ouïe
- nature
- nom féminin
- diction
- [wi] · 1 syllabe
- usage
- 6 par million de mots
Sens et définitions
Nom 6
-
Sens par lequel on perçoit les sons, les autres sens sont la vue, l’odorat, le goût, le toucher ou encore la douleur.
- Le premier sens qui s’éveilla en moi fut celui de l’ouïe : je crus entendre le bruit d’une petite sonnette, […]. Alexandre Dumas, Othon l’archer, 1839
-
Action d'ouïr, d'entendre (seulement dans quelques locutions figées).
- À l'ouïe de ces nobles paroles, des flottements se produisirent dans la foule. Claude Pearson, La mort atomique, troisième partie, chapitre VIII ; Éditions Reflets, Genève, 1947, p. 264
-
Branchies ou organe en forme de peigne qui sont renfermés dans une ouïe et qui servent à la respiration.
- Ce maquereau est frais, il a les ouïes toutes vermeilles.
- Ouverture pratiquée dans la table supérieure de certains instruments de musique, tels que le violon, la harpe, etc., et par laquelle sort le son.
2 emplois spécialisés
-
Ichtyologie
Ouverture en forme d’oreille que les poissons ont de chaque côté de la tête et qui donne issue à l’eau qui est entrée dans leur bouche pour la respiration.
- les harengs, légèrement tordus, montraient tous, sur leurs robes lamées, la meurtrissure de leurs ouïes saignantes. Émile Zola, Le Ventre de Paris, Georges Charpentier, Paris, 1873
- Instruments de musique à cordes Ouverture pratiquée dans la table d'harmonie des instruments à cordes et mettant la caisse de résonance en relation avec l'air ambiant.
Interjection 1
- Autre orthographe de ouille, interjection exprimant la douleur, l’inquiétude, etc.
Formes fléchies 1
- Participe passé féminin singulier du verbe ouïr.
Citation
Il faut faire entrer les instructions qu'on donne aux enfants non-seulement par l'ouïe, mais aussi par la vue
Origine du mot
Ouï. — Littré, 1873
1873 — le Littré
OUÏE s. f. (ou-ie)
1 Celui des cinq sens par lequel on reçoit les sons. Avoir l'ouïe fine, subtile, délicate. L'organe de l'ouïe. L'ouïe s'exerce d'une manière passive et d'une manière active : il y a entre ces deux modes la même différence qu'entre entendre et écouter. encore relevé aujourd’hui
- Quand tout faillit en toi, plus de goût, plus d'ouïe — LA FONT., Fabl. VIII, 1
- Il faut faire entrer les instructions qu'on donne aux enfants non-seulement par l'ouïe, mais aussi par la vue — NICOLE, Éduc. du prince, dans RICHELET
4 autres citations
- Quand nous disons avec saint Paul que la foi vient de l'ouïe, nous exprimons par ces termes l'effet particulier de la prédication — BOSSUET, Euchar. II, 3
- De tous les sens, l'ouïe est celui qui trouble le plus l'âme, qui la frappe et l'émeut avec le plus de promptitude — ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. IX, p. 503, dans POUGENS
- L'ouïe est, après la vue, le sens le plus parfait chez les oiseaux ; ils forment un grand peuple de musiciens — BONNET, Contempl. nat. III, 27
- L'ouïe a une finesse et une précision qui saisit les nuances les plus légères : tandis que l'œil sépare grossièrement les couleurs et remarque à peine la quatre-centième partie d'une ligne, l'oreille aperçoit le comma, qui est pour elle une quantité bien autrement petite — SENNEBIER, Ess. art d'observ. t. I, p. 191, dans POUGENS
Fig.
- Le Saint-Esprit donne aux oreilles [du grand corps de l'Église] d'entendre et d'être l'ouïe commune de tous les membres — FÉN., t. II, p. 25
2 Acte d'ouïr, audition, usité seulement en ce sens dans les locutions suivantes. encore relevé aujourd’hui
Terme forestier. Ouïe de la cognée, espace qui entoure la coupe, et dans lequel on ne pourrait enlever du bois sans que le bruit de la cognée ne fût entendu de la coupe.
