risée
- nature
- nom féminin
- diction
- [ʁize] · 2 syllabes
- usage
- 4 par million de mots
Sens et définitions
Nom 7
-
Grand éclat de rire que font plusieurs personnes ensemble, en se moquant de quelqu’un ou de quelque chose.
- Il s’éleva une grande risée, une risée universelle de toute l’assemblée.
-
Moquerie.
- Son cauchemar habituel était la peur d’être exposé à la risée publique. Stendhal, Lucien Leuwen, 1834
-
Objet de la risée, de la moquerie.
- Ce grand homme, révéré par M. d’Artagnan père, servait de risée aux mousquetaires de M. de Tréville. Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires, 1844
4 emplois spécialisés
-
Marine
Augmentation soudaine et brève de l'intensité du vent à la surface de l'eau. Une risée est moins violente que la rafale : son augmentation n'est que de 2 ou 3 nœuds par rapport au vent nominal.
- Le canot, enlevé par le souffle humide de la risée de l’est, glissa comme une mauve sur la mer verdissante qui caressait le rivage de l’île […] Édouard Corbière, Les îlots de Martin Vaz, tome I, J.-J. Simon et Sacré fils, Bruxelles, 1842, page 112
-
Marine
Rides qu'elle provoque à la surface de l'eau.
- Les risées locales apparaissent comme des zones plus sombres, dues à la présence d’un plus grand nombre de vagues capillaires. Marc Parenthoën, Animation phénoménologique de la mer — une approche énactive —, Modélisation et simulation, Université de Bretagne occidentale, Brest, 2004, p. 29
- Yachting et navigation de plaisance Petite brise subite et provoquant quelques rides à la surface de la mer.
- Yachting et navigation de plaisance Petite brise, subite et passagère.
Formes fléchies 1
- Participe passé féminin singulier de riser.
Citation
À tous les éclats de risée [du parterre], il haussait les épaules
Origine du mot
latin — abeo « Devenir la risée du monde »
1873 — le Littré
RISÉE s. f. (ri-zée)
1 Éclat de rire.
- À tous les éclats de risée [du parterre], il haussait les épaules — MOL., Critique, 6
- Ils ne sont pas joyeux.... Vous ne les voyez pas jeter une risée — GRESSET, Sidn. I, 8
Particulièrement. Éclat de rire de plusieurs personnes qui se moquent.
- Elle envoya emprunter un jour toute la parure de Mme de Soubise, ne doutant point d'être comme elle dès qu'elle l'aurait mise ; ce fut une grande risée — SÉV., 367
- Que vous dirai-je ? hélas ! leurs têtes exposées Du vainqueur insolent excitent les risées — VOLT., Orphel. I, 3
2 Il signifie aussi moquerie simplement.
- C'est une grande atteinte aux vices, que de les exposer à la risée de tout le monde — MOL., Tart. préf.
- Confondre avec risée leur égarement et leur folie — PASC., Prov. X
3 autres citations
- Là vous aurez à essuyer la risée et les railleries des libertins — BOSSUET, 1er avert. 21
- Il en revint couvert de honte et de risée — BOILEAU, Sat. I
- Qui, moi ? j'aurais voulu, honteuse et méprisée, D'un peuple qui me hait soutenir la risée ? — RAC., Bérén. IV, 5
3 Objet de la moquerie. encore relevé aujourd’hui
- Genest, dont cette secte [le christianisme] aussi folle que vaine A si longtemps été la risée et la haine — ROTR., St Gen. V, 5
- Ils demeurent la risée des peuples et l'objet de leur aversion — BOSSUET, Hist. II, 10
2 autres citations
- Combien de fois Isaïe a-t-il été la risée du peuple et des rois ! — ID., ib. II, 4
- Il est honteux que les hommes de génie s'exposent par cette petite guerre [satires de Boursault et de Molière] à être la risée des sots — VOLT., Vie de Molière.
4Terme de marine. Augmentation subite et peu durable de la force du vent. encore relevé aujourd’hui
- Sur le midi, le vent a calmé, y ayant quelques risées dépendantes du N. E. jusqu'à l'est — Journal de la route, 1689, dans JAL
Historique
XIIIe s.
- Pierres qui de saint Clost fu nez, S'est tant travailliez et penez Par proiere de ses amis, Que il nos a en rime mis Une risée et un gabet De renart qui tant set d'abet — Ren. 4855
- â iceste parole i ot moult grant risée, Qui puis lor fu à honte et à dolor tournée — Ch. d'Ant. V, 836
XIVe s.
- Ainsi li singes [à la cour du roi Lion] s'appareille A faire choses desgisées, Pour le roy servir de risées — J. DE CONDÉ, t. III, p. 78
XVe s.
- Et faisoit on grant risée, pour ce que c'estoient tous gens de povre estat — FENIN, 1418
- Il luy eschappa ung mot de risée touchant les vins.... — COMM., IV, 10
1 autre citation
- Nous ne voulons autre servant que vous ; les autres s'en voisent [s'en aillent] ; si dirons nos risées plus hardiement — Perceforest, t. I, f° 121
XVIe s.
- [Auguste] se jouant et mettant en risée.... — MONT., II, 188
Étymologie
Ris 1.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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