suprême

nature
adj
diction
[sypʁɛm] · 2 syllabes
usage
37 par million de mots

Sens et définitions

Adjectif 2

  1. Qui est au-dessus de tout ; supérieur.
    • Le fléau suprême, c’est dans le Tarn-et-Garonne comme dans toute la France, la tuberculose. Ludovic Naudeau, La France se regarde : Le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931
  2. Dernier.
    • Condé eut une suprême hésitation, puis, levant la main, il prononça : "Demain, à quatre heures, je serai ici et nous marcherons sur le Louvre." Michel Zévaco, Le Capitan, 1906, Arthème Fayard, collection « Le Livre populaire » nᵒ 31, 1907

Nom 2

2 emplois spécialisés
  1. Cuisine Blanc de poulet tendre découpé en morceaux.
    • Suprême de volaille aux truffes.
  2. Cuisine Quartier d'agrume pelé à vif.

Citation

Amour, par son savoir suprême, Ne l'eut pas fait amant qu'il en fit un héros
Jean de La Fontaine, Filles de Minée.

Origine du mot

Emprunté au latin supremus.

Dans le dictionnaire latin : supremus

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

SUPRÊME adj. (su-prê-m')

1 Qui est au-dessus de tout. encore relevé aujourd’hui

  • J'atteste des grands dieux les suprêmes puissances — CORN., Hor. III, 6
  • Vous-même, Venir me consoler de ce malheur suprême ! — ID., Œdipe, v, 3
4 autres citations
  • Amour, par son savoir suprême, Ne l'eut pas fait amant qu'il en fit un héros — LA FONT., Filles de Minée.
  • Qui est-ce qui s'est acquitté plus dignement de cette suprême magistrature que M. le Tellier ? — FLÉCH., le Tellier.
  • Du reste il [Apollon] l'enrichit [le sonnet] d'une beauté suprême — BOILEAU, Art p.
  • Songez-vous.... Que j'ai sur votre vie un empire suprême ? — RAC., Baj. II, 1

2 Le pouvoir suprême, l'autorité de monarque. encore relevé aujourd’hui

  • Claude vous adopta.... Vous appela Néron, et du pouvoir suprême Voulut avant le temps vous faire part lui-même — RAC., Brit. IV, 2
  • On entend par suprême pouvoir cette autorité raisonnable, fondée sur les lois mêmes et tempérée par elles — VOLT., Lois de Minos, not.

3 L'Être suprême, Dieu. encore relevé aujourd’hui

  • Toute la philosophie de Newton conduit nécessairement à la connaissance d'un être suprême qui a tout créé, tout arrangé librement — VOLT., Phil. Newt. I, 1

Céleste, divin.

  • Suprême majesté [Dieu], qui jettes dans les âmes Avec deux gouttes d'eau de si sensibles flammes — ROTROU, Saint Genest, IV, 7
  • Souvent la sagesse suprême Sait tirer notre bonheur même Du sein de nos calamités — J. B. ROUSS., Od. II, 4
1 autre citation
  • Lâche et faible instrument des vengeances suprêmes — VOLT., Fanat. III, 6

4 Dans le style soutenu et dans la poésie, qui appartient aux derniers moments de la vie. L'instant, le moment suprême. Les volontés suprêmes d'un mourant.

  • Vole, et ne trahis point la volonté suprême D'un soudan qui commande et d'un ami qui t'aime — VOLT., Zaïre, v, 10
  • Est-il quelque mortel, à son heure suprême, Qui n'expire appuyé sur le mortel qu'il aime ? — DELILLE, Imag. VI
1 autre citation
  • Mais puisque de ces bords, comme elle [l'espérance], tu t'envoles, Hélas ! et que voilà tes suprêmes paroles..., Permets-moi de répondre et de t'interroger — LAMART., Mort de Socrate.

Les honneurs suprêmes, les funérailles.

  • Ces montagnes de morts privés d'honneurs suprêmes — CORN., Pomp. I, 1

5 Au suprême degré, loc. adv. Beaucoup, extrêmement. encore relevé aujourd’hui

Au suprême, même sens.

  • La faveur de Mme de Maintenon est toujours au suprême — SÉV., 11 sept. 1680

6 S. f. Nom donné en Espagne, sous Charles II, au conseil de l'Inquisition. Un arrêt de la suprême (cour sous-entendu). non relevé aujourd’hui

7 La suprême, nom d'un fort bonne poire, qui vient à la fin de l'été, et qui se nomme autrement poire de figue.

8 S. m. Terme de cuisine. Les parties les plus délicates de la volaille, accompagnées d'un coulis. Un suprême de volaille.

  • Je ne vous interrogerai pas sur les fricassées, les blancs-mangers, les suprêmes et autres plats vulgaires qui sont l'A B C du métier — SCRIBE et MÉLESVILLE, le Secrétaire et le cuisinier, sc. 10
Remarque

1. Suprême est un superlatif et ne prend aucun degré de comparaison.

  • Cependant on l'a construit quelquefois avec si : Flots d'azur..., D'un charme si suprême Que l'incrédule même S'agenouille à leurs bords ! — V. HUGO, Feuill. d'aut. 37

2. Pautex remarque que dans suprême il n'y a point d's supprimée, et que, prenant dans ses dérivés l'accent aigu (suprématie), il devrait avoir non l'accent circonflexe, mais l'accent grave comme emblème, problème, système, etc.

Historique

XVIe s.

  • Quelque supreme plaisir et excessif contentement — MONT., I, 69
  • Cette vertu supreme, belle, triomphante — ID., I, 176
Étymologie

Lat. supremus, forme superlative de super, sur, au-dessus.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « suprême » du Wiktionnaire.

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