terreur

nature
nom féminin
diction
[tɛʁœʁ] · 2 syllabes
attesté
1375
usage
38 par million de mots

Sens et définitions

Nom 4

  1. Émotion profonde causée dans l’âme par la présence, l’annonce, la peinture d’un grand mal ou d’un grand péril ; épouvante, crainte violente.
    • Elle voulait habituer ses yeux à ces aspects, endurcir son âme contre la terreur. Jules Verne, Le Pays des fourrures, J. Hetzel et Cⁱᵉ, Paris, 1873
  2. Objet de crainte, d’épouvante.
    • Bitche n'est plus qu'une vaste fournaise : le sifflement des obus, les craquements de l'incendie, l'effondrement des maisons, […], toutes les terreurs, tous les fracas emplissent l'air. Général Ambert, Récits militaires : L'invasion (1870), page 431, Bloud & Barral, 1883
  3. Personnage qui provoque la peur.
    • Pourtant ces mômes ne sont pas des terreurs. Il suffit de voir le mal qu'ils se donnent pour en avoir l'air... A quoi reconnaît-on un loulou ? A son allure, à la fois arrogante et fuyante ; à sa gueule plus ou moins cassée, dents de devant ébréchées par les coups ; et à ses tatouages... Guy Gilbert, Un Prêtre chez les loubards, en collaboration avec Michel Clévenot, Paris : chez Stock, 1978
1 emploi spécialisé
  1. Politique Régime politique qui use d’une rigueur impitoyable et inspire une grande crainte.
    • La crainte assez naturelle qu’inspirait le silence s’augmentait de toute la terreur qui faisait alors gémir la France […] Honoré de Balzac, Un épisode sous la Terreur, 1831

Citation

Cet Achille de qui la pique Faisait aux braves d'Ilion La terreur que fait en Afrique Aux troupeaux l'assaut d'un lion
François de Malherbe, III, 1

Origine du mot

Emprunté au latin terror (« terreur, effroi, épouvante »).

Dans le dictionnaire latin : terror

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

TERREUR s. f. (tèr-reur)

1 Crainte violente que l'on ressent.

  • Cet Achille de qui la pique Faisait aux braves d'Ilion La terreur que fait en Afrique Aux troupeaux l'assaut d'un lion — MALH., III, 1
  • Mais bientôt, malgré nous, leurs princes les rallient, Leur courage renaît, et leurs terreurs s'oublient — CORN., Cid, IV, 3
8 autres citations
  • La vouloir mettre [la religion] dans l'esprit et dans le cœur par la force et par les menaces, ce n'est pas y mettre la religion, mais la terreur — PASC., Pens. XXIV, 3, éd. HAVET.
  • La terreur et la désertion se met dans leurs troupes — BOSSUET, Louis de Bourbon.
  • Dans le camp du prince de Condé, on ne connaît point les vaines terreurs qui fatiguent et rebutent plus que les véritables — ID., ib.
  • J'ai conçu pour mon crime une juste terreur — RAC., Phèd. I, 3
  • Il a répandu sur nos armées un esprit de terreur et de vertige — MASS., Carême, Mot. de conv.
  • Vous avez pris de vaines terreurs, lui répondit l'empereur [Alexandre Sévère] — MONTESQ., Esp. XII, 9
  • L'auteur a cru remplir par ce moyen un des deux grands objets que les Grecs regardaient comme le but de la tragédie, la terreur — D'ALEMB., Élog. Crébillon.
  • [Ce Romain qui menaçait de secouer, en déroulant sa toge, les fléaux de la guerre] il était seul, il tenait en ses mains une grande destinée, il portait la terreur — MIRAB., Collection, t. III, p. 320

Terreur panique, voy. PANIQUE.

2 La terreur de quelque chose, la terreur que quelque chose inspire. encore relevé aujourd’hui

  • La terreur de son nom rendra nos villes fortes — MALH., II, 1
  • Et, ce que n'avait pu la terreur du supplice.... — CORN., Hor. v, 3
2 autres citations
  • En faisant dire à notre conscience : j'ai péché, il y répand avec empire la terreur de ses jugements — BOURDAL., 9e dim. après la Pentecôte, Dominic. t. III, p. 154
  • Si vous ne sentez pas assez toute la terreur et l'étendue de cette vérité, souffrez que je vous en développe les conséquences — MASS., Carême, Tiéd. 2

Il remplit tout de la terreur de son nom, se dit d'un conquérant dont le nom répand de la terreur partout.

3Fig. Objet d'épouvante.

  • Rodrigue maintenant est notre unique appui.... Le soutien de Castille et la terreur du Maure — CORN., Cid, IV, 2
  • Vous avez vu M. de Bâville, la terreur du Languedoc — SÉV., 2 oct. 1689
4 autres citations
  • Les Gaulois d'Italie, que leurs guerres continuelles et leurs victoires fréquentes rendaient la terreur des Romains — BOSSUET, Hist. I, 8
  • Le Parthe, des Romains comme moi la terreur — RAC., Mithr. III, 1
  • Son trône [de la Pologne] vacant par la mort d'un roi qui avait été la terreur des infidèles — MASS., Or. fun. Pr. de Conti.
  • Un roi [Frédéric II] qui est la terreur des postillons comme de l'Autriche, et qui fait tout en poste — VOLT., Lett. Thiriot, 8 oct. 1743

Il est la terreur des coupables, se dit d'un juge sévère.

4 La terreur, se dit absolument de l'époque de la Révolution française pendant laquelle le tribunal révolutionnaire et l'échafaud furent en permanence.

  • Les hommes sensés n'imputeront jamais à la philosophie les horreurs commises en son nom sous le régime de la terreur — GRÉGOIRE, Instit. Mém. sc. mor. et pol. IV, p. 70
  • Les effroyables immolations de la terreur et les stériles agitations du directoire — LANFREY, Hist. de Nap. t. III, ch. 4

La terreur blanche, se dit des massacres que firent les royalistes dans le Midi après la chute de Robespierre, et en 1815 sous la Restauration.

Remarque

Terreur, joint aux adjectifs possessifs, se dit de celui qui craint, et non de celui qui est craint : leur terreur signifie la terreur qu'ils ressentent, et non la terreur qu'ils inspirent.

Historique

XIVe s.

  • Que il voulsissent de celles terreurs delivrer la chose publique — BERCHEURE, f° 36
  • Une soubdaine terreur — ID., f° 59, verso.

XVIe s.

  • Il faut que quelques uns soyent chastiez rudement, à fin que cela apporte terreur aux autres — LANOUE, 106
  • S'appelans les bras de la patrie, les gardiens des armes et la terreur des ennemis — ID., 199
1 autre citation
  • Il leur faudroit si peu de bon succès pour mettre en terreur toute la chrestienté, que desja j'apprehende un tel inconvenient — ID., 388
Étymologie

Prov. et esp. terror ; ital. terrore ; du lat. terrorem, terrere, faire trembler, que les étymologistes rattachent au sanscrit tras, trembler.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « terreur » du Wiktionnaire.

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