- Les marchands demeureront responsables de tous les délits qui se feront à l'ouïe de la cognée aux environs de leurs ventes, — Ordonn. des eaux et forêts, titre XV, 51
À l'ouïe de, à l'audition de..., locution bonne, qu'on dit à Genève et qui appartient au style réfugié (style des protestants français chassés par la révocation de l'édit de Nantes).
- À l'ouïe de ces mêmes sons.... — CH. BONNET, Contempl. nat. XII, 28
- À l'ouïe d'un nom aussi respectable que celui de la vertu, il me semble.... — LENFANT, Premier sermon, dans HUMBERT, Gloss. gén.
À perte d'ouïe, loc. adv. Aussi loin que l'ouïe peut s'étendre.
- Quand je me trouve dans une vaste plaine, disait un aveugle, en portant la main à son oreille et en étendant le bras avec un geste très expressif, il me semble que je suis à perte d'ouïe, — DUFAU.
3 S. f. pl. Les ouïes, organes que les poissons ont aux côtés de la tête, ainsi dits par assimilation des ouïes avec des oreilles ; ce sont deux appareils respiratoires placés de chaque côté de la tête, formés par les branchies et protégés, chez la plupart, par les opercules. encore relevé aujourd’hui
- Les vrais poissons n'ont point de poumons, ils ont des ouïes qui leur en tiennent lieu ; tous les cétacés, au contraire, ont de vrais poumons — BONNET, Contempl. nat. XII, 27
Fig. Il a les ouïes pâles, se dit d'un homme dont le visage fait paraître qu'il a été malade, qu'il a eu quelque grande affliction (locution qui vient de ce que l'on reconnaît à la blancheur des ouïes que le poisson n'est pas frais).
Il se dit aussi des ouvertures où sont placées les ouïes. Prendre une carpe par les ouïes.
4 Fig. Terme de luthier. Les ouïes, les ouvertures qui sont sur la table de certains instruments de musique, et qui contribuent à augmenter le son. encore relevé aujourd’hui
Historique
XIe s.
- Del cor qu'il tient, l'oïe en est mult grant — Ch. de Rol. CXXXII
XIIe s.
- Tervagan [il] fiert quanqu'il pot lez l'oïe — Ronc. p. 116
- Trois fois [il] le sonne, si loinz en va l'oïe — ib. 142
XIIIe s.
- Et si ne vous chaut d'escouter Ceus qui sont plain de vilonie ; Errant [aussitôt] lor fetes sorde oïe — Lai du conseil
- Briefment cis leus [ce lieu] n'a point d'oïe ; Vostre vois ne puet estre oïe, Fors que de moi tant solement — la Rose, 16625
2 autres citations
- Li quens Robers de Flandres part de la baronie, à Aras est venus à Clemence s'amie, Souavet li conseille doucement en l'oïe : Dame, jou ai la crois — Ch. d'Ant. I, 902
- Et s'il [des arbitres] ooient el point que li arbitrages fu encarquiés, et après il deviennent sourt qu'il n'oent goute, on le doit atendre un an et un jor por savoir s'il rauroit s'oye — BEAUMANOIR, XLI, 11
XVe s.
- Et puis assembler les peult-on, Comme j'ay dict en la raison Qui te doibt entrer en l'ouye — la Font. 518
XVIe s.
- Il devint enfin si peureux, qu'il trembloit à la veue du moindre esclair et à l'ouïe du moindre tonnerre — D'AUB., Conf. I, 7
- Les aiguillons de la vive sont veneneux, principalement ceux qui sont au bout de ses ouyes — PARÉ, XXIII, 40
Étymologie
Ouï.
Supplément au dictionnaire
OUÏE. Ajoutez : - REM. La locution à l'ouïe de est indiquée dans l'article, n° 2, comme propre à Genève et au style réfugié. J. J. Rousseau, naturellement, s'en est servi : Cette locution est bonne et mérite d'être employée.
- Je suis persuadé qu'à l'ouïe de cette nouvelle, vous commencerez par interroger celui qui l'atteste — J. J. ROUSS., Lett. à M. de Beaumont
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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