tiédeur

nature
nom féminin
diction
[tjedœʁ] · 2 syllabes
attesté
1601
usage
10 par million de mots

Sens et définitions

Nom 2

  1. État de ce qui est tiède.
    • Cinq ou six grabats se touchant, dans l'unique pièce où les buées d'une lessive répandaient leur tiédeur acide. Ludovic Naudeau, La France se regarde : Le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931
  2. figuré Manque d’ardeur, de ferveur, de zèle.
    • Servir ses amis avec tiédeur.

Citation

L'air soufflait des soupirs, il apportait des nues Des tiédeurs, des odeurs, des langueurs inconnues
Alphonse de Lamartine, Joc. IV, 125

Origine du mot

Tiède. — Littré, 1873

1873 — le Littré

TIÉDEUR s. f. (tié-deur)

1 Qualité de ce qui est tiède. La tiédeur de l'eau. encore relevé aujourd’hui

Par extension.

  • L'air soufflait des soupirs, il apportait des nues Des tiédeurs, des odeurs, des langueurs inconnues — LAMART., Joc. IV, 125

2Fig. Nonchalance, marque d'activité, d'ardeur, de ferveur.

  • Les passions de la jeunesse ne sont guère plus opposées au sa lut que la tiédeur des vieilles gens — LAROCHEFOUC, Réfl. mor. n° 341
  • Une lâche tiédeur s'empara des courages — BOILEAU, Lutr. VI
4 autres citations
  • L'amitié a ses moments de tiédeur comme la dévotion — Mme DE PUISIEUX, Ridic. à la mode, p. 186, dans POUGENS
  • Le talent singulier qu'elle [Mme de St-Julien] a d'animer la tiédeur des ministres, et de les intéresser à faire du bien — VOLT., Lett. Mme de St-Julien, 21 sept. 1775
  • Vous nous reprochez de la tiédeur ; mais je crois vous l'avoir déjà dit, la crainte des fagots est très rafraîchissante — D'ALEMB., Lett. à Voltaire, 31 juillet 1762
  • Je te vomirai, dit l'Écriture, en parlant à la tiédeur ; j'en dirais autant en parlant à la médiocrité je ne sais comment le mauvais choque moins que le médiocre continu — J. DE MAISTRE, cité par SAINTE-BEUVE, Port-Royal, III, 14

Au plur. Actes de tiédeur.

  • Que d'infidélités dans tout le cours de ma vie que de tiédeurs et de lâchetés ! — BOURDAL., Pensées, t. II, p. 449
  • Objet infortuné de ses tristes tiédeurs, Je dévore en secret mes soupirs et mes pleurs — LAMOTTE, Inès, II, 1
Historique

XIIe s.

  • Li altre l'arguent et reprenent et dient k'il soffrir ne puient la perece [paresse] de sa tevor — ST BERN., 567
Étymologie

Tiède.

Supplément au dictionnaire

TIÉDEUR. - HIST. Ajoutez :

XVIe s.

  • Mais quel pouvoir peut estre tel qu'il rende L'air et la terre en concorde si grande ? Et qu'un soleil donne si grand' tiedeur Sur ces sommetz ouvers à la froideur ? — JACQUES PELETIER DU MANS, la Savoye (1572), Chambéry, 1856, p. 297

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 4 de l’édition papier

Liens de sens

Terme générique

manque

Terme spécifique

moiteur

Prononciation

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « tiédeur » du Wiktionnaire.

Retour au dictionnaire