκρισις, hypókrisis (« faux semblant »). Le terme fait référence aux acteurs antiques qui faisaient semblant.

Dans le dictionnaire latin : hypocrisis

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1873 — le Littré

HYPOCRISIE s. f. (i-po-kri-zie)

Vice qui consiste à affecter une piété, une vertu, un noble sentiment qu'on n'a pas. encore relevé aujourd’hui

  • Il passe pour un saint dans votre fantaisie ; Mais son fait, croyez-moi, n'est rien qu'hypocrisie — MOL., Tartuffe, I, 1
  • Il n'y a plus de honte à cela maintenant : l'hypocrisie est un vice à la mode, et tous les vices à la mode passent pour vertus — ID., D. Juan, V, 2
4 autres citations
  • Que de conversions fausses ! le péché vaut encore mieux que l'hypocrisie — MAINTENON, Lett. au card. de Noailles, mars 1700
  • L'hypocrisie.... c'est, comme on dit, un hommage que le vice rend à la vertu — VOLT., Polit. et législ. Dial. entre un mourant et un homme qui se porte bien
  • L'hypocrisie est de toutes les conditions ; mais où ce vice doit-il être le plus commun, si ce n'est dans celle où les mauvaises mœurs seraient le plus scandaleuses ? — DIDEROT, Claude et Néron, XL, 50
  • La charlatanerie, espèce d'hypocrisie qui, née du goût pour les sciences, croît avec elles et se multiplie à mesure qu'elles se répandent — CONDORCET, Duhamel.

Hypocrisie de mœurs, affectation de s'indigner de tout ce qui semble porter atteinte aux mœurs, à la chasteté.

  • Cette hypocrisie de mœurs, vice particulier aux nations modernes de l'Europe et qui a contribué plus qu'on ne croit à détruire l'énergie de caractère qui distingue les nations antiques — CONDORCET, Vie de Voltaire, p. 114

Hypocrisie se prend quelquefois dans un sens moins odieux, surtout dans le style léger, pour désigner en un moment donné l'affectation de sentiments qu'on n'éprouve pas.

  • Abusée par la sentimentale hypocrisie du vicomte, elle ne doutait plus du triomphe — CH. DE BERNARD, un Homme sérieux, § 19
Historique

XIIe s.

  • Il donne, selon l'evangile, Sanz ypocrisie et sans guile — CHRESTIEN DE TROIES, dans HOLLAND, Chrestien von Troies, p. 7

XIVe s.

  • Ypocrisie est quant la personne fait semblant par dehors qu'elle est pleine de vertus par dedens — Ménagier, I, 3

XVe s.

  • Donnez pour Dieu ; faictes secretement Vos aumosnes, non par ypocrisie — E. DESCH., Conseils aux dames.

XVIe s.

  • Mais je me doubte, et à ma fantaisie, Que là estoit cachée hypocrisie — MAROT, I, 276
Étymologie

Provenç. ypocrisia ; espagn. hipocresia ; ital. ipocrisia ; du lat. hypocrisis, qui vient de ὑπόϰρισις, signifiant rôle joué, et, figurément, hypocrisie (voy. HYPOCRITE). Le XVIe siècle avait un verbe hypocriser, faire l'hypocrite, qui est perdu.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « hypocrisie » du Wiktionnaire.

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