narquois

nature
adj masculin
diction
[naʁkwa] · 2 syllabes
attesté
1590
usage
5 par million de mots

Sens et définitions

Adjectif 2

  1. Rusé, moqueur, ironique, malicieux.
    • Elle me lorgne, l’œil narquois, méchant pour tout dire. Philippe Delaroche, Caïn et Abel avaient un frère, Éditions de l’Olivier / Le Seuil, 2000, page 112
  2. vieilli Argotique.
    • … plusieurs manuscrits… tant en la langue vulgaire que narquoise. L'Abbé D'Aubignac, Nouvelle Histoire du temps, 1655

Nom 2

  1. vieilli Mendiant, coquin, filou.
    • C’était une espèce de faux soldat, un narquois, comme on disait en argot, qui défaisait en sifflant les bandages de sa fausse blessure, et qui dégourdissait son genou sain et vigoureux, emmailloté depuis le matin dans mille ligatures. Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, 1832
  2. vieilli Argot.
    • Jusqu’à Vidocq, tous les témoignages attestent le caractère cryptologique du jobelin, du blesquin, du narquois, de l’argot, langages secrets et conventionnels dont se servent les classes criminelles pour éluder l’attention de leurs dupes. Pierre Guiraud, L’argot, Que sais-je ?, 1956

Citation

Maint vieux chat, fin, subtil et narquois, Et d'ailleurs en voulant à toute cette race, Les guetta, les prit, fit main basse
Jean de La Fontaine, Fabl. XII, 8

Origine du mot

Avec pour le sens moderne, l’influence de narguer que Littré donne pour étymon du mot, probablement de l’ancien français arquin (« soldat, vagabond ») avec agglutination de la nasale de l'article indéfini ; arquin avait le sens de « archer », la finale est influencée par matois avec lequel il était souvent associé.

1873 — le Littré

NARQUOIS, OISE adj. (nar-koî, koî-z')

1 Qui se plaît à tromper et à railler. Un paysan narquois. encore relevé aujourd’hui

  • Maint vieux chat, fin, subtil et narquois, Et d'ailleurs en voulant à toute cette race, Les guetta, les prit, fit main basse — LA FONT., Fabl. XII, 8

Substantivement. C'est un narquois, une narquoise.

2 Narquois a signifié autrefois voleur, filou.

  • Quoi, ma bonne dame, quand non-seulement tous vos charlatans, coupe-bourses, narquois, matois, brelandiers, affronteurs, tirelaines, magiciens, faux jouailiers, usuriers.... seraient pour telle cause réduits à l'aumône, etc... — Lettre de la ville de Tours à celle de Paris, 1620, dans FR. MICHEL, Argot

3 Parler narquois, parler un jargon qui n'est entendu que de ceux qui sont d'intelligence ensemble pour tromper quelqu'un. (par allusion aux habitudes d'escroquerie qu'avait M. d'Angoulême).

  • En narquois de Bigot, on appelle ce que je viens de vous dire en vers... — SCARRON, Lettres, Œuv. t. I, p. 239
  • Un jour qu'on disait à feu Armentières que M. d'Angoulême savait je ne sais combien de langues : Ma foi, dit-il, je croyais qu'il ne savait que le narquois — TALLEMANT DES RÉAUX, Historiettes, édit. in-12, t. I, p. 220
1 autre citation
  • Dans un autre lieu.... est un noble édifice qui sert de bibliothèque aux coquets ; elle est.... fournie de plusieurs manuscrits.... tant en la langue vulgaire que narquoise — L'ABBÉ D'AUBIGNAC, Nouvelle histoire du temps, etc. 1655, in-12, p. 48
Historique

XVIe s.

  • Ce bon homme fut aperceu par un grand desgouté narquois, qui le congnoissoit à sa physionomie propre à estre denyaisè — DES ACCORDS, Escraignes dijonnoises, p. 27, dans LACURNE
Étymologie

Même radical que narguer.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « narquois » du Wiktionnaire.

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