verve
- nature
- nom féminin
- diction
- [vɛʁv] · 1 syllabe
- attesté
- Au plus tard au XIIIᵉ siècle
- usage
- 3 par million de mots
Sens et définitions
Nom 3
-
vieilli Caprice, bizarrerie, fantaisie.
- Une description pleine de verve.
-
Chaleur d’imagination qui anime l’orateur, le poète, l’artiste dans la composition de leurs ouvrages.
- Or, tandis qu’il bonissait avec cette verve joviale, son œil rusé m’observait. Francis Carco, Images cachées, Éditions Albin Michel, Paris, 1928
-
vieilli Brio d'une personne qui s'exprime à l'oral ou à l'écrit, vivacité d’esprit.
- Assurément sa verve est assez plaisamment colorée; mais ce qu'il grossit de chacun, c'est toujours le défaut le plus vulgaire. André Gide, Journal 1889-1939, Bibliothèque de la Pléiade, Éditions Gallimard, 1951, page 285-286
Citation
Maudit soit le premier dont la verve insensée Dans les bornes d'un vers renferma sa pensée !
Origine du mot
Apparait avec le sens de « mot, proverbe », du latin verba (« mot, tournure, expression ») devenu verva en bas-latin ;
Dans le dictionnaire latin : verba
1873 — le Littré
VERVE s. f. (vèr-v')
1 Caprice, bizarrerie, fantaisie (peu usité en ce sens, qui est le sens ancien). encore relevé aujourd’hui
- Laisser aller la plume où la verve l'emporte — RÉGNIER, Sat. I
- Je ne sais par quelle verve il [le sieur Douet] a depuis peu quitté la France guerrière et autres bonnes et louables occupations, pour ne plus s'amuser qu'à des anagrammes, — G. NAUDÉ, Jugement de tout ce qui a été imprimé contre le card. Mazarin, p. 280, 2e éd.
2 Chaleur d'imagination qui anime le poëte, l'orateur, l'artiste, dans la composition. encore relevé aujourd’hui
- C'est alors que la verve insolemment m'outrage — RÉGNIER, Sat. X
- Maudit soit le premier dont la verve insensée Dans les bornes d'un vers renferma sa pensée ! — BOILEAU, Sat. II
3 autres citations
- Et sitôt qu'une fois la verve me domine, Tout ce qui s'offre à moi passe par l'étamine — ID., ib. VII
- Il a fallu que j'achevasse mal ce soir ce que j'aurais exécuté de verve ce matin, sans la cohue des importuns — DIDER., Salon de 1767, (Œuv. t. XV, p. 83, dans POUGENS
- Vous [un peintre] avez mis dans cette seule toile la verve de Delacroix, l'inspiration poétique de Scheffer et la couleur de Decamps — CH. DE BERNARD, la Chasse aux amants, v.
Il se dit quelquefois d'excitation due à d'autres impulsions que la chaleur de la composition.
- Si presque partout les choix populaires nous ont donné de bons administrateurs, ne l'attribuons qu'à la première et bouillante verve du patriotisme — MIRABEAU, Collection, t. IV, p. 97
Historique
XIIIe s.
- Et dient ce que pis lor semble, Quant il resunt entr'eus ensemble, Comment que chascuns d'eusvous serve, Car bien cognois toute lor verve — la Rose, 9284
- Mes [mais] faus amans content leur verve Si cum il veulent, sans paor, Qu'il sont trop fort losengeor — ib. 2418
XVe s.
- De quoy ? estes vous desvoyé ? Recommencez vous vostre verve ? — Patel
XVIe s.
- J'eusse prins cette forme [épistolaire] de publier mes verves, si j'eusse eu à qui parler — MONT., I, 291
- Il lui a pris une verve — COTGRAVE
Étymologie
Lat. verva, tête de bélier sculpté, de vervex, bélier (Voy. BREBIS) ; mot pris pour caprice, fantaisie, qui est le sens ancien, comme caprice lui-même est pris de capra, chèvre.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (cibles)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